Briséis et la plainte funèbre de l’épouse dans l’épopée homérique
Datos Bibliográficos
| ID | 19082293 |
|---|---|
| Autores | Marella Nappi (autor de correspondencia) |
| Año | 2012 |
| Volumen | 3 |
| Fecha de publicación | 2012-01-01 |
| Peer Reviewed | Sí |
| Open Access | Sí |
| Tipo | ARTICLE |
| Revista | Cahiers « Mondes anciens (JOURNAL) |
| Identificadores de la revista | ISSN: 2107-0199 • E-ISSN: 2107-0199 |
| Editorial | Anthropology and History of the Ancient Worlds (PUBLISHER • FR) |
| DOI | 10.4000/mondesanciens.729 |
| OpenAlex | W1969189191 |
| Idioma | FR |
| Referencias citadas | 29 |
Au chant XIX de l’Iliade, Briséis, proie de guerre et geras d’Achille, prononce une plainte funèbre, qui est le genre le plus représenté et le plus représentatif de la voix féminine dans le poème. Patrocle a déjà été pleuré à plusieurs reprises au chant XVIII, par les captives troyennes (vers 28-31 et 338-342) et par Achille (vers 79-93, 98-126 et 324-342) ; la plainte de Briséis est toutefois la première véritable lamentation funèbre féminine de l’Iliade prononcée en présence du défunt. Et ce sont ses seuls mots dans tout le poème. Briséis est une captive, tout comme les sept femmes de Lesbos qui font écho à sa douleur (v. 301) et comme les captives d’Achille et de Patrocle au chant XVIII. Mais Briséis se distingue parmi les autres captives du camp achéen, qui sont considérées comme de simples concubines et qui restent des personnages anonymes, silencieux, car elle a droit à la parole. Il faut donc s’interroger sur la voix singulière de ce personnage qui est pour Achille (et pour le poète) une captive au statut spécial. Dans sa lamentation pour Patrocle, Briséis parle en tant que proche et revêt la fonction de femme pleurante normalement attribuée à la mère ou à l’épouse. Sa prise de parole s’explique à la fois du point de vue rituel et narratif, car normalement la plainte funèbre est du ressort des parentes les plus intimes mais, dans le camp grec, il n’y a pas de femme légitime. La tâche de le pleurer est ainsi déléguée à la captive qui a indirectement causé sa mort, et qui maintenant pleure sur sa propre solitude. C’est en effet son destin malheureux de prisonnière de guerre qui est au premier plan dans la lamentation de Briséis. La phraséologie qui décrit ses gestes et ses paroles montre bien que le poète a à l’esprit la plainte d’une épouse. Briséis pleure comme devrait pleurer une épouse. Quand elle voit Patrocle, déchiré par le bronze, Briséis se rappelle en effet son mari, mort de la même façon : sa lamentation, d’une certaine manière, actualise et réalise la lamentation que Briséis a (ou aurait) dû chanter pour la mort de son mari avant de devenir une esclave. Ce n’est donc qu’en relation avec les autres voix endeuillées de l’Iliade qu’il est possible de cerner les aspects les plus significatifs de la mise en scène de la voix de Briséis
Art · Historical and Literary Analyses · Historical and Literary Studies · Renaissance Literature and Culture
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| Velocidad de citación | historical |
|---|---|
| Altamente citado | No |