Bourdieu et l'État néolibéral
Datos Bibliográficos
| ID | 6384243 |
|---|---|
| Autores | Christian Laval (0000-0003-1806-8786, Paris Ouest Nanterre La Défense, autor de correspondencia) |
| Año | 2014 |
| Volumen | 20 |
| Número | 1 |
| Páginas | 37-42 |
| Fecha de publicación | 2014-03-01 |
| Peer Reviewed | Sí |
| Open Access | Sí |
| Tipo | ARTICLE |
| Revista | Swiss Political Science Review (JOURNAL) |
| Identificadores de la revista | ISSN: 1424-7755 • E-ISSN: 1662-6370 |
| Editorial | Wiley (PUBLISHER • GB) |
| DOI | 10.1111/spsr.12090 |
| OpenAlex | W2087169024 |
| Idioma | FR |
| Citas recibidas | 1 |
| Referencias citadas | 1 |
Bourdieu a-t-il réellement pris la mesure de l'État néolibéral, en a-t-il saisi l'originalité historique ? Son décès survenu en 2002 ne lui a évidemment pas permis d'observer les transformations majeures dans les modes et les objectifs de l'action publique qui ont eu lieu depuis une dizaine d'années dans le monde, mais la question telle que nous voulons la poser ne se réduit pas aux observations qu'il a pu faire ou ne pas faire de la mutation de l'État, elle engage sa sociologie elle-même. Pouvait-il penser la transformation néolibérale de l'État dans le cadre d'interprétation qui était le sien ? La réponse à cette question, qui ne peut être simple, se pose avec d'autant plus d'acuité que Bourdieu a été l'un de ceux qui ont dès le début des années 1990 reconnu l'importance sociologique du néolibéralisme et la menace qu'il représentait pour la société. Dans un entretien donné à une revue coréenne en janvier 2000, Bourdieu précisait sa position sur le rôle de l'État face à la mondialisation néolibérale. L'État national, disait-il, doit être défendu par réalisme politique parce qu'il est « une des seules armes que nous ayons pour contrôler toutes sortes de fonctionnement et de processus tout à fait vitaux, et en particulier tous ceux qui touchent à l'intérêt général et aux services publics ». Cette position qui fait de l'État national un rempart a aujourd'hui des échos de plus en plus larges dans la gauche européenne : certaines forces attendent de l'action publique nationale qu'elle protège les industries, les spécificités culturelles et les protections sociales. Mais n'est-ce pas illusoire de faire de l'État national ce barrage au néolibéralisme ? N'est-ce pas méconnaître la mutation profonde de l'État, les modifications profondes de sa forme comme de sa fonction à l'époque néolibérale ? Il y a là un problème qui dépasse la sphère académique, puisqu'elle concerne la stratégie de résistance au néolibéralisme et la réflexion sur les alternatives possibles. Bourdieu ne peut être accusé de « souverainisme ». Sa position est plus subtile ou moins naïve qu'on pourrait le croire à première vue. Il en appelle à l'internationalisme dans l'action et considère l'État mondial comme une utopie encore lointaine. Mais il ne faut pas pour autant négliger, selon lui, la défense de l' État national car « il est le seul instrument que nous ayons pour opérer une redistribution raisonnable des revenus des plus riches aux plus pauvres, pour égaliser les chances d'accès à l'économie, à la culture » (Bourdieu 2000). Dans cet entretien qui a le grand intérêt de ramasser son analyse, les catégories qu'il utilise et les analyses qu'il donne de la sociogenèse de l'État nous renseignent sur la voie par laquelle il en est venu à promouvoir sa « défense ». Si l'État a d'abord été un puissant levier d'intégration d'un territoire et un moyen de domination des agents qui ont réalisé cette intégration, il est de nos jours directement menacé par l'action des multinationales, des banques et des organisations internationales qui unifient le monde pour mieux assurer leur domination universelle. L'universalisation du pouvoir opérée par l'État est passée aux mains des puissances économiques et financières qui construisent le marché mondial. Elles détruisent les frontières et les barrières pour unifier l'espace de circulation des flux financiers et communicationnels en imposant des logiques et en dictant des normes aux politiques nationales. Ce travail d'unification est mis en œuvre par « l'Internationale des financiers », par les économistes, les avocats d'affaires et les fiscalistes privés qui déconstruisent le travail pluriséculaire réalisé par les bâtisseurs des États nationaux. Le schème qui commande entièrement cette analyse sociologique est celui de l'autonomie des champs politique et bureaucratique, qui semble fort proche du concept de souveraineté, du moins dans les propos que nous avons cités. Le néolibéralisme est pour lui synonyme de perte d'autonomie de ces champs, du fait de l'impérialisme du champ économique. On comprend alors comment une telle analyse de l'hétéronomie économique conduit Bourdieu à la conclusion pratique qu'il faut « défendre l'État ». Mais de quel État s'agit-il ? De l'État en général, ou de l'État social, celui des services publics et de la protection sociale ? À lire les textes les plus militants de Bourdieu, il y a peu de doute que pour lui la grande menace néolibérale qui se profile consiste pour l'essentiel dans une pression à la baisse exercée sur les systèmes de protection sociale, le droit du travail et les services publics au nom de la compétitivité. Il n'en demeure pas moins qu'il y a là une incontestable ambiguïté. Elle n'est pas propre à Bourdieu, elle est au contraire très répandue parmi les « anti-libéraux » français depuis la fin des années 1990. Mais chez lui, elle relève d'une logique théorique et d'un postulat sociologique qui fait de la différenciation des champs une sorte de loi historique. Le néolibéralisme lui semble directement menacer ce long travail d'autonomisation de l'État national, et ceci du fait de l'extension prise par le marché mondial. Il convient de rappeler que sa sociologie s'est construite dans le droit fil d'une tradition, qu'il faut sans doute faire commencer à Auguste Comte et qui tient que l'histoire des sociétés occidentales se confond avec le processus de différenciation des sphères d'activité. S'il faut défendre cette autonomie du champ politique, comme celle du champ culturel ou du champ scientifique, c'est sans doute qu'il s'est produit un tournant majeur, que Bourdieu repère comme une menace « civilisationnelle » sans qu'il soit d'ailleurs très explicite sur ce qu'il entend par « civilisation ». Le tournant en question a consisté dans l'intrusion progressive de la logique économique dans des domaines qui s'étaient construits à distance des intérêts privés matériels. Or, jusque dans les années 1980, tout l'effort de Bourdieu avait consisté à rendre toute leur place et toute leur singularité à des réalités sociales qui n'étaient précisément pas réductibles aux intérêts capitalistes stricto sensu. Champ parmi les champs, l'économie avait perdu la place « déterminante » qu'elle avait dans le marxisme. Toute sa théorie de la pluralité des champs et de la spécificité des formes de domination peut même être interprétée comme une contestation sur le plan théorique de l'économisme marxiste. Bourdieu regardait l'État à la fois comme un champ et comme une puissance qui, tout en laissant les autres champs se différencier, exerçait sur eux une sorte de force « éminente » qui permettait une certaine coexistence entre eux. Par rapport à l'économisme marxiste, l'État avait donc beaucoup gagné en « poids » sociologique. En lui accordant une place centrale dans les mécanismes de reproduction sociale, et en articulant cette dernière à l'imposition de l'arbitraire des institutions scolaires et culturelles, Bourdieu avait trouvé là le point archimédien de sa sociologie critique. Sa cible première était la connivence entre le culte de l'Etat et le culte des grandes œuvres de culture, ou pour le dire autrement, le nouage entre la liturgie républicaine de l'Etat culturel et éducateur et la domination de la noblesse d'État issue des grandes écoles. La philosophie en tant qu'elle consacrait l'identité entre l'Etat rationnel et la rationalité de l'esprit venait conforter cette identification entre la noblesse de la pensée et la noblesse du pouvoir par le moyen de l'institution scolaire. Dans la sociologie de Bourdieu, et ce jusqu'aux années 80, la forme principale de la domination n'était pas économique, mais culturelle et politique. Le système d'enseignement, soulignait-il souvent, est l'institution centrale des sociétés modernes parce que le capital culturel joue le rôle le plus important dans l'accès aux positions dominantes, mais aussi dans l'exercice de la violence symbolique. La ligne théorique de Bourdieu, ancré dans son propre habitus, n'était pas alors un anti-capitalisme, au sens marxiste que l'on pourrait donner à cette expression, elle ne faisait pas de l'accumulation du capital la dynamique centrale des sociétés, elle en faisait seulement une dimension propre à un champ particulier. L'exploitation capitaliste était considérée comme l'une des formes de la domination propre au « champ économique », elle n'avait pas de force intégratrice, pas de portée universalisante effective, à la différence de l'État. C'est sans doute la signification que l'on peut accorder à la phrase citée qu'il qualifie de « terrible » que l'on doit à l'écrivain autrichien Thomas Bernhard : « nous sommes tous étatisés » (334). Il s'est beaucoup dit parmi les adversaires de Bourdieu qu'à partir des années 1990, il avait abandonné la rigueur du savant pour se faire militant politique. En réalité, il s'est agi de tout autre chose. Bourdieu a de facto admis que la situation avait changé, que les formes de domination étaient en pleine mutation et qu'une grande partie de ses analyses devait être modifiée du fait même de ce changement. C'est au début des années 1990 qu'apparaît une autre ligne théorique qui fait de la domination économique le principal objet et la principale cible de sa sociologie. Car pendant qu'il continuait à développer le programme de sa sociologie « dévoilante » des univers symboliques et des mécanismes de reproduction sociale, la rationalité économique s'imposait à tous les champs qu'il avait jusque-là supposés en voie d'autonomisation croissante. Loin d'être « refoulée », la logique économique fonctionnait désormais « à ciel ouvert » et devenait le nomos étatique des univers symboliques. C'est cette irruption triomphale de la rationalité économique dans tous les champs qui va imposer une réorientation de la sociologie bourdieusienne. Ce n'est plus l'idéalité philosophique, forme paradigmatique de la raison scolastique, qu'il convient alors de subvertir à l'aide de catégories empruntées à l'économie comme Bourdieu l'avait fait jusqu'alors, c'est l'impérialisme économique qu'il faut combattre au nom des idéaux de l'universalisme scientifique et de l'égalité sociale. Ce n'est plus le modèle théorique du marché qui peut servir à « dévoiler » les fonctionnements sociaux, institutionnels, linguistiques des univers symboliques, lesquels s'étaient construits sur leur opposition à l'économie et sur le déni des intérêts spécifiques qui vont mouvoir les agents qui se trouvent pris « au jeu », c'est plutôt le modèle des services publics et la portée civilisatrice de l'autonomie des univers de production symbolique comme la science, la culture et l'enseignement, qui est le point d'appui de l'analyse et du jugement. Autrement dit, Bourdieu a dû rattraper le retard qu'avait pris sa sociologie critique sur le mouvement de la société. C'est là tout l'enjeu de l'analyse critique du néolibéralisme dans la dernière partie de son œuvre et de son action. Ce pivotement théorique témoigne d'une capacité à prendre en compte la transformation sociale et politique qui s'est opérée avec la mondialisation néolibérale. Pourtant, on ne peut pas dire que ce changement d'axe ait été pleinement compris par les lecteurs ni même explicité par Bourdieu. Cela tient en partie à ce qu'il a réutilisé des schèmes théoriques et des concepts nés à d'autres moments et appliqués à d'autres objets pour penser la transformation néolibérale. D'où ce faux débat entre ceux qui condamnent le dernier Bourdieu pour son opportunisme et ceux qui le défendent en proclamant la parfaite continuité de son parcours. Il n'en reste pas moins que ce pivotement théorique, même s'il n'est pas revendiqué comme tel, est un point de bifurcation essentiel dans la trajectoire de Bourdieu. Il a permis de rendre compte d'un changement dans la structure d'ensemble de la domination sociale. Une telle structure se caractérise par l'articulation d'un certain mode de connaissance, d'un certain capital, d'une certaine institution et d'un certain groupe social. La société française, sur laquelle porte l'essentiel de l'analyse, est passée d'une situation dans laquelle dominaient la philosophie dans le champ de la connaissance, le capital culturel dans l'ordre de la domination sociale, l'école dans la hiérarchie institutionnelle, et la légitimité symbolique des grands serviteurs désintéréssés de l'État, à un autre état de la structure dans lequel la science économique prend la place de la philosophie, le capital économique gagne en importance dans tous les mécanismes de reproduction, les médias tendent à prendre le pas sur l'école dans l'exercice de la « violence symbolique », et la haute fonction publique fusionne avec les dirigeants de la finance et de l'économie. Le cas des grandes écoles est particulièrement significatif à cet égard. Bourdieu a bien repéré dans la Noblesse d'État le changement à l'œuvre dans les rapports de force entre les élites : le modèle d'excellence de l'École normale supérieure est remplacé par celui de l'École nationale d'administration, avant que le modèle des écoles de management ne s'impose sur l'ensemble de l'enseignement supérieur. Peut-on dire que la « défense de l'État » que nous avons évoquée plus haut est directement l'effet de ce virage dans l'analyse ? C'est loin d'être évident pour plusieurs raisons. La première est que l'unité de l'État est une fiction, comme il s'est employé à le montrer dans son cours du Collège de France consacré à l'État ou dans d'autres ouvrages, en particulier dans La Misère du monde. Dans cet ouvrage, particulièrement significatif du tournant dont nous parlons, Bourdieu insère un texte intitulé « La démission de l'État », titre au demeurant trompeur, qui soutient que la nouvelle idéologie néolibérale vise « la démolition de l'idée de service public » (Bourdieu 1993 : 340). Cette attaque contre les services publics et leurs agents au nom de l'efficacité des entreprises privées est menée par la grande noblesse d'État issue de l'ENA et de Sciences Po, écoles de plus en plus converties à la nouvelle idéologie. Cette caste supérieure de l'État mène une guerre ouverte, explique-t-il, contre les « bureaucraties de base » et, ultimement contre la masse des exclus et des pauvres qui dépendent des aides sociales. C'est la fameuse guerre de « la main droite de l'Etat », commandée par cette haute fonction publique, contre « la main gauche » constituée par la basse fonction publique : « petits fonctionnaires, et tout spécialement ceux d'entre eux qui sont chargés de remplir les fonctions dites « sociales », c'est-à-dire de compenser, sans disposer de tous les moyens nécessaires, les effets et les carences les plus intolérables de la logique du marché, policiers et magistrats subalternes, assistantes sociales, éducateurs et même, de plus en plus, instituteurs et professeurs » qui ont « le sentiment d'être abandonnés, sinon désavoués, dans leur effort pour affronter la misère matérielle et morale qui est la seule conséquence certaine de la Realpolitik économique légitimée » (ibid. : 341-342). Bourdieu dès le début des années 1990 comprend fort bien que l'on a affaire non pas à une « destruction de l'État », mais à la mise en place de certaines « formes nouvelles que revêt l'action de l'État ». L'action publique se modèle sur le management entrepreneurial et semble guidée par un puritanisme victorien dirigé contre les pauvres « assistés ». Bourdieu saisit d'autant mieux cette transformation qu'il sait que le champ bureaucratique est un espace traversé de divisions et de luttes qui interdit de parler sociologiquement de l'État comme d'une entité parfaitement unifiée et harmonieuse. C'est bien la raison pour laquelle on ne peut lui supposer une sorte d'extériorité complète au marché. Le néolibéralisme n'est pas seulement une idéologie, c'est une certaine orientation de l'action publique imposée par des élites au nom de la supériorité de l'entreprise privée et du marché. L'État et le marché vont main dans la main, si l'on nous permet de filer la métaphore de Bourdieu. C'est l'État lui-même qui crée les marchés. Loin d'être encerclé et envahi de l'extérieur, l'État est un agent actif de la « mise en marché » de la société et de ses propres domaines d'intervention et d'organisation. Il en a apporté la démonstration empirique dans une enquête qu'il a dirigée sur la construction par les politiques publiques du marché de la maison individuelle. Bourdieu montre que « l'économie de la maison » qui a produit en grande partie la division de l'espace urbain en zones de résidence socialement distinctes et même opposées trouve sa raison d'être dans les politiques du logement mises en place dans les années 70. Ces politiques ont systématiquement choisi « l'aide à la personne » plutôt que « l'aide à la pierre ». Il en tire une conclusion très importante selon laquelle «l'opposition entre le libéralisme et l'étatisme, qui occupe tant les essayistes, ne résiste pas une seconde à l'observation ». Cette confusion n'est possible, ajoute-t-il, que si l'on ne comprend pas ce qu'est la « conversion collective à la vision néo-libérale qui, commencée dans les années 1970, s'est achevée, au milieu des années 1980, avec le ralliement des dirigeants socialistes » (ibid. : 339). On le voit, l'analyse ne conduit pas à une réhabilitation de l'État contre le marché. Bourdieu a donc échappé à cette opposition trop simple entre l'État et le marché, à une époque où cette simplification était très fréquente chez de nombreux « anti-libéraux », qui assimilaient vite le néolibéralisme à l'effacement de l'État. Pourtant on sait également que Bourdieu n'hésitait pas, à la même époque, à parler de la « démission de l'État », expression qui laisse planer une certaine ambiguïté sur son éventuel « démantèlement ». C'est là sans doute le signe d'une difficulté réelle à penser le néolibéralisme avec l'outillage sociologique qu'il avait jusque-là élaboré pour un autre état de la structure sociale et politique. Ce qui, par contraste, permet de souligner la fécondité du concept foucaldien de « gouvernementalité néolibérale », sans doute mieux à même de penser les mutations des modes d'action de l'État. On peut surtout se demander si Bourdieu n'a pas été pris à contre-pied et donc mis en difficulté par l'inversion du mouvement historique qu'accomplit le néolibéralisme. Défendre politiquement l'État, n'est-ce pas essayer de sauver ce qui peut l'être d'une sociologie fondée sur le postulat d'une autonomisation croissante des champs ? N'est-ce pas vouloir confier de façon un peu vaine à un État fictif le soin de protéger la « civilisation » que cette autonomisation aurait permise ? Le tournant de la sociologie de Bourdieu correspond à un effort pour prendre en compte une transformation sociale et politique qui, dans une large mesure, met en question son motif initial : le refus de faire de l'économie capitaliste le principe exclusif de la totalisation sociale. Reste un point commun à Foucault et à Bourdieu qui nous semble essentiel : la domination de la rationalité capitaliste ne s'impose pas par le seul mouvement expansif du capital qui coloniserait par la marchandisation la totalité de l'espace social. Il y faut pour se réaliser un levier politique et bureaucratique. Le néolibéralisme est œuvre de l'État, lequel ne « démissionne » pas, mais se transforme en devenant l'agent le plus efficace de la mutation néolibérale des sociétés. Christian Laval est professeur de sociologie à l’université Paris Ouest Nanterre La Défense
Political science · Sociology · French Urban and Social Studies · Social Sciences and Governance
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