Camille Lacoste-Dujardin
Biographic Data
| ID | 654975 |
|---|---|
| NAME | Camille Lacoste-Dujardin |
| GIVEN NAMES | Camille |
| FAMILY NAME | Lacoste-Dujardin |
| SIGNATURE | LACOSTE-DUJARDIN C |
| VERIFIED | No |
| TOTAL WORKS | 16 |
| TOTAL CITATIONS | 0 |
| AUTHOR COUNT | 16 |
| EDITOR COUNT | 0 |
| FIRST PUBLICATION YEAR | 1989 |
| LATEST PUBLICATION YEAR | 2015 |
| H-INDEX | 0 |
Pêcheur (Kabylie)
En Kabylie, traditionnellement le métier de pêcheur (aḥewwat) était très défavorisé : métier de cueillette et de pauvre, comme le bûcheron ou le mendiant, le pêcheur, avec ou sans bateau (peu usité), est confondu, dans les contes de Kabylie, avec le classique récit du « vieillard au bord de la mer » de l’ensemble du répertoire maghrébin. Sa pauvreté est solitaire : celle d’un malheureux homme privé de l’indispensable famille, protection essentiel…
Pain (Kabylie)
En Kabylie, aɣrum désigne habituellement, tout comme ailleurs, le pain comme la nourriture élémentaire de tous. Cependant, plus souvent fait par les femmes à la maison, il s’agit, en Kabylie, d’une galette faite de pâte non levée, de farines qui peuvent être diverses : blé, orge, légumes secs ou même glands, son ou semoule ; de forme arrondie, elle est mise au feu dans un plat souvent nommé bufraḥ « celui qui donne la joie ». Aɣrum est consommé p…
Père (Kabylie)
A l’exception des Touaregs sahariens, les sociétés berbères du Maghreb sont patrilinéaires : les lignées s’y comptent exclusivement de père en fils, tandis que les filles, dit-on en Kabylie, « vont enrichir la maison des autres »... en hommes : indispensables pourvoyeurs de ressources en même temps que défenseurs tant de la famille que de la société. Aussi, tout homme est-il tenu d’assurer la descendance et la prospérité familiale par des fils, q…
Pèlerinage (Kabylie)
Le plus long, le « grand pèlerinage », celui de La Mecque, est effectué par certains hommes, – ou femmes –, particulièrement pieux – pieuses –, à qui un tel acte vaut le titre de lḥağ –taḥajt – qui lui confère dès lors une considérable respectabilité. Pourtant, l’éloignement consécutif d’un homme prive dangereusement sa famille de présence masculine surtout si nul autre homme ne peut l’y remplacer. Aussi, une si longue absence est-elle souvent re…
Oralité (Kabylie)
L'absence d'criture a, en taqbaylit, stimul une production culturelle riche de multiples formes littraires orales tant en prose qu'en posie
Ogre et ogresse (Kabylie)
Dans les contes oraux berbères, le personnage de l’adulte effrayant peut être tenu par un homme : un ogre, ou par une femme : une ogresse, l’un et l’autre habitants du monde sauvage, à l’appétit dévorant, mais stupides. Voraces, bruyants jusque dans leur sommeil, ogres et ogresses ne maîtrisent pas le feu dont ils ignorent l’usage domestique culinaire, se contentant de manger crues leurs proies vivantes. Qu’ils soient hommes ou femmes, mais tous …
Nourriture (Kabylie)
Camille Lacoste-Dujardin 1 En pays berbre, se nourrir est partout considr comme un acte social, par les repas partags dans la communaut familiale, villageoise ou tribale. Car le partage de nourriture cuisine par les femmes a valeur de civilisation, d'humanit, opposant ainsi les humains la sauvagerie
Mère
ma dyemma temmut, a wer d-yeqqim yism n tmeṭṭut« Si ma mère meurt, qu’il ne reste même plus un nom de femme ! »(Parole d’un Kabyle) Que de force affective dans l’évocation de cette mère unique, universellement partagée à travers le monde entier peuplé d’hommes et de femmes enfantés chacun par l’une d’entre elles ! Certes, les cultures partagent nombre de similitudes à travers le monde, pourtant, la place faite à la mère dans ses relations à ses e…
La vaillance des femmes
Le grand sociologue Pierre Bourdieu a fondé son étude de La Domination masculine (1998) sur l’exemple de la société kabyle, qu’il perçoit comme une « archéologie objective de notre inconscient » où les femmes auraient « incorporé » la « domination masculine » – interprétation rejoignant celles d’autres chercheurs imputant aux femmes un « consentement à la domination ». Étudiant en ethnologue depuis près d’un demi-siècle la culture kabyle, Camille…
Farida Aït Ferroukh, Cheikh Mohand. Le souffle fécond. Volubilis, 2001, 181 p
Les penseurs kabyles commencent, depuis peu, à être connus hors du cercle de leur propre culture grâce aux travaux de chercheurs inspirés par leurs ¤uvres demeurées en grande partie confidentielles. C'est que, savants d'une culture orale, populaire, régionale et souvent hétérodoxe, ils n'ont que trop longtemps souffert de la prédominance des autres cultures : écrites, savantes, centralisées et orthodoxes ; ce fut là une perte considérable pour l'…
Transmission religieuse et migration
Between the religion of the parents and the aspirations of their daughters, many lacunae make transmission difficult. In these areas as with all cultural questions, one observes a distancing on the part of the children. The parents' religion is in fact encumbered with numerous handicaps: their low social level and their origin (most often rural) have endowed them with popular religion, faith, beliefs and practices which the children readily judge…
Femmes kabyles
Les femmes kabyles seraient «plus libres» que les femmes arabes, exerceraient un véritable matriarcat... Qu'en est-il vraiment ? Un examen plus approfondi des traditions kabyles amène à nuancer largement ces affirmations. Mais aussi à constater que, aujourd'hui, jeunes ou plus âgées, en Kabylie ou dans l'immigration, ces femmes partagent, à des degrés divers, une même aspiration : se libérer de la tutelle masculine
Mutter gegen Frauen. Mutterherrschaft im Maghreb. Aus dem Franzosischen von U. Goridis
Lorsque l'art du conte traverse la Méditerranée
Jusqu'à la fin du XIXe siècle, la littérature orale a fait partie du patrimoine culturel du Maghreb. Mais l'éclatement des sociétés maghrébines, le développement des moyens audiovisuels ont affaibli la fonction de la transmission orale. Pourtant, par la vertu de sa valeur structurelle et artistique universelle, le conte maghrébin revit non seulement au Maghreb mais aussi, sous d'autres formes, en France, dans l'immigration. L'histoire des avatars…
Le statut ambigu des vieilles femmes en Kabylie
Si le vieillissement - pour rare qu'il soit en Kabylie - conduit à la marginalisation pour les deux sexes, il ne réserve pas le même sort aux hommes et aux femmes. Devenues infécondes, ces dernières peuvent accéder au rôle positif d'accoucheuse, de guérisseuse : ce sont les «matrones». Mais le plus souvent ces femmes âgées, isolées, qui seraient expertes en magie maléfique, sont redoutées de tous : ce sont les «sorcières
Femmes maghrébines et Islam (Entretien avec J. Costa-Lascoux)
Lacoste-Dujardin Camille. Femmes maghrébines et Islam (Entretien avec J. Costa-Lascoux). In: Revue européenne des migrations internationales, vol. 5, n°3,1989. pp. 139-143
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Femmes maghrébines et Islam (Entretien avec J. Costa-Lascoux)
Lacoste-Dujardin Camille. Femmes maghrébines et Islam (Entretien avec J. Costa-Lascoux). In: Revue européenne des migrations internationales, vol. 5, n°3,1989. pp. 139-143
Le statut ambigu des vieilles femmes en Kabylie
Si le vieillissement - pour rare qu'il soit en Kabylie - conduit à la marginalisation pour les deux sexes, il ne réserve pas le même sort aux hommes et aux femmes. Devenues infécondes, ces dernières peuvent accéder au rôle positif d'accoucheuse, de guérisseuse : ce sont les «matrones». Mais le plus souvent ces femmes âgées, isolées, qui seraient expertes en magie maléfique, sont redoutées de tous : ce sont les «sorcières
Mutter gegen Frauen. Mutterherrschaft im Maghreb. Aus dem Franzosischen von U. Goridis
Lorsque l'art du conte traverse la Méditerranée
Jusqu'à la fin du XIXe siècle, la littérature orale a fait partie du patrimoine culturel du Maghreb. Mais l'éclatement des sociétés maghrébines, le développement des moyens audiovisuels ont affaibli la fonction de la transmission orale. Pourtant, par la vertu de sa valeur structurelle et artistique universelle, le conte maghrébin revit non seulement au Maghreb mais aussi, sous d'autres formes, en France, dans l'immigration. L'histoire des avatars…
Transmission religieuse et migration
Between the religion of the parents and the aspirations of their daughters, many lacunae make transmission difficult. In these areas as with all cultural questions, one observes a distancing on the part of the children. The parents' religion is in fact encumbered with numerous handicaps: their low social level and their origin (most often rural) have endowed them with popular religion, faith, beliefs and practices which the children readily judge…
Femmes kabyles
Les femmes kabyles seraient «plus libres» que les femmes arabes, exerceraient un véritable matriarcat... Qu'en est-il vraiment ? Un examen plus approfondi des traditions kabyles amène à nuancer largement ces affirmations. Mais aussi à constater que, aujourd'hui, jeunes ou plus âgées, en Kabylie ou dans l'immigration, ces femmes partagent, à des degrés divers, une même aspiration : se libérer de la tutelle masculine
Farida Aït Ferroukh, Cheikh Mohand. Le souffle fécond. Volubilis, 2001, 181 p
Les penseurs kabyles commencent, depuis peu, à être connus hors du cercle de leur propre culture grâce aux travaux de chercheurs inspirés par leurs ¤uvres demeurées en grande partie confidentielles. C'est que, savants d'une culture orale, populaire, régionale et souvent hétérodoxe, ils n'ont que trop longtemps souffert de la prédominance des autres cultures : écrites, savantes, centralisées et orthodoxes ; ce fut là une perte considérable pour l'…
La vaillance des femmes
Le grand sociologue Pierre Bourdieu a fondé son étude de La Domination masculine (1998) sur l’exemple de la société kabyle, qu’il perçoit comme une « archéologie objective de notre inconscient » où les femmes auraient « incorporé » la « domination masculine » – interprétation rejoignant celles d’autres chercheurs imputant aux femmes un « consentement à la domination ». Étudiant en ethnologue depuis près d’un demi-siècle la culture kabyle, Camille…
Mère
ma dyemma temmut, a wer d-yeqqim yism n tmeṭṭut« Si ma mère meurt, qu’il ne reste même plus un nom de femme ! »(Parole d’un Kabyle) Que de force affective dans l’évocation de cette mère unique, universellement partagée à travers le monde entier peuplé d’hommes et de femmes enfantés chacun par l’une d’entre elles ! Certes, les cultures partagent nombre de similitudes à travers le monde, pourtant, la place faite à la mère dans ses relations à ses e…
Nourriture (Kabylie)
Camille Lacoste-Dujardin 1 En pays berbre, se nourrir est partout considr comme un acte social, par les repas partags dans la communaut familiale, villageoise ou tribale. Car le partage de nourriture cuisine par les femmes a valeur de civilisation, d'humanit, opposant ainsi les humains la sauvagerie
Oralité (Kabylie)
L'absence d'criture a, en taqbaylit, stimul une production culturelle riche de multiples formes littraires orales tant en prose qu'en posie
Ogre et ogresse (Kabylie)
Dans les contes oraux berbères, le personnage de l’adulte effrayant peut être tenu par un homme : un ogre, ou par une femme : une ogresse, l’un et l’autre habitants du monde sauvage, à l’appétit dévorant, mais stupides. Voraces, bruyants jusque dans leur sommeil, ogres et ogresses ne maîtrisent pas le feu dont ils ignorent l’usage domestique culinaire, se contentant de manger crues leurs proies vivantes. Qu’ils soient hommes ou femmes, mais tous …
Pêcheur (Kabylie)
En Kabylie, traditionnellement le métier de pêcheur (aḥewwat) était très défavorisé : métier de cueillette et de pauvre, comme le bûcheron ou le mendiant, le pêcheur, avec ou sans bateau (peu usité), est confondu, dans les contes de Kabylie, avec le classique récit du « vieillard au bord de la mer » de l’ensemble du répertoire maghrébin. Sa pauvreté est solitaire : celle d’un malheureux homme privé de l’indispensable famille, protection essentiel…
Pain (Kabylie)
En Kabylie, aɣrum désigne habituellement, tout comme ailleurs, le pain comme la nourriture élémentaire de tous. Cependant, plus souvent fait par les femmes à la maison, il s’agit, en Kabylie, d’une galette faite de pâte non levée, de farines qui peuvent être diverses : blé, orge, légumes secs ou même glands, son ou semoule ; de forme arrondie, elle est mise au feu dans un plat souvent nommé bufraḥ « celui qui donne la joie ». Aɣrum est consommé p…
Père (Kabylie)
A l’exception des Touaregs sahariens, les sociétés berbères du Maghreb sont patrilinéaires : les lignées s’y comptent exclusivement de père en fils, tandis que les filles, dit-on en Kabylie, « vont enrichir la maison des autres »... en hommes : indispensables pourvoyeurs de ressources en même temps que défenseurs tant de la famille que de la société. Aussi, tout homme est-il tenu d’assurer la descendance et la prospérité familiale par des fils, q…
Pèlerinage (Kabylie)
Le plus long, le « grand pèlerinage », celui de La Mecque, est effectué par certains hommes, – ou femmes –, particulièrement pieux – pieuses –, à qui un tel acte vaut le titre de lḥağ –taḥajt – qui lui confère dès lors une considérable respectabilité. Pourtant, l’éloignement consécutif d’un homme prive dangereusement sa famille de présence masculine surtout si nul autre homme ne peut l’y remplacer. Aussi, une si longue absence est-elle souvent re…
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