Le paysage de la fin du Néolithique et du Chalcolithique dans le territoire de Sorgono (province de Nuoro, Sardaigne centrale)
Bibliographic Data
| ID | 11408698 |
|---|---|
| Authors | Florian Soula (corresponding author) |
| Year | 2014 |
| Volume | 111 |
| Issue | 2 |
| Pages | 307-323 |
| Publication date | 2014-01-01 |
| Open Access | No |
| Type | ARTICLE |
| Venue | Bulletin de la Société préhistorique française (JOURNAL) |
| Journal identifiers | ISSN: 0249-7638 • E-ISSN: 1760-7361 |
| Publisher | PERSEE Program (PUBLISHER) |
| DOI | 10.3406/bspf.2014.14400 |
| OpenAlex | W2274506874 |
| Language | FR |
Le territoire de Sorgono (province de Nuoro, Sardaigne centrale) est principalement connu, pour la Préhistoire, grâce au caractère exceptionnel du site à pierres dressées de Biru ‘e Concas ou Coa ‘e Sa Mandara. Les autres vestiges archéologiques de la commune sont restés presque totalement méconnus. Les prospections pédestres effectuées ces dernières années offrent aujourd’hui la possibilité de dresser une description plus exhaustive de l’occupation préhistorique de ce territoire. Il est proposé, dans le cadre de cet article, une caractérisation environnementale du territoire associée à une synthèse des données archéologiques nouvellement acquises, plus particulièrement pour le IVe millénaire et la première moitié du IIIe millénaire avant notre ère. Ces données permettent de procéder à une première analyse contextuelle de l’occupation préhistorique du territoire centrée sur les sites à pierres dressées et fondée sur les principes de la méthode «systémico-analytique » (Soula, 2008, 2012c et à paraître c). Bien que les connaissances acquises soient encore limitées par des problèmes liés à la datation des sites, il a été possible de préciser un certain nombre d’informations et de proposer des attributions plus ou moins hypothétiques basées sur des arguments de cohérence. Les carences chronologiques les plus évidentes sont relatives aux sites à pierres dressées pour lesquels il est possible de proposer une attribution à l’Ozieri seulement sur la base de leurs contextes archéologiques les plus proches. Bien qu’il s’agisse de suppositions que seule une fouille pourrait infirmer ou confirmer, cette démarche démontre fréquemment que le modèle insulaire sarde permet de formuler de telles hypothèses. Ce territoire du centre de l’île est vraisemblablement occupé à partir du IVe millénaire, avec la culture d’Ozieri (4200/ 4000 à 3500 av. J.-C.). Les données manquent pour documenter une éventuelle continuité de cette occupation durant le premier Chalcolithique, avec le Sub-Ozieri (3600 à 2900 av. J.-C.). Cette carence est potentiellement tributaire de la trop récente distinction du Sub-Ozieri par rapport à l’Ozieri (Santoni, 1991 ; Melis, 2000, 2009 et 2011) et à la rareté des recherches dans ce territoire. Nonobstant ce possible hiatus des connaissances, la continuité est discernable avec l’occupation chalcolithique Filigosa (3000 à 2500 av. J.-C.) identifiée sur de rares gisements et associée à des statues-menhirs. L’Abealzu (2700 à 2400 av. J.-C.) n’est quant à lui pas connu à ce jour sur ce territoire. Une autre culture chalcolithique, contemporaine du Filigosa et de l’Abealzu est identifiée grâce à de rares indices à Sorgono : les rapports entre le Monte Claro (3000/ 2900 à 2300 av. J.-C.), faciès culturel exogène, et le Filigosa, faciès culturel autochtone, restent à définir à Sorgono. Il s’agit d’une question d’importance majeure à l’échelle de l’île car ces deux cultures semblent à la fois cohabiter et s’exclure mutuellement dans certaines régions de la Sardaigne (Soula 2012c et à paraître b). C’est tout particulièrement à Sorgono que résident des clés de compréhension quant à cette bipartition culturelle de l’île durant le IIIe millénaire avant notre ère. L’analyse proposée s’organise en deux phases principales. Dans un premier temps, le territoire analysé est présenté d’un point de vue géographique et géologique. Dans, un second temps, la synthèse de la carte de répartition des sites est proposée pour les IVe et IIIe millénaires avant notre ère afin de procéder à des analyses géostatistiques principalement basées sur les sites à pierres dressées. Au sein de la limite territoriale identifiée pour le système de Sorgono, l’on distingue la présence de sous-systèmes complets d’occupation, c’est-à-dire constitués des trois aspects principaux d’une communauté humaine préhistorique sarde (habitat, sépultures et pierres dressées). La présence de sous-systèmes bipartites et d’autres sous-systèmes composés d’un seul de ces aspects peut être interprétée de deux manières : soit il nous manque un certain nombre de données sur ce territoire, soit il s’agit de sous-systèmes plus secondaires ou relevant de fonctions particulières. Cette analyse structurelle et fonctionnelle du système de Sorgono montre que les modalités d’occupation du territoire obéissent principalement aux contraintes liées à la topographique et aux différents écosystèmes. Les espaces préférentiellement colonisées par les groupes Ozieri à Sorgono sont les plus «hospitaliers » et les plus ouverts, disposant de ressources naturelles variées. Cela pourrait signifier que les espaces les moins «hospitaliers » , occupés de manière plus distendue, sont en relation avec le contrôle du territoire ou encore avec la pratique d’activités particulières. Il est également envisageable que ces sous-systèmes «secondaires » constituent une extension du centre névralgique de l’occupation à un moment de forte pression territoriale. La présence de plus rares tombes hypogéiques dans ces sous-systèmes, fréquemment non achevées, tend à confirmer leur développement plus récent par rapport au centre du système territorial de Sorgono
Art · Geography · Humanities · Geological and Geophysical Studies Worldwide · Maritime and Coastal Archaeology
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