Les débuts du protectorat et la révolte servile de 1891 dans l'île d'Anjouan
Bibliographic Data
| ID | 11772271 |
|---|---|
| Authors | Jean Martin (0000-0003-2250-2055, corresponding author) |
| Year | 1973 |
| Volume | 60 |
| Issue | 218 |
| Pages | 45-85 |
| Publication date | 1973-01-01 |
| Open Access | No |
| Type | ARTICLE |
| Venue | Revue française d histoire d outre-mer (JOURNAL) |
| Journal identifiers | ISSN: 0300-9513 • E-ISSN: 2419-4522 |
| Publisher | PERSEE Program (PUBLISHER) |
| DOI | 10.3406/outre.1973.1655 |
| OpenAlex | W1986142985 |
| Language | FR |
| Citations received | 3 |
A la fin du mois de janvier 1891 un soulèvement d'esclaves et de paysans pauvres éclate dans l'île d'Anjouan. Les causes de ce mouvement social paraissent multiples et complexes. L'apparition dans l'île, vers le milieu du XIXe siècle d'une économie de plantation de type colonial a entraîné une détérioration du niveau de vie des paysans et a surtout apporté des au statut économique des esclaves : ceux-ci sont loués par leurs propriétaires indigènes à des planteurs européens dont ils constituent la main d'oeuvre. Leur rétribution est infime et les meilleures terres se trouvent accaparées par les planteurs. En 1882 la Grande-Bretagne obtient du sultan Abdallah d'Anjouan l'engagement de procéder à la mise en liberté de ses esclaves dans un délai de sept ans. Cet engagement ne sera pas respecté car en 1886 l'île est placée sous le protectorat français en même temps que ses deux voisines, Mohéli et la Grande-Comore. La domination française gèle l'évolution sociale en cours et conforte la situation des planteurs dont l'un des principaux se trouve être le sultan lui-même. Le date prévue pour l'affranchissement effectif des esclaves se trouve repoussée d'une décennie. Le régime du protectorat fonctionne très mal tant à cause du malaise qui règne dans la population que de la mauvaise volonté du sultan et de ses conseillers, dont toutes les sympathies vont à l'Angleterre. La personnalité pour le moins douteuse des premiers résidents de France n'améliore pas la situation. Des troubles éclatent à plusieurs reprises et finalement le résident Ormières doit se réfugier à Mayotte à la fin de 1890. Le décès du sultan Abdallah, survenant à peu de temps de là, précipite l'île dans une crise ouverte. Le prince héritier Salim, fils du défunt, est rapidement contraint de se démettre en faveur d'un de ses oncles, Saïd Athman, très populaire dans les couches les plus humbles de la population. Saïd Athman se fait reconnaître comme sultan d'Anjouan et proclame l'affranchissement immédiat et inconditionnel des esclaves. Mais en fait les bandes d'esclaves affranchis qui parcourent l'île vont être les véritables maîtresses du pays. De leur côté les Français organisent la reconquête de l'île. Les principales bourgades côtières tombent entre leurs mains et les autorités coloniales de Mayotte installent à Mutsamudu un nouveau sultan en la personne du vieux prince Saïd Omar tout dévoué à leurs intérêts. Réduit aux dimensions d'un chef de partisans, Saïd Athman va poursuivre la résistance dans les régions escarpées de l'intérieur de l'île. En juin il abandonnera la lutte et sera déporté à Obock ainsi que ses principaux compagnons. L'insurrection anjouanaise de 1891 a donc été en apparence écrasée ainsi que l'on été les mouvements analogue survenus dans les îles voisines. Mais l'affranchissement immédiat et définitif des esclaves est entériné par les autorités françaises, ce qui constitue déjà un résultat tangible
Art · Humanities · Political science · African history and culture studies · African Studies and Ethnography · Global Maritime and Colonial Histories
| Citations per year | 0.09 |
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| Citation span | 1992 - 2024 (33) |
| Highly cited | No |