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L’écriture de la vertu

Homologies entre l’acte aristotélicien et la théorisation du sujet lacanien1

Bibliographic Data

ID15044868
AuthorsRoland Sublon (Université Marc-Bloch, StrasbourgFaculté de théologie catholique, corresponding author)
Year2004
Volume10
Issue2
Pages95-140
Publication date2004-08-25
Open AccessYes
TypeARTICLE
VenueThéologiques (JOURNAL)
Journal identifiersISSN: 1188-7109 • E-ISSN: 1492-1413
PublisherConsortium Erudit (PUBLISHER • CA)
DOI10.7202/008885ar
OpenAlexW2056160019
LanguageFR
References cited1

L’a. relit la manière dont Aristote écrit l’éthique, fondement de son projet politique, afin de pointer les ressemblances existant entre la démarche aristotélicienne et la théorisation du sujet par la psychanalyse (lacanienne), et de montrer que l’éthique d’Aristote, loin d’être fermée, principielle et nécessariste, est ouverte à l’incertitude, et donc, très actuelle, puisqu’elle a une structure de topologie moebienne, voire borroméenne. Il existe une assonance entre la manière dont Aristote écrit la vertu, la prudence, la tempérance, le plaisir et l’amitié, et la théorisation de Lacan. Dans un premier temps, l’a. examine la construction de la prudence chez Aristote. Métaphysique θ, 6 fournit une clé de lecture (généralement négligée) de l’Éthique à Nicomaque , grâce aux catégories de puissance et acte, qui permettent de penser la dimension pulsionnelle, insaisissable, de l’agent vivant, irréductible à toute chosification, et par ailleurs doué de parole. Or, puisque les catégories utilisées par Aristote sont déterminées linguistiquement (penser et parler sont indissociables), un rapprochement s’opère avec un opérateur logique de la psychanalyse : la Lettre. Celle-ci rend compte de la structure involutive propre à l’activité du sujet parlant, dans l’articulation de l’identique et du différent. L’éthique n’est-elle pas l’impossible mais nécessaire réconciliation des contraires ? Donc, la puissance de l’éthique s’actualise par la parole, mais la vertu (l’excellence) est indissociable de la prudence. Dans un deuxième temps, l’a. examine la construction de l’amitié chez Aristote. L’agent est-il déterminé dans ces choix par un principe idéal aux effets nécessaristes ? Prenant le contrepoids de l’interprétation commune, menant plus loin son analyse de la prudence et s’appuyant encore une fois sur des parallèles lacaniens, l’a. écarte résolument cette possibilité. L’expérience exige de ne pas séparer πάθος et λόγος ni d’en privilégier l’un au détriment de l’autre. La topologie moebienne de Lacan permet ainsi de penser à nouveau frais, avec Aristote, l’amitié

Humanities · Classical Philosophy and Thought · Historical and Scientific Studies · Linguistics and Discourse Analysis · Philosophy

  • Aristote et La question du monde

    Sarah Broadie, Inc Mathesis Publications•Ancient Philosophy•1993

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