Pour une histoire instrumentale des savoirs ottomans
À quoi servaient les « livres tenus en haute estime » et autres précieux manuscrits conservés dans une bibliothèque de madrasa anatolienne (Burdur, seconde moitié du XVIIIe siècle)
Bibliographic Data
| ID | 16645351 |
|---|---|
| Authors | Olivier Bouquet (0000-0002-4463-7359, Université de Paris, CESSMA Paris France, corresponding author) |
| Year | 2020 |
| Volume | 67 |
| Issue | 5-6 |
| Pages | 502-592 |
| Publication date | 2020-12-23 |
| Peer Reviewed | Yes |
| Open Access | No |
| Type | ARTICLE |
| Venue | Arabica (JOURNAL) |
| Journal identifiers | ISSN: 0570-5398 • E-ISSN: 1570-0585 |
| Publisher | Walter de Gruyter GmbH (PUBLISHER • DE) |
| DOI | 10.1163/15700585-12341575 |
| OpenAlex | W3113507696 |
| Language | FR |
| References cited | 3 |
Cet article décrit et analyse le contenu d’une bibliothèque de 106 ouvrages placés en waqf par H̱alīl Ḥamīd Pacha (1736-1785) dans une madrasa de Burdur, cité d’Anatolie méridionale dont ce haut dignitaire ottoman était originaire. L’étude aborde l’historicité des sciences islamiques en aval de la période médiévale, le rapport entretenu par le public des lecteurs avec des ouvrages de référence, mais aussi le devenir de productions scientifiques et littéraires dans des espaces de la « logosphère arabe » jadis tenus pour périphériques et désormais étudiés au prisme de dynamiques intellectuelles diversifiées. Elle examine le « modèle ottoman » des madrasas non plus sous l’angle des institutions ou des carrières comme c’est souvent le cas, mais sous celui, moins exploré par les spécialistes, des conditions pratiques de la transmission des savoirs. On sait certes qu’à la fin de l’époque moderne des champs de connaissance étaient fragilisés, alors que d’autres étaient plus activement arpentés. Mais on ignore encore largement comment, in situ , les étudiants des madrasas lisaient les textes et comment les enseignants annotaient et commentaient les manuels. L’article aborde ces questions en examinant l’hypothèse selon laquelle le choix des ouvrages mis en waqf à Burdur ne correspondait pas seulement à l’importance que ceux-ci occupaient dans les hiérarchies des sciences islamiques ou au prestige des auteurs qui les avaient écrits, mais répondait directement à l’utilité qu’ils avaient aux yeux d’étudiants ottomans qui espéraient accéder aux carrières de nāʾib , enseignant ou mufti et des lettrés qui les formaient dans ce sens. Pour mesurer la validité de cette hypothèse, l’étude identifie précisément la place des commentaires dans le corpus et s’interroge sur la capacité du public à faire usage des manuscrits et donc à lire de l’arabe
Art · Humanities · African history and culture analysis · Historical and Linguistic Studies · Islamic Studies and History
| Citation velocity | historical |
|---|---|
| Highly cited | No |