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Les « bombes intérieures » de Moumen Smihi

Enquête dans les matrices multiculturelles, transartistiques et transnationales d’un cinéaste marocain

Bibliographic Data

ID16874587
AuthorsMarie Pierre-Bouthier (0000-0003-3997-5182, Périnatalité & Risques Toxiques, corresponding author), Gabrielle Chomentowski (0000-0003-4607-3101, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
Year2025
Volume33
Publication date2025-01-01
Open AccessYes
TypeARTICLE
VenueL Année du Maghreb (JOURNAL)
Journal identifiersISSN: 1952-8108 • E-ISSN: 2109-9405
PublisherOpenEdition (PUBLISHER)
DOI10.4000/145ik
OpenAlexW4411405639
LanguageFR
References cited5

En 1956, le Maroc accède à l’indépendance. Parmi les défis économiques, politiques, géopolitiques ou administratifs auquel le pays nouvellement indépendant est confronté, il y a l’enjeu de la reprise du contrôle sur son image, sa représentation et le récit de son histoire, et sur les institutions productrices de cette image. C’est tout d’abord avec cet objectif que le Maroc obtient de la Coopération culturelle et technique française des bourses pour l’Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC) de Paris, afin de former des techniciens marocains à placer au sein du Centre cinématographique Marocain (CCM), créé en 1944 par le Protectorat français et pérennisé par l’administration indépendante. C’est le cas de Moumen Smihi, né en 1945, parti à Paris en 1965. Quand Marie Pierre-Bouthier et Gabrielle Chomentowski rencontrent Moumen Smihi en 2021, elles mènent une enquête sur les années étudiantes des pionniers du cinéma marocain, avec cette intuition, venue des « transferts culturels », que ce qu’on appelle « cinéma national », « cinéma marocain », « cinéma décolonisé », ou « cinéma personnel », est fait de toutes les rencontres, de tous horizons, qui ont pu habiter les intériorités et les imaginaires des cinéastes qui les produisent. L’entretien-fleuve dont L’Année du Maghreb publie de larges extraits a été principalement mené au printemps-été 2021, puis enrichi d’échanges informels. Il valide et atomise ces hypothèses de départ, en les enrichissant considérablement, et les questionnant. Il commence et se termine avec l’enfance tangéroise : le cinéma Vox, la découverte du cinéma égyptien et indien, puis le ciné-club de la colonie et la découverte de Mizoguchi, la Légation américaine, l’école coranique et l’école des Français, la découverte de la littérature de la Nahda et en particulier de Taha Hussein et le désir de France, le théâtre amateur sur les planches du Teatro Cervantes, la librairie des Colonnes et la découverte de la Beat Generation américaine.Après une année 1965 politiquement houleuse passée en propédeutique à Rabat, l’entretien continue avec les « bombes intérieures » parisiennes de Moumen Smihi : moins l’IDHEC que l’EPHE ; ses maîtres Georges Sadoul, Henri Langlois et Roland Barthes ; les cinémas du Quartier latin, le théâtre de Chaillot, la Cinémathèque française, le free jazz ; la révolutionnaire Maison du Maroc, le luxe de la bourse de la Coopération et la misère ensuite ; la découverte aussi de la condition immigrée aux bidonvilles de Gennevilliers ; l’émergence enfin du Paris des cinéastes arabes dans les années 1970.Années de bouillonnement créatif, puisque toutes ces découvertes entraînent l’écriture de plusieurs scénarios, sans parler de ceux qui ne furent que rêvés : La Fièvre, film de fin d’études, trop audacieux pour l’IDHEC ; Si Moh Pas de chance, imaginé dès 1965, écrit en 1967, et finalement tourné en 1970 ; « Ensoleillée », projet resté inédit ; « La Vierge » qui deviendra El Chergui en 1975, etc. Cet entretien est donc révélateur de toute la richesse et la pluralité des sources intellectuelles, cinématographiques, historiques et culturelles de ce premier cinéma marocain de l’avant-garde des années 1970

Art · Humanities · Political science · African history and culture studies · Multiculturalism, Politics, Migration, Gender · Political and Social Issues

  • Caméra au poing et valise à la main

    Gabrielle Chomentowski•Cahiers du monde russe•2022

  • Décolonisations et cinéma

    Open Access•Gabrielle Chomentowski•Diasporas•2021

  • Filmmakers from Africa and the Middle East at VGIK during the Cold War

    Gabrielle Chomentowski•Studies in Russian and Soviet…•2019

  • La notion de transfert culturel

    Open Access•Michel Espagne•Revue Sciences/Lettres•2012

Highly citedNo

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