Reconstruire après le séisme du Haut Atlas
Entre inégalités dominantes et solidarités locales
Bibliographic Data
| ID | 16874928 |
|---|---|
| Authors | Soumia Oubah (University of Hassan II Casablanca, corresponding author), Zakaria Kadiri (0000-0003-1156-7451, University of Hassan II Casablanca), Leila Bouasria (University of Hassan II Casablanca) |
| Year | 2025 |
| Volume | 34 |
| Publication date | 2025-01-01 |
| Open Access | Yes |
| Type | ARTICLE |
| Venue | L Année du Maghreb (JOURNAL) |
| Journal identifiers | ISSN: 1952-8108 • E-ISSN: 2109-9405 |
| Publisher | OpenEdition (PUBLISHER) |
| DOI | 10.4000/15hgi |
| OpenAlex | W7122540791 |
| Language | FR |
Cet article part de l’hypothèse que la gestion post-séisme de 2023 est influencée par des dynamiques politiques locales préexistantes, exacerbant les inégalités socio-économiques et conditionnant l’accès aux ressources. La thèse défendue est que les catastrophes renforcent les rapports de pouvoir et les structures de domination, transformant la reconstruction en un champ de lutte pour la légitimité et l’équité.L’analyse des résultats empiriques montre que la distribution des aides d’urgence et de reconstruction est marquée par des inégalités. Malgré un cadre institutionnel structuré, l’accès aux ressources dépend largement de la présence d’intermédiaires locaux. Ces intermédiaires, à la croisée du légal et du traditionnel, arbitrent l’attribution des aides, reproduisant les disparités socio-économiques. Des cas comme celui du douar Oudakar, privé d’aides après la mort de son moqaddem, ou du douar Talilit, favorisant un groupe majoritaire, illustrent cette bureaucratie sélective. Les critères techniques de diagnostic, superposés à des logiques clientélistes, alimentent un sentiment d’arbitraire chez les sinistrés, renforçant leur précarité.Face à ces dysfonctionnements, les communautés développent des stratégies de contournement. À Anmanar, la création d’une association permet une gestion collective des aides, combinant solidarité genrée et légitimité légale pour négocier avec les institutions étatiques. À Tafgaghet, le refus de démolir les maisons fissurées traduit une méfiance envers les institutions, tandis qu’à Talilit, le rejet de contrats jugés injustes incarne une résistance aux normes imposées. Ces tactiques, qualifiées d’« armes des faibles » (Scott, 2025), révèlent une conscience des rapports de domination, mais restent précaires face à un système où l’État conserve le monopole des ressources
Distribution (mathematics · ESPACE · Repartition · Western europe · African Studies and Geopolitics · Multiculturalism, Politics, Migration, Gender · Political and Social Issues
| Highly cited | No |
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