L’ermite et le virtuose
Glenn Gould et Georges Cziffra en figures de l’ascèse pianistique
Bibliographic Data
| ID | 17820787 |
|---|---|
| Authors | Denis Laborde (0000-0001-7252-4493, Weatherford College, corresponding author) |
| Year | 2011 |
| Volume | 35 |
| Publication date | 2011-01-01 |
| Peer Reviewed | Yes |
| Open Access | Yes |
| Type | ARTICLE |
| Venue | Ateliers d anthropologie (JOURNAL) |
| Journal identifiers | ISSN: 2117-3869 • E-ISSN: 1954-3646 |
| Publisher | OpenEdition (PUBLISHER) |
| DOI | 10.4000/ateliers.8841 |
| OpenAlex | W1511404800 |
| Language | EN |
| References cited | 10 |
Cette contribution est consacrée à deux pianistes virtuoses de la seconde moitié du XXe siècle : Glenn Gould (1932-1982) et Georges Cziffra (1921-1994). Glenn Gould vécut en ascète dans l’Ontario, renonçant au concert, qu’il assimilait à la corrida, pour se consacrer à l’enregistrement. Georges Cziffra se retira à Senlis, près de cette chapelle Saint-Frambourg dont il fit le siège de sa fondation après avoir bâti le célèbre festival de La Chaise-Dieu et avoir consacré une vie de virtuose à ces salles de concert et ces plateaux de télévision qui l’accueillirent dans le monde entier. Ces deux artistes incarnèrent deux figures antagoniques du pianiste : l’un, pour qui la pratique musicienne n’était « ni une démonstration de la virtus (virtuosité) du soliste, ni la complaisante exhibition d’une pratique de soi » (Schneider, 1988 : 40), incarna la figure érémitique de l’artiste en prise sur « la musique » ; l’autre, « le type qui peut jouer du piano plus vite que tous les autres » (Böhm, 1995 : 88), incarna la figure mondaine du virtuose. Aucun ne fit l’unanimité, aucun ne laissa indifférent. Ainsi se construisirent, aux deux extrêmes d’une rhétorique de la virtuosité, deux figures antagoniques de l’ascèse pianistique : Gould, absorbé par la technologie ; Cziffra, par la technique
| Citation velocity | historical |
|---|---|
| Highly cited | No |