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L’Europe 1800-2050

Perspectives historiques et démographiques

Bibliographic Data

ID19002655
AuthorsJean-Claude Casanova (corresponding author), Béatrice Dedinger (0000-0002-1963-4631, Institut d'Etudes Politiques de Paris)
Year2015
Volume150
Issue2
Pages295-298
Publication date2015-05-27
Peer ReviewedYes
Open AccessNo
TypeARTICLE
VenueCommentaire (JOURNAL)
Journal identifiersISSN: 0180-8214 • E-ISSN: 2272-8988
PublisherCommentaire SA (PUBLISHER)
DOI10.3917/comm.150.0295
OpenAlexW4255781208
LanguageEN

Ce ne sont que des chiffres. Comme la fois précédente (voir Commentaire, n° 115, automne 2006), Béatrice Dedinger a bien voulu m’aider à les regrouper. Ils concernent la démographie et la démographie commande, pour une part, le destin de l’Europe. Il en fut hier comme il en sera demain. Considérez le rôle de l’Europe dans le monde en 1900 : il ne fut jamais si important, comme l’était sa part dans la population mondiale. Ce rôle et cette part n’ont cessé depuis de diminuer. Pour l’avenir, encore faut-il s’entendre sur ce que l’on appelle l’Europe. Notre tableau offre toutes les possibilités politiques. L’Europe unie, considérée dans son noyau dur, celui de la zone euro, ne représentera que 4 % de la population mondiale au cours des années 2050, un peu plus que la France de 1800 (3,2 %). La Fédération de Russie tiendra au cours des années 2050 dans le monde la place (1,4 %) que tenait l’Espagne en 1800 (1,3 %). À propos de la Russie nous avons prolongé les séries concernant l’ancienne Russie, celle d’Europe et celle d’Asie. Cette Russie n’existe plus, mais ces chiffres aident à comprendre la nostalgie impériale de la Fédération de Russie d’aujourd’hui. La part de la civilisation européenne ne déclinera pas. Le pessimisme courant sur la fin de l’Occident n’est pas de mise, à condition de donner un contenu à l’Occident en le définissant à partir de l’Europe et de la civilisation européenne hors d’Europe (États-Unis, Canada, Amérique latine, Australie, Nouvelle-Zélande et Israël). Pour les autres civilisations, les changements fondamentaux sont au nombre de trois. D’abord la diminution de la part de la Chine (comme l’Europe, elle diminue presque des deux tiers, et passe de 36, 9 % à 13,9 %). Elle devra compenser ce réalignement par la maîtrise des techniques modernes. En revanche, la part de l’Inde décroît beaucoup moins (de 20,6 % à 17,1 %). Le Japon connaîtra une évolution analogue à celle des nations européennes. On constate que le monde musulman aura plus que doublé en importance relative et que les populations d’Afrique noire auront plus que triplé. Cette croissance rapide dans un cadre politique incertain aura des conséquences pour l’Europe. Voilà le tableau du demi-siècle qui vient. Pour y tenir une position politique digne du passé, l’Europe doit évidemment s’unir, rester l’alliée proche des rameaux historiques issus d’elle, notamment des plus vivaces, en Amérique. Ceux-ci éprouveront d’ailleurs le même besoin symétrique de rester liés à leur souche européenne et de sauvegarder des deux côtés de l’Atlantique l’avance scientifique, technique et militaire qui les mettra à l’abri des menaces possibles

Political science · French Urban and Social Studies

Citation velocityhistorical
Highly citedNo

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