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La race du marché

Enquête sur les cadres supérieur·es racialisé·es comme asiatiques dans le monde des affaires en France

Bibliographic Data

ID19046515
AuthorsAnne Zhou-Thalamy (Paris, EHESS)
Year2025
Publication date2025-11-17
Peer ReviewedYes
Open AccessNo
TypeTHESIS
PublisherAgence Bibliographique de l'Enseignement Supérieur (PUBLISHER)
DOI10.70675/fc86f354z2447z4637z8925z727576a6d60e
OpenAlexW7152464791
LanguageFR

Fondée sur une enquête de terrain mobilisant socio-histoire, observations et entretiens semi-directifs, la thèse porte sur la gestion racialisée des cadres supérieur·es asiatiques au sein des multinationales en France, ainsi que sur l’appropriation de ces formes raciales de gestion par les cadres qui en font l’objet. Dans une perspective constructiviste de la race, la thèse débute par une socio-histoire inédite de la racialisation des « Asiatiques » en France. Celle-ci met au jour la centralité du travail dans la racialisation de ce groupe. Dans un second temps, et à partir d’une ethnographie au sein de multinationales, la thèse documente un mode de dicibilité légitime de la race dans les grandes entreprises internationalisées : le « management interculturel ». Légitimées par le vocabulaire de la gestion et arrimées à la logique de marché, les différents discours et productions sur les « différences culturelles » réinvestissent presque sans exception les tropes racialisants exposés dans le chapitre premier. La thèse montre ensuite que, dans ce contexte, les cadres racialisé·es comme asiatiques font l’objet d’un management racial, leur assignation raciale étant requalifiée par les gestionnaires en « expertise » sur l’Asie, un marché économique « à conquérir », en forte croissance pour de nombreuses multinationales. En retournant le regard et en mobilisant les entretiens semi-directifs effectués auprès des cadres supérieur·es racialisé·es comme asiatiques, la thèse explore ensuite les liens entre socialisation raciale et travail qualifié. Elle montre que le travail peut être appréhendé, d’une part, comme une instance de socialisation aux normes de la blanchité et, d’autre part, comme un lieu d’apprentissage d’un style d’asianité spécifique, compatible avec la raison des affaires. Enfin, la thèse se centre sur la part stratégique et travaillée de l’assignation raciale des cadres supérieur·es perçu·es comme asiatiques, face à la valorisation contingente et gestionnaire de leur assignation raciale. La thèse propose ainsi deux déplacements. Elle révèle, en se centrant sur l’espace des multinationales, les dimensions proprement racialisées du travail en haut de la hiérarchie organisationnelle de ces organisations capitalistes. Conjointement, elle met au jour la centralité du travail dans la construction sociale de la race, qui contribue à (re)produire les frontières raciales et ce qu’elles renferment

Cultural environment · Cultural inheritance · Ethnic community · Management by objectives · China's Global Influence and Migration · Migration, Ethnicity, and Economy · Migration, Identity, and Health

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Highly citedNo

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