Intervention
Face au terrorisme «global»
Bibliographic Data
| ID | 19079178 |
|---|---|
| Authors | Michel Wieviorka (Centre d'Analyse et d'Intervention Sociologiques (CADIS)) |
| Year | 2006 |
| Volume | 48 |
| Issue | 3 |
| Pages | 471-480 |
| Publication date | 2006-06-01 |
| Open Access | No |
| Type | ARTICLE |
| Venue | Canadian Journal of Criminology (JOURNAL) |
| Journal identifiers | ISSN: 0704-9722 • E-ISSN: 1911-0219 |
| Publisher | University of Toronto Press Inc. (UTPress) (PUBLISHER) |
| DOI | 10.3138/cjccj.48.3.471 |
| OpenAlex | W2043666831 |
| Language | EN |
| Citations received | 1 |
Le terrorisme a longtemps ete un theme marginal, presque anecdotique, dans la reflexion des sciences sociales. Il n'a guere interesse les grands historiens, et, de Dostoievski a Camus, il a preoccupe quelques importants ecrivains ou philosophes plus que les sociologues, les anthropologues ou les politologues. Mais, depuis le 11 septembre 2001, le phenomene appartient aux grands problemes des temps contemporains, au meme titre que la guerre a laquelle beaucoup considere desormais qu'il tend a se substituer, ou du moins a apporter une alternative ou une complementarite. L'Occident n'est-il pas engage, si l'on suit le President George W. Bush, dans une guerre sans merci contre le terrorisme? 1. Le terrorisme > Lors de colloques et rencontres ou dans diverses publications, la question de la definition du terrorisme se pose frequemment. Le plus souvent, la reponse semble se resumer a une impasse: comment se mettre d'accord, si le terroriste des uns est le combattant de la liberte ou le resistant des autres? A ce niveau en fait superficiel, mais que beaucoup ont le sentiment de ne pas pouvoir depasser, aucune definition n'est acceptable de maniere universelle. Le seul cas de figure qui puisse etre envisage pour parvenir a un accord serait celui bien improbable, ou premierement l'acteur se definirait lui-meme comme terroriste, et, deuxiemement, serait unanimement percu comme tel, non seulement par l'opinion ou la societe, mais aussi par ceux au nom de qui, peuple, nation, groupe religieux, classe, etc., il pretend agir. Dans l'histoire du terrorisme, on ne rencontre qu'un seul acteur important se declarant explicitement terroriste, Boris Savinkov, un dirigeant du Parti revolutionnaire social, actif au tournant du [XX.sup.e] siecle. Et il est exceptionnel qu'une action terroriste ne rencontre nulle part, dans aucun milieu, un minimum de sympathie. C'est en particulier une immense erreur que de nier ou de sous-estimer les courants de sympathie ou de jubilation suscites par le >, y comprit dans le monde occidental. Si une definition satisfaisante semble a priori impossible a formuler, c'est en fait qu'il convient de dedoubler la reflexion, et d'admettre que le terrorisme releve non pas d'un, mais de deux types d'approches principales, qui peuvent chacun fournir un debut ou une partie de definition. 1.1 La rationalite de l'acteur Une premiere approche insiste sur la rationalite du terroriste, pour qui, des lors, le terrorisme est une ressource, un moyen pour parvenir a des fins. Dans cette perspective strictement instrumentale, le terroriste calcule, elabore des strategies, soupese le cout de son action pour lui, et le compare a ce qu'il en tirera. De ce point de vue, le terrorisme se definit comme une methode, reposant sur l'usage de certains moyens. Peut-on etre plus precis, et dire quels sont ces moyens? On entre ici dans des questions delicates. Certains insisteront sur une caracteristique: le caractere disproportionne des ressources mobilisees par rapport aux resultats escomptes. Ainsi, une petite charge d'explosifs declenches a distance, sans prendre de risques importants, peut avoir un immense impact politique, en tuant un dirigeant de premier ordre, ou en s'averant particulierement meurtriere. En fait, ce type d'approche suppose une rationalite des acteurs qui n'est jamais, au plus, que limitee, inscrite, pour reprendre une expression chere a l'historien Charles Tilly, dans un repertoire qui lui-meme, pour une experience historique, ne varie guere dans le temps. A la limite, on dira d'un acte terroriste qu'il est signe, precisement parce que la ressource mobilisee est typique. De ce point de vue, il n'y a pas beaucoup d'imagination et il y a generalement plus de reproduction que de la creativite, ce qui veut dire que la rationalite de l'acteur est elle-meme autolimitee. Ce constat debouche sur deux remarques. La premiere est theorique
Political science · Sociology · African Studies and Geopolitics · Multiculturalism, Politics, Migration, Gender
| Citations per year | 0.06 |
|---|---|
| Citation span | 2008 - 2008 (1) |
| Highly cited | No |