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"Dog-men," Craftspeople or Living Buddhas? The Status of Yamabushi in Pre-modern Japanese Society

Bibliographic Data

ID19425546
AuthorsFabio Rambelli (0009-0008-3984-9155, corresponding author)
Year2009
Volume18
Issue1
Pages123-139
Publication date2009-01-01
Open AccessNo
TypeARTICLE
VenueCahiers d Extrême-Asie (JOURNAL)
Journal identifiersISSN: 0766-1177 • E-ISSN: 2117-6272
PublisherPERSEE Program (PUBLISHER)
DOI10.3406/asie.2009.1334
OpenAlexW2809088981
LanguageEN
Citations received2

Selon les interprétations élaborées du terme yamabushi dans les textes shugendō, ce terme, qui désigne à la fois des êtres ordinaires et des ascètes dotés de « pouvoirs » extraordinaires — des êtres plongés dans l'ignorance et des Buddhas —, résumerait l'itinéraire ascétique qui débouche sur la « bouddhéité en ce corps même ». L'étymologie du caractère bushi en particulier, le présente comme composé de deux unités sémantiques — « homme » et « chien ». Cette interprétation du yamabushi comme un être ontologiquement ambigu, relevant de deux natures, animale et humaine, va de pair avec une certaine marginalité sociale. Divers documents relatifs à la structure de la société japonaise, datant de l'époque médiévale et de l'époque d'Edo, attribuent aux yamabushi un statut intermédiaire entre l'élite constituée par le clergé officiel et les classes inférieures dont relevaient les artisans et les spécialistes religieux populaires. En outre, les artisans et les professionnels associés aux yamabushi, par exemple les marchands itinérants, appartenaient aux couches sociales discriminées et recevaient souvent des noms posthumes infamants. Par ailleurs, les récits folkloriques associent souvent les yamabushi aux mythiques tengu, renforçant ainsi leur ambiguïté ontologique. L'auteur examine l'image que les yamabushi avaient d'eux-mêmes, telle qu'elle s'exprime notamment dans les multiples étymologies ambivalentes de leur nom, et il y voit les linéaments d'un discours prémoderne concernant la part du non-humain dans le statut ontologique des êtres humains. Après avoir replacé la notion de non-humain dans le contexte de la sotériologie bouddhique, il situe les yamabushi dans un contexte plus large, à savoir la catégorie hétérogène des groupes sociaux se réclamant d'une relation directe avec le non-humain, notamment les onmyōji (avec la figure d'Abe no Seimei) et les hinin ou kawaramono. Ces groupes, en faisant remonter leurs origines à un ancêtre non-humain, étaient parvenus à se doter d'un statut et d'un rôle spéciaux. Leur rôle social consistait en une médiation entre divers autres groupes (la noblesse et le peuple, le bouddhisme traditionnel et les nouvelles organisations bouddhiques, les professions séculières et les spécialistes religieux). De la même façon, le caractère liminal des yamabushi s'accorde avec leur ontologie ambiguë. En tant que médiateurs symboliques entre diverses catégories sociales, ils fournissent un indice particulièrement important pour comprendre le système statutaire de la société japonaise prémoderne

Art · Humanities · Chinese history and philosophy · Japanese History and Culture

  • Shugendo

    Open Access•Gaynor Sekimori•Religion Compass•2009

  • From Hucksters to Holy Men

    Caleb Carter•Journal of Religion in Japan•2023

Citations per year0.12
Citation span2009 - 2023 (15)
Highly citedNo

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