Formes politiques du street art et réappropriations de la figure de l’hybride humain/animal
Bibliographic Data
| ID | 19590351 |
|---|---|
| Authors | Marion Dupuis (0000-0001-8814-9798), Nathalie Le Bouler Pavelic (0000-0002-1197-7146), Guillaume Marche, Glicéria Tupinambá |
| Year | 2020 |
| Publication date | 2020-01-01 |
| Open Access | No |
| Type | ARTICLE |
| Venue | Condition humaine - Conditions politiques (JOURNAL) |
| Journal identifiers | ISSN: 2742-9318 • E-ISSN: 2742-9318 |
| Publisher | Maison des Sciences de l'Homme Paris Nord (PUBLISHER) |
| DOI | 10.56698/chcp.1530 |
| OpenAlex | W4410823810 |
| Language | FR |
Cet article évoque la manière dont des artistes de street art mobilisent la représentation de figures hybrides humains/animaux dans l’espace public. Il analyse plusieurs œuvres de street art au contenu plus ou moins explicitement contestataire, produites par des artistes qui revendiquent à des degrés divers une forme d’engagement politique, et s’appuie sur l’hypothèse suivante : l’hybridité humain/animal offre une clé de compréhension des potentialités politiques du street art. Ce texte adopte une démarche interdisciplinaire qui mobilise les arts et les études visuelles pour apporter un nouvel éclairage sur des questionnements sociologiques, politiques et anthropologiques. Dans un premier temps, il propose de définir le statut de ces figures hybrides dans les arts, et en particulier dans le street art. Elles existent dans de nombreuses cultures, et si leur interprétation varie suivant les époques et les espaces, elles offrent aux artistes la possibilité de questionner les catégories, les frontières. Nous nous penchons ensuite plus spécifiquement sur ce que le street art a de politique et sur le rapport entre sa politicité et la figure de l’hybride. L’une des potentialités oppositionnelles du street art est liée à sa pratique elle-même, en particulier lorsqu’elle est illicite. Les inscriptions ou les œuvres picturales réalisées sur des surfaces situées dans des espaces publics peuvent être vectrices d’un message explicite et d’une signification clairement politique, mais elles peuvent aussi en être dépourvues. On observe ainsi que le degré d’intentionnalité de l’affirmation politique y est très variable, selon que le message est plus ou moins abstrait, cryptique ou explicite. Par ailleurs, une même inscription pourra être lue comme porteuse ou non d’un sens politique selon qui la regarde. Nous abordons plusieurs exemples de réalisations de street art représentant des figures hybrides comme des interventions dont le caractère politique est multiforme. Deux terrains d’observation nous conduisent à discuter, dans un troisième temps, la manière dont les hybrides participent de l’ancrage du street art dans des environnements spécifiques. Nous traitons en premier lieu du quartier de Belleville, à Paris, un espace fortement identifié à son histoire métissée, dans laquelle le street art puise souvent son inspiration pour devenir lieu de mémoire. Le quartier de Rio Vermelho, à Salvador de Bahia au Brésil, révèle quant à lui la pertinence toute particulière que peuvent avoir les hybrides pour commémorer l’effacement, célébrer la permanence et accompagner la résurgence des cultures autochtones, mais aussi afrobrésiliennes et métissées. Dès lors, les hybrides qui peuplent le street art apparaissent comme de puissants vecteurs de resignification politique et de reterritorialisation culturelle. Notre exploration interdisciplinaire met en lumière le fait que ces figures offrent des formes diverses et originales d’affirmation politique, identitaire ou territoriale. Ainsi, du fait de leur indétermination, de leur statut intermédiaire et interespèce, les hybrides jouent, dans le street art comme dans diverses mythologies ou cosmogonies, un rôle de messagers porteurs d’augures, éveilleurs de consciences ou lanceurs d’alerte
Art · Humanities · Political science · French Urban and Social Studies · Geographies of human-animal interactions · Public Spaces through Art
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