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La logique totalitaire

Essai Sur La Crise De l'Occident

Bibliographic Data

ID19908464
AuthorsJean Vioulac (corresponding author)
Year2013
Pages495
Publication date2013-01-01
Open AccessNo
TypeBOOK
VenueLa logique totalitaire (SOURCE_BOOK)
PublisherPresses Universitaires de France (PUBLISHER • FR)
DOI10.3917/puf.viou.2013.01
OpenAlexW2605421519
ISBN9782130608554
Open LibraryOL31270761M
LanguageEN
Citations received3

Notre époque est celle de la crise : mais une crise n’est jamais que la phase critique atteinte par un processus de plus lointaine provenance. La crise contemporaine est ainsi révélation, à la fois de la dépendance de notre époque à l’endroit de l’histoire dont elle procède et de l’essence même de cette histoire : la pensée de la crise impose de la concevoir comme accomplissement d’un destin qu’il s’agit de mettre au jour. La logique de ce destin est restituée à partir de Hegel, qui découvre dans l’histoire un processus de totalisation achevé dans la « totalité autonome » de l’État, régie par la terreur et la guerre. Cette figure de l’État correspond au concept de totalitarisme, qu’il importe alors d’étudier. Or ce que montre le nazisme, caractérisé par la désintégration de l’appareil d’État, c’est que le totalitarisme n’est pas forcément étatique : il existe un processus immanent de totalisation dont les régimes totalitaires ne furent que des phénomènes dérivés. Ce processus est celui que Tocqueville a vu dans la massification des sociétés démocratiques. Il échoue à l’expliquer, le fondant en dernière instance sur la Providence divine, mais a cependant vu son lien avec la révolution industrielle. C’est Marx qui a pensé jusqu’au bout le processus de totalisation immanent au champ des pratiques, en découvrant dans le Capital la puissance de mobilisation et de massification caractéristique de la modernité : le capitalisme est en cela l’essence même du totalitarisme, et la mondialisation contemporaine n’est autre que la totalisation propre au Capital. Le surmontement de la crise s’identifie dès lors au dépassement du capitalisme : mais si le capitalisme se définit par l’autonomisation du système des objets, alors l’automatisation propre au dispositif technique s’avère plus fondamentale encore que le capitalisme, et il faut avec Günther Anders parler d’un « totalitarisme technocratique », dont on peut craindre qu’il soit indépassable. Reste alors à penser ce qui se dit dans une telle catastrophe

Humanities · Philosophy · Political Economy and Marxism · Political science · The State · Totalitarianism

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Citations per year0.14
Citation span2004 - 2025 (22)
Highly citedNo

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