Pouvoirs et autorité des soufis dans l’Himalaya
Bibliographic Data
| ID | 20044347 |
|---|---|
| Authors | Marc Gaborieau (United States Nuclear Regulatory Commission, corresponding author) |
| Year | 1989 |
| Pages | 215-238 |
| Publication date | 1989-01-01 |
| Open Access | Yes |
| Type | CHAPTER |
| Venue | Prêtrise, pouvoirs et autorité en Himalaya (SOURCE_BOOK) |
| Publisher | Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales (PUBLISHER) |
| DOI | 10.4000/books.editionsehess.24693 |
| OpenAlex | W4312420562 |
| ISBN | 9782713231315 |
| Language | FR |
| Citations received | 2 |
| References cited | 8 |
On tient généralement pour établi qu’il n’y a pas de prêtres dans l’Islam. Cet article s’inscrit en faux contre cette vue fondamentaliste et soutient que dans les formes médiévales de l’Islam qui survivent jusqu’à nos jours il y a des spécialistes religieux doués de pouvoirs surnaturels et investis d’autorité qui jouent le rôle de prêtres : ce sont les saints et les soufis qui desservent leurs tombes.Le présent article est bâti sur des matériaux qui ont été recueillis au Népal et au Tibet et qui sont interprétés à la lumière des recherches récentes sur le soufisme en Inde et au-delà. L’argumentation est développée en trois étapes. Un aperçu de la théosophie soufie montre quels sont les fondements théologiques des croyances relatives aux pouvoirs surnaturels des saints et à leur autorité. Puis une étude des légendes d’origine et des rites célébrés sur les tombes permet d’analyser les fonctions des saints comme médiateurs entre la communauté musulmane d’une part, et, d’autre part, un large éventail de puissances surnaturelles ou naturelles plus ou moins personnalisées (Allah, dieux païens, esprits, magiciens, rois, forces cosmiques...). En troisième lieu est présentée une étude sociologique du recrutement des spécialistes religieux qui desservent comme prêtres les tombes des saints ; la hiérarchie de ces spécialistes reflète la stratification sociale de la société musulmane : au sommet, d’authentiques membres d’ordres soufis « orthodoxes » ; au niveau médian, des ordres « hétérodoxes » devenus de basses castes ; enfin au niveau le plus bas, des musiciens intouchables.Des conclusions sociologiques sont esquissées dans la quatrième partie, à travers une comparaison historique entre les soufis et les renonçants hindous. Contre les interprétations fondamentalistes de l’hindouisme et de l’Islam, je soutiens que les renonçants des deux religions (Yogis et Soufis) ne doivent pas être relégués dans la sphère ultra mondaine : ils jouent de multiples rôles dans la sphère mondaine où ils constituent un troisième niveau trop souvent ignoré de la réalité sociologique
Art · Humanities · African Studies and Geopolitics · Anthropological Studies and Insights · Multiculturalism, Politics, Migration, Gender · Philosophy
| Citations per year | 0.06 |
|---|---|
| Citation span | 1995 - 1996 (2) |
| Highly cited | No |