Les photographies, traces de quoi
Bibliographic Data
| ID | 20074833 |
|---|---|
| Authors | Monique Sicard (Institut Interdisciplinaire d’Anthropologie du Contemporain, corresponding author) |
| Year | 2024 |
| Pages | 179-193 |
| Publication date | 2024-01-01 |
| Open Access | Yes |
| Type | CHAPTER |
| Venue | Quelles traces pour l’histoire de l'art et l’archéologie ? (SOURCE_BOOK) |
| Publisher | Presses universitaires Blaise-Pascal (PUBLISHER) |
| DOI | 10.4000/146hz |
| OpenAlex | W4411542303 |
| ISBN | 9782383773184 |
| Language | FR |
Ce texte met en question l’idée commune qu’une photographie est une empreinte, preuve de l’existant, fruit d’un instant sans durée obtenu de manière automatique. Certes, elle est riche d’une nature indicielle, elle est bien une trace, mais une trace complexe : un objet mille-feuille, riche d’une densité insoupçonnée. Prendre en compte, de manière précise, les processus de genèse des œuvres photographiques, appliquer en cela certaines méthodes d’une « génétique littéraire », permet de pallier bien des erreurs d’interprétation. Le signifié autonome – résultat d’une confusion entre une photographie et son référent – a vécu. Certes, l’un et l’autre sont difficilement dissociables mais distinguer clairement l’objet photographié et son medium – la réalité Tour Eiffel et les choix technico-esthétiques de l’auteur – est le préalable indispensable à une compréhension de la profondeur des enjeux photographiques. L’image photographique porte la marque de son auteur, de ses émotions, de son humour, de ses nostalgies et de ses projections dans le futur. Elle est également la trace de scènes et de paysages qui sont eux-mêmes des traces. Elle se constitue, dès lors, en « trace de traces ». La croyance naïve, courante, dans l’absolu de la preuve photographique offre aux artistes une remarquable fenêtre d’opportunité. Ils peuvent, dès lors, brouiller les pistes entre faits et mises en scène.Une photographie est donc à recevoir comme la trace complexe d’une relation au monde ancrée dans une genèse. Elle est ainsi fondamentalement porteuse d’une tension entre exogénèse (apports extérieurs) et endogénèse (apports personnels de l’auteur). Nier la première serait nous priver de la marche du monde. Sous-estimer la seconde serait réduire dramatiquement la création photographique à un machinisme
Art · Cultural Identity and Heritage · Cultural Insights and Digital Impacts · Diverse Cultural and Historical Studies
| Highly cited | No |
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