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L'école française et les musulmans au Sénégal de 1850 à 1920

Bibliographic Data

ID20364247
AuthorsDenise Bouche (corresponding author)
Year1974
Volume61
Issue223
Pages218-235
Publication date1974-01-01
Peer ReviewedYes
Open AccessNo
TypeARTICLE
VenueRevue française d histoire d outre-mer (JOURNAL)
Journal identifiersISSN: 0300-9513 • E-ISSN: 2419-4522
PublisherPERSEE Program (PUBLISHER)
DOI10.3406/outre.1974.1756
OpenAlexW2060939742
LanguageFR
Citations received7

Les premières écoles ouvertes dans les deux établissements de Saint-Louis et de Gorée, rétrocédés par les Anglais en 1817, étaient destinées aux enfants des « habitants » chrétiens. A partir de 1850, commença à se poser le problème de la scolarisation des musulmans. Leur influence croissait dans Saint-Louis, mais, surtout, Faidherbe (gouverneur de 1854 à 1865) entreprit la conquête du Sénégal au moment où les populations étaient en voie d'islamisation, ou plus souvent de réislamisation, rapide. Les musulmans avaient leur propre système d'éducation. Dans ce qu'on appela improprement « école » coranique, le marabout, maître absolu de l'enfant pendant plusieurs années, se souciait plus de formation morale que d'instruction (réduite à l'étude du Coran). De 1840 à 1903, les écoles publiques du Sénégal furent confiées aux Frères de Ploërmel et, pour les fillettes, à deux congrégations de sœurs. On essaya de rendre l'école française plus acceptable aux musulmans en ouvrant pour eux des écoles laïques et en y introduisant l'enseignement de l'arabe et même du Coran. On songea à former, dans des médersas, des marabouts instituteurs. En même temps, à quatre reprises, on tenta de réglementer les écoles coraniques. Ces mesures furent de peu d'effet, si jamais elles en eurent aucun... Les musulmans envoyèrent leurs fils à l'école française (et aussi volontiers chez les Frères qu'à l'école laïque) quand ils se rendirent compte de l'utilité des connaissances, ou des diplômes, qu'on y acquérait. A ce moment, ils surent trouver des aménagements pour concilier les exigences des deux éducations, musulmane et française. En 1920, la scolarisation des garçons musulmans ne posait plus de problème. Pour les filles, par contre, tout était à faire. Les deux systèmes d'éducation restèrent étrangers l'un à l'autre. Il y eut des compromis, mais pas de synthèse. L'inadaptation criante de l'école de type occidentale aux besoins des sociétés africaines conduit à réexaminer actuellement l'emploi possible de l'enseignement coranique

Humanities · Political science · Multiculturalism, Politics, Migration, Gender · North African History and Literature · Philosophy · Religious Education and Schools

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Unique citing works7
Citations per year0,41
Citation span2009 - 2026 (18)
Citation velocitycurrent
Highly citedNo
Citation typesNeutral: 7

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