Une escroquerie à la colonisation
L'entreprise du marquis de Rays à « Port-Breton »
Bibliographic Data
| ID | 20364324 |
|---|---|
| Authors | Anne-Gabrielle Thompson, Anne‐Gabrielle Thompson (corresponding author) |
| Year | 1978 |
| Volume | 65 |
| Issue | 238 |
| Pages | 21-39 |
| Publication date | 1978-01-01 |
| Open Access | No |
| Type | ARTICLE |
| Venue | Revue française d histoire d outre-mer (JOURNAL) |
| Journal identifiers | ISSN: 0300-9513 • E-ISSN: 2419-4522 |
| Publisher | PERSEE Program (PUBLISHER) |
| DOI | 10.3406/outre.1978.2076 |
| OpenAlex | W2323137530 |
| Language | FR |
Entre 1877 et 1882, Charles du Breil, marquis de Rays, dirigea une entreprise qui avait pour but, disait-il, de fonder une colonie libre en Océanie. A cet effet, il recevait des souscriptions à raison de 5 F l'hectare pour l'exploitation de terres dans une soi-disant « colonie de Port-Breton », aussi appelée « Nouvelle-France ». Or à cette époque, terres et mers australes fournissaient bien des produits vendus avec grand profit en Europe, en Chine ou en Australie. De Rays sut habilement exploiter ces faits pour faire croire à un projet de colonisation qui apporterait une « fortune immédiate ». Étant donné les conditions qui régnaient en France à l'époque — dont de Rays sut aussi tirer le maximum de profit — bon nombre de gens se laissèrent prendre à ce projet auquel ils apportèrent un concours financier soutenu, la seule chose qui intéressait vraiment de Rays. Si le soi-disant projet apparaît vraisemblable jusqu'en 1879, au fur et à mesure qu'il est mis à exécution, afin de sauver les apparences, il devient évident que de Rays ne prend pas la réussite de la colonisation au sérieux, mais se sert de celle-ci pour mener à bien une escroquerie de grande envergure. Cette entreprise fallacieuse qui se termina par l'arrestation de ses promoteurs, fut la cause de bien des souffrances humaines, y compris une centaine de morts. Bien que nulle colonie ne se soit jamais constituée, l'affaire a laissé quelques traces en Océanie : c'est grâce à elle que les missionnaires du Sacré-Cœur ont repris pied en Nouvelle-Guinée et qu'un certain nombre de familles italiennes se sont installées en Australie. Même si de Rays avait pris cette colonie au sérieux, vu le caractère « féodal » qu'il disait lui donner, il avait peu de chances de réussir à une époque où la démocratie était à l' avant-garde des idées politiques
Art · Humanities · Canadian Identity and History · Cultural Identity and Heritage · Historical Studies and Socio-cultural Analysis
| Highly cited | No |
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