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Mélanie Traversier, L’Harmonica de verre et miss Davies. Essai sur la mécanique du succès au siècle des Lumières , Paris, Seuil, 2021

Bibliographic Data

ID21414865
AuthorsPierre Dubois (0000-0003-1534-1564, corresponding author)
Year2022
Volume54
Issue1
Pages843-845
Publication date2022-06-30
Open AccessYes
TypeARTICLE
VenueDix-huitième siècle (JOURNAL)
Journal identifiersISSN: 0070-6760 • E-ISSN: 1760-7892
PublisherCAIRN.INFO (PUBLISHER)
DOI10.3917/dhs.054.0843
OpenAlexW4405540093
LanguageFR

Poursuivant son entreprise de publication de la correspondance de l'abb Grgoire, Jean Dubray donne ici les lettres changes entre l'vque et sa gouvernante Marie-Anne Dubois, pour sept d'entre elles entre 1792 et 1801, puis durant l'poque des voyages, entre 1802 et 1809.Il explique en introduction les circonstances rocambolesques de la dcouverte de ces lettres, dj publies par Hippolyte Carnot en 1837, mais dont on avait depuis lors perdu la trace ; et pose la question de la transmission et de la conservation des archives Grgoire, qui est aussi celle de toutes les archives dtenues par des particuliers.Ces lettres prsentent l'avantage de mettre en lumire une figure mconnue, Marie-Anne Dubois, celle que Grgoire nomme dans ses Mmoires ma mre adoptive .Leur relation remonte au dbut de l'anne 1791.Grgoire devient prsident de l'Assemble nationale le 18 janvier ; il quitte sa Lorraine natale et doit trouver Paris un logement.La chaleur et la scurit que surent alors lui procurer les poux Dubois dcidrent de la fidlit indfectible qu'il leur montra par la suite, et aprs la mort du mari sa veuve en particulier, jusqu' l'instituer sa lgataire universelle.Quatre voyages structurent le recueil.L'Angleterre ouvre la srie.De juin aot 1802, Grgoire est Londres avec l'abb Degola, qui l'accompagne dans tous ses dplacements.De l il se rend en cosse et dans diffrentes villes d'Angleterre, comme Bath, Bristol, Oxford ou Birmingham.Plus que sur les lieux pittoresques, Grgoire attire l'attention sur les personnes rencontres, plnipotentiaires franais, compatriotes rfugis outre-Manche ou personnalits britanniques.Aprs un retour Paris, Grgoire est nouveau sur les routes, de la Hollande cette fois : de Bruxelles, il se rend Utrecht, Rotterdam, Delft, La Haye, Leyde enfin o l'universit lui ouvre ses portes ainsi que celles de sa clbre bibliothque.De Harlem il se rend Amsterdam NOTES DE LECTUREo, crit-il, les juifs portugais et allemands ont dans leurs synagogues respectives chant des cantiques en son honneur.Enfin il retourne Bruxelles par Anvers.Ainsi se termine ce deuxime voyage en juin 1803.Deux ans plus tard, et dans un contexte politique qui a volu, Grgoire entreprend un nouveau priple, qui le mne cette fois vers l'est, en Bavire d'abord, puis en Thuringe.Il rencontre Wieland Weimar.Aprs Iena, il se rend Halle, Leipzig et enfin Berlin, o il s'emploie visiter des tablissements de bienfaisance et de sciences .De Potsdam, il ne voit que le tombeau de Frdric II.Il ne manque pas de visiter les plus fameux temples du savoir : aprs Magdebourg, il se rend ainsi Helmstedt, puis Brunswick, o il rencontre Joachim Campe, et Wolfenbttel, avant d'arriver Gttingen, dont la Georgia Augusta est alors dans toute sa gloire.Il dne avec Christian Dohm, avocat de la cause des juifs en Prusse. Cassel, il visite Wilhelmshhe et ses cascades.C'est l qu'il est mordu par un chien la jambe.Le retour Paris se fait par Francfort, Mayence et Strasbourg.En revenant d'Allemagne, Grgoire n'a pas eu le loisir de s'arrter en Lorraine, ce dont il exprime les plus vifs regrets.Ce n'est que quatre ans plus tard qu'il ralise son voeu.Par pernay, Chlons et Vitry, il gagne Nancy et Lunville.De l il se rend Embermnil et Vho.L'motion perce dans l'vocation qu'il donne de ce plerinage sa correspondante.Sa visite du 27 aot 1809 a raviv dans sa mmoire des souvenirs dchirants .Les tombeaux de sa famille, les tmoignages des habitants l'ont tant mu qu'il a craint, dit-il, d'tre malade .Malgr tous ces dplacements, il ne cesse de travailler.Il est constamment en correspondance avec son secrtaire Wardt, qui met au propre ses manuscrits et fait le lien avec les libraires-imprimeurs.Ces lettres comblent un vide dans la biographie d'Henri Grgoire.S'tant retir de la vie publique, ayant rduit au minimum ses relations avec l'extrieur, et n'ayant d'autre activit qu'intellectuelle, il offre durant la priode 1802-1809 peu de prise l'historien.En ditant ces lettres d'aprs les originaux, J. Dubray entend mettre la disposition des chercheurs un matriau dsormais exploitable.Nicolas Brucker Anthologie franco-suisse d'crits de l'intime (1680-1830). La vie prive au fil de la plume, dition deMichel Figeac et Caroline Le Mao, Paris, Honor Champion, 2020.Un recueil d'ego-documents franco-suisses de la priode charnire des poques moderne et contemporaine qu'on pourrait dcrire comme un trs long 18 e sicle (1680-1830) vient d'tre dit par les soins de deux historiens de l'universit Bordeaux-Montaigne, Michel Figeac et Caroline Le Mao.Les directeurs scientifiques de cet ouvrage participaient dj au GDR du CNRS n o 2649 Les crits du for priv en France de la fin du Moyen ge 1914 cr en 2003 dont la base de donnes existe toujours sur le site web http://ecritsduforprive.huma-num.fr.Il s'agit ici d'une sorte Societe Francaise d'Etude du Dix-Huitieme Siecle | Telecharge le 28/12/2025 sur https://shs.cairn.info(IP: 181.215.153.159)de thologique la question, en descendant dans la rue, devient politique.C'est au cours de ces annes, on s'en souvient, que naissent les Nouvelles ecclsiastiques (1728), le clbre organe jansniste, et que le mouvement convulsionnaire atteint son apoge avec les dsordres du cimetire de Saint-Mdard autour de la tombe du diacre Franois de Pris (1727Pris ( -1732)).Cette actualit nourrie en viendrait faire oublier d'autres vnements importants de cette squence chronologique, comme la fixation de la valeur de la livre (1726-1738), opration dlicate et capitale qui met fin aux dsordres montaires ayant marqu l'histoire montaire de la France du premier quart du 18 e sicle.En matire de politique trangre, la priode couverte par ce volume voit galement natre et se dvelopper diffrents conflits arms lis la guerre de Succession de Pologne (1733-1735), qui joue un rle central dans le rquilibrage diplomatique entre grandes puissances europennes.C'est dire tout ce que l'on peut attendre d'une chronique suivie de la priode, rdige par un observateur aussi curieux, indpendant d'esprit et bien inform que l'est Barbier.Sur la plupart des points, le chercheur ne sera assurment pas du par ce deuxime volume au contenu au moins aussi riche que le premier.Il y trouvera sans surprise, tout d'abord, un rcit nourri et souvent d'une grande prcision des incidents sans nombre qui maillent la vie religieuse et donc politique de la priode.C'est le sujet prdominant de ce volume.Il est noter que dans ce domaine les faits principaux, ceux qui occupent tous les esprits ( concile d'Embrun, convulsions de Saint-Mdard, affaire des Gilotins, refus de sacrements, consultations des quarante avocats, remontrances parlementaires), comme les plus anodins ont droit un dveloppement, parfois mme une ample prsentation.Les vnements marquants de la priode ne sont pas les seuls fixer l'attention du chroniqueur, qui sauve de l'oubli quantit d'informations, d'anecdotes d'importance apparemment mineure, mais combien rvlatrices pour le dix-huitimiste comme, n'ont droit qu' des notes minimalistes ou des notices laissant dsirer : Marie Alacoque, le P. Pierre Chamillart, Louis-Basile Carr de Montgeron, au rle pourtant si important, Claude Deshayes-Gendron (p.189), clbre ophtalmologiste, ami de Montesquieu et proche des jansnistes sont dans ce cas.Dans les notes existantes et les notices introductives, on trouve galement des approximations et parfois mme des erreurs factuelles : la Dclaration du 24 mars 1730, par exemple, ne fait pas de la Bulle Unigenitus une loi d'glise, elle l'est dj cette date, mais une loi de l'glise et de l'tat.On doit enfin et surtout dplorer les curieuses insuffisances de l'indexation.Plusieurs dizaines de noms de personnes ne sont pas rpertoris, parmi lesquels se glissent des noms de personnages en vue.Quand le nom est index, on a trop souvent nglig d'indiquer ou de rechercher le prnom.Il arrive mme que la personne se voie affuble, et cela surprend, d'une qualit qui n'est pas la sienne : l'archidiacre moliniste (Jacques ?)Goulard (p.272) devient ainsi dans l'index, architecte.Notons encore qu'un personnage prsent en quatre endroits du journal peut n'apparatre qu'une seule fois dans l'index nominum.Ces ngligences, outre qu'elles font tache dans un ouvrage de cette qualit, desservent le chercheur : c'est souvent dans des sources comme le journal de Barbier qu'on peut trouver une rarissime indication sur un personnage peu connu.Un index final viendra peut-tre pallier ces lacunes de l'indexation qui sont la seule faiblesse notable de cette fort importante production

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