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Naturalité de la catégorisation sémiotique

De la genèse perceptuelle à la déférence sémantique à l’égard du référent

Bibliographic Data

ID21849239
AuthorsBruno Leclercq (0000-0002-3322-943X, University of Liège, corresponding author)
Year2020
Volume16
Issue3
Pages90-111
Publication date2020-12-17
Open AccessYes
TypeARTICLE
VenueEstudos Semióticos (JOURNAL)
Journal identifiersISSN: 1980-4016 • E-ISSN: 1980-4016
PublisherUniversidade de São Paulo. Agência de Bibliotecas e Coleções Digitais (PUBLISHER)
DOI10.11606/issn.1980-4016.esse.2020.173323
OpenAlexW3119068187
LanguageFR
References cited3

En revenant « aux sources (naturelles) du sens », les Principia Semiotica du Groupe μ jettent un solide pavé dans la mare de toute une tradition sémiologique qui, partant des textes linguistiques (puis visuels), avait plutôt insisté sur la grande inventivité et la grande diversité culturelle des systèmes de signes. En soulignant la dimension résolument naturelle et motivée de la sémiose, le Groupe μ s’en prend frontalement à un certain « axiome de conventionalité » dominant dans la sémiologie contemporaine, notamment dans son paradigme structuraliste. Par le même geste, le Groupe μ s’en prend aussi en droite ligne à une épistémologie d’« idéalisme linguistique (ou plus généralement symbolique) », qui s’est imposée dans la seconde moitié du XXème siècle sous l’influence d’un certain « tournant linguistique » et qui a vu, dans les catégorisations conventionnelles, la source de toute sémiose mais aussi de toute production de connaissance. Par son attention aux sources perceptuelles de la sémiose la plus originaire, le Groupe μ réhabilite tout à la fois une certaine épistémologie réaliste, qui estime que le monde est déjà organisé avant sa structuration dans telle ou telle langue et qu’il motive même cette structuration, et une certaine épistémologie empiriste, qui voit dans l’expérience sensible le lieu de cette motivation et dès lors la source première de la sémiose et de la connaissance. En insistant sur la continuité des processus cognitifs naturels qui régissent cette sémiose avec d’autres dispositifs matériels présents dans le monde animal ou même vivant, la sémiogénétique s’avère aussi solidaire d’une épistémologie plus naturaliste et matérialiste que culturaliste et « glossocentriste ». Reste toutefois que les étapes ultérieures de la sémiose (avec la fonction de renvoi propre à la sémiose indirecte ou l’interprétation propre à la sémiose consciente) rendent, pour le Groupe μ, toute sa place à une sémiose intersubjective plus arbitraire et culturellement dépendante. À partir de nos propres travaux sur la déférence sémantique, nous montrons cependant que la division du travail linguistique, qui garantit cette intersubjectivité du sens, n’implique pas forcément la conventionalité qu’on lui associe généralement, mais qu’elle peut elle aussi, pour certains signes au moins, être liée à une épistémologie réaliste qui s’attache à la motivation naturelle plutôt qu’à l’arbitraire conventionnel de la sémiose

Humanities · Cultural Insights and Digital Impacts · Linguistics and Discourse Analysis · Philosophy · Semiotics and Representation Studies

  • Essays in radical empiricism

    William James•Essays in radical empiricism•1912

  • Individualism and the Mental

    Tyler Burge•Foundations of Mind•2007

  • Philosophical Investigations

    John Burnheim•Philosophical Studies•1954

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