Un transhumanisme prométhéen ? De la banalisation du mythe à son réinvestissement dans nos imaginaires techniques
Au-delà des lectures de l’hubris et du châtiment, réexamen des ressources symboliques d’un grand récit des origines humaines
Bibliographic Data
| ID | 22061458 |
|---|---|
| Authors | Jessica Lombard (corresponding author) |
| Year | 2026 |
| Volume | 14 |
| Issue | 1 |
| Publication date | 2026-01-01 |
| Open Access | Yes |
| Type | ARTICLE |
| Venue | e-Phaïstos (JOURNAL) |
| Journal identifiers | ISSN: 2262-7340 • E-ISSN: 2552-0741 |
| Publisher | OpenEdition (PUBLISHER) |
| DOI | 10.4000/163vo |
| OpenAlex | W7155170508 |
| Language | FR |
| References cited | 14 |
Cet article propose une relecture du mythe de Prométhée à l’aune des critiques contemporaines adressées au transhumanisme. Qualifié de « Prométhée déchaîné », ce dernier est fréquemment appréhendé à travers le prisme du mythe prométhéen, convoqué pour dénoncer l’ambition de dépasser les limites humaines en cédant à la tentation d’une puissance technicienne jugée démesurée. Nous examinons dans un premier temps les différents usages de cette figure mythique dans les discours critiques portant sur le transhumanisme, et montrons que ces rapprochements s’appuient majoritairement sur une lecture d’ordre moral, centrée sur l’hubris de Prométhée et le châtiment divin qui lui est infligé. Pourtant, le présent article défend l’hypothèse que cette analogie soulève un ensemble de difficultés. En mobilisant les travaux de Gilbert Durand sur les structures de l’imaginaire, nous montrons que réduire Prométhée à une simple figure de la transgression revient à figer le mythe dans une interprétation partielle, qui en évacue la profondeur symbolique. Le mythe prométhéen constitue avant tout un récit d’anthropogonie, dans lequel l’humain émerge comme agent inscrit dans une temporalité finie à partir de la transmission du feu. En renvoyant à l’initiation d’un devenir humain avant même tout principe de transgression, nous montrons que la structure de ce mythique excède les usages contemporains qui en sont faits dans les discours critiques sur la technique. En restituant les dimensions symboliques et poétiques du mythe, il devient possible de mesurer un décalage entre son fonctionnement interne, tel qu’il s’inscrit dans une tradition symbolique, et sa mobilisation actuelle. En ce sens, nous suggérons que d’autres figures, telles que Dédale ou Icare, permettraient d’éclairer plus finement les tensions soulevées par le transhumanisme, sans reconduire les effets de « banalisation » qui affectent trop souvent la figure de Prométhée
Mythology · Nous · Reception theory · Digital Media and Philosophy · Neuroethics, Human Enhancement, Biomedical Innovations · Utopian, Dystopian, and Speculative Fiction
| Highly cited | No |
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