Le molosse et la corneille. La gamme d’émissions sonores déployée par les animaux chez Lucrèce, Virgile et Ovide
Bibliographic Data
| ID | 22186012 |
|---|---|
| Authors | Maud Pfaff-Reydellet (Sorbonne Université, corresponding author) |
| Year | 2025 |
| Volume | 6 |
| Publication date | 2025-01-01 |
| Peer Reviewed | Yes |
| Open Access | Yes |
| Type | ARTICLE |
| Venue | RursuSpicae (JOURNAL) |
| Journal identifiers | ISSN: 2557-8839 • E-ISSN: 2557-8839 |
| Publisher | OpenEdition (PUBLISHER) |
| DOI | 10.4000/15gs4 |
| OpenAlex | W7118269703 |
| Language | FR |
| References cited | 1 |
Lucrèce décrit l’origine du langage chez les hommes en soulignant qu’il n’y a rien là d’étrange, « puisque les animaux privés de la parole, et même les espèces sauvages poussent des cris différents, suivant que la crainte, la douleur ou la joie les pénètre » (DRN V, 1059-61). Il cite en exemple les émissions sonores, variables selon les circonstances, des chiens molosses, d’un étalon et d’oiseaux divers : cinq émissions de voix sont distinguées chez les chiens de garde, et pour le cheval, trois types de hennissement. Il décrit ensuite les oiseaux chasseurs, dont le cri diffère selon qu’ils fondent sur leur proie ou luttent pour la garder, et les oiseaux chanteurs, corneilles et corbeaux : les modulations de leur voix annoncent des variations météorologiques.Ce développement fait l’objet d’une réécriture dans les Géorgiques, où Virgile évoque « la corneille importune qui appelle la pluie à pleine voix » (G. I, 388) et les corbeaux qui, « resserrant leur gosier, répètent trois ou quatre fois des sons clairs » au retour du soleil, et souvent « jacassent entre eux dans le feuillage », transportés de joie (G. I, 410-414). Virgile cite Lucrèce, la comparaison homérique avec les oiseaux du Caÿstre et le passage d’Aratos consacré aux signes de la pluie. Sa description des uoces, variables selon les circonstances, permet de mieux percevoir le rôle des oiseaux chanteurs (oscines) dans les présages à Rome. Ovide évoque à son tour le corbeau et la corneille, en écho à Virgile et aussi à Hésiode, Pindare et Callimaque. La métamorphose en corneille d’une fille de roi poursuivie par Neptune éclaire le comportement de cet oiseau avant l’orage, sa course sur la plage et sa façon d’appeler la pluie à pleine voix. Le poète donne la parole à la corneille, qui raconte elle-même son histoire au corbeau, or celui-ci ne lui prête aucune attention, et méprise ses prédictions. L’humour d’Ovide propose une réflexion sur la singularité d’un chant d’oiseau lancinant, avec un regard décalé sur l’interprétation des signes sonores dans la divination à Rome.La compréhension de la sonosphère animale nécessite une attention au détail et une connaissance du milieu naturel dont témoignent les trois poètes latins. L’acuité de leur écoute est due à leur érudition alexandrine, mais s’explique aussi par la proximité avec les animaux dans la vie quotidienne
Allegory · Video recording · Classical Antiquity Studies · Diverse Cultural and Historical Studies · Historical and Literary Analyses
| Citation velocity | historical |
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| Highly cited | No |