S’accorder au féminin
Bibliographic Data
| ID | 22212121 |
|---|---|
| Authors | Régis Garcia (corresponding author) |
| Year | 2024 |
| Volume | 10 |
| Issue | 1 |
| Pages | 138-144 |
| Publication date | 2024-01-24 |
| Open Access | No |
| Type | ARTICLE |
| Venue | Agencements (JOURNAL) |
| Journal identifiers | ISSN: 2608-5739 |
| Publisher | CAIRN (PUBLISHER) |
| DOI | 10.3917/agen.010.0138 |
| OpenAlex | W4393022443 |
| Language | FR |
Une échauffourée a lieu à Bougie le 4 septembre 1872. Au sein de la poignée d’Européens, elle oppose des militaires à des civils qui manifestent bruyamment leur attachement à la République. Les mots choisis dans un environnement colonial sonnent faux et la zizanie surprend dans une région à peine soumise où la solidarité entre les maîtres reste essentielle. De fait, la prise de parole tranche avec le silence imposé aux Algériens après la révolte de 1871. Elle révèle une perception insulaire de l’espace par les colons, coupés d’un arrière-pays hostile, davantage connectés par la mer aux autres centres et à la métropole. L’écho est extraordinaire. Bénéficiant de puissants relais institutionnels et techniques, de l’appui paradoxal du pouvoir central et de l’absence de contradicteurs, les maîtres civils ouvrent seuls à la colonisation une vallée peuplée par 100 000 Algériens. Dans le contexte d’incertitude politique en France et en Algérie, ils s’approprient de façon originale la République pour légitimer leur mainmise sur la terre. Acte prémédité, leur prise de parole est prise du pouvoir local
| Highly cited | No |
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