Skip to main content

ETHNOS_APP

Home • Search • Journals • List 0

Sororité oui, mais pas sans politique

Bibliographic Data

ID22350291
AuthorsHélé Béji (corresponding author)
Year2021
Volume20
Issue2
Pages33-37
Publication date2021-01-01
Peer ReviewedYes
Open AccessNo
TypeARTICLE
VenueExpressions maghrébines (JOURNAL)
Journal identifiersISSN: 1540-0085 • E-ISSN: 2475-2401
PublisherProject MUSE (PUBLISHER • US)
DOI10.1353/exp.2021.0023
OpenAlexW4205478584
LanguageFR

Sororité oui, mais pas sans politique Hélé Béji1 (bio) Les 17 et 18 novembre s’est tenue à l’UNESCO, dans le cadre de l’Année internationale de la femme, une table ronde animée par une douzaine de personnalités féminines représentant un échantillonnage assez varié des différentes régions du monde, et présidée par Me Gisèle Halimi. Quelques hommes s’étaient aventurés dans cette assemblée féminine, avec toute la discrétion et la modestie de ceux qui découvrent un jour qu’ils n’ont rien appris, alors que pourtant, la source était là, toute proche. Les femmes ont accueilli le plus galamment du monde, si j’ose dire, ces intrépides visiteurs. Le Directeur général de l’UNESCO, M. Amadou-Mahtar M’Bow, n’a pas failli à son rôle de féministe invétéré en ouvrant sur un ton grave les débats, récapitulant brièvement les acquis positifs de l’émancipation de la femme, « la plus opprimée parmi les opprimés », et les efforts entrepris dans le cadre de l’UNESCO pour résorber le fléau de l’analphabétisme qui continue d’aliéner au niveau le plus bas la plupart des populations féminines du Tiers-monde. Entre 1960 et 1970, le nombre des analphabètes femmes dans le monde s’est accru de 40 millions, contre 8 millions pour les hommes, soit cinq fois moins. Si pour M. M’Bow de grands progrès ont été réalisés depuis le début du siècle en matière de droits de la femme et en ce qui concerne la naissance et la formation des mouvements féministes, l’essentiel reste à faire car « la pratique est encore trop éloignée de la théorie ». La véritable pierre de touche de la révolution féministe se trouve [End Page 33] là, dans la réalisation concrète de professions de foi lourdement entachées de juridiction formelle et trop faiblement tournées vers l’action directe, vigoureuse, courageuse. Ce retard, non pas tant du statut de la femme que de l’application palpable de principes indiscutablement reconnus, a été au centre des préoccupations de cette réunion. Les participantes se sont toutes appesanties sur la faible participation des femmes à la vie politique et administrative de leur pays. La représentante de l’Italie a fait remarquer qu’il y a aujourd’hui au Parlement italien moins de femmes qu’en 1950. Cet ostracisme, unanimement dénoncé, a constitué pour les participantes le ciment même de leur rencontre, au point que l’on aurait pu penser qu’il se tramait, à l’échelle mondiale, une véritable conspiration politique. Oui, il s’agissait bien d’une prise de pouvoir, mais très pacifique et peut-être même un peu trop sage. Une participante a proposé que les femmes soient un facteur d’humanisation des rapports sociaux et éducatifs de la société moderne. Une autre, originaire du Tiers-monde, a situé l’humanisation sur le plan de l’assistance immédiate, urgente, charnelle, matérielle des femmes confrontées quotidiennement à la survie, à la sempiternelle torture de la faim, de la maladie, de la mortalité infantile. Le pouvoir ici serait d’aider l’autre avec des moyens simples et, c’est là que les choses pourraient se compliquer, une certaine dose d’abnégation. Non plus prendre le pouvoir, mais le donner. C’est ainsi que l’on a été conduit à esquisser les premiers fondements d’une éthique féminine fraternelle. Et, comme les deux adjectifs juraient ensemble, on a prononcé le terme de « sororité ». Cette sororité deviendrait en quelque sorte le ferment de la libération des femmes. Car elle est le lien par lequel la rencontre et l’échange se produisent, en réponse à un monde masculin déchiré, divisé, inhumain. La sororité, c’est une nouvelle qualité de la vie ! Quelqu’un a même pensé que le climat politique s’en trouverait modifié, si les femmes, en nombre non négligeable, consentaient à occuper des postes de responsabilité. Car

Art · Humanities · Political science · Multiculturalism, Politics, Migration, Gender

Citation velocityhistorical
Highly citedNo

Tools

Open DOI
Ethnos_APP • Open Source Project • MIT License • Frontend v2.0.0 • Privacy and Cookies • API Documentation: api.ethnos.app/docs • API Source Code: GitHub • DOI: 10.5281/zenodo.17049435 • Frontend Source Code: GitHub • DOI: 10.5281/zenodo.17050053 • cruz.rio.br • Expectantes Misericordiae