La connaissance de la nature et du monde au moyen age d'après quelques écrits français à l'usage des laïcs
Bibliographic Data
| ID | 23510739 |
|---|---|
| Authors | Charles Victor Langlois |
| Year | 1911 |
| Publication date | 1911-01-01 |
| Open Access | No |
| Type | BOOK |
| Publisher | Hachette (PUBLISHER • FR) |
| DOI | 10.5962/bhl.title.39138 |
| OpenAlex | W654668431 |
| Language | FR |
| Citations received | 1 |
| References cited | 1 |
INTRODUCTIONCe volume est le troisime, et le dernier, d'une srie dont on a bien voulu accueillir les premiers avec indulgence, au point d'en rclamer la suite.Srie entreprise pour faire connatre, par une mthode nouvelle, de l'histoire du moyen ge en France, surtout au x sicle, ce que le public lettr sait le moins, qoique ce soit prci-_ sment ce qu'il en pourrait le mieux goter, et peut tre ce qu'il est en soi le plus intressant de n'en pas ignorer.-Quels taient cette poque les aspects de la vie courante : les manires ordinaires et gnrales d'tre, d'agir, de penser, de sentir ?les moeurs, les usages, les croyances, les prjugs ?Bref, quel tait le milieu matriel, moral et intellectuel o les hommes de cet ge taient plongs ?Nous l'avons demand d'abord aux romanciers, puis aux moralistes contemporains.Mais ils ne pouvaient tout nous dire, Les romanciers et les moralistes d'aujourd'hui renseigneront trs bien la postrit sur nos habitudes et notre sensibilit, trs peu sur les connaissances et les interprtations rpandues dans la socit actuelle au sujet du monde physique et des forces naturelles.Or ces connaissances et ces interprtations sont les lments de la pe Le Mc ue me je VI LA CONNAISSANCE DE LA NATURE AU MOYEN AGE tite philosophie de l'univers que chacun se fait plus ou moins obscurment, et dont dpendent leur tour l'angle du prisme travers lequel on voit les choses et mme, en quelque mesure, la conduite des individus.On ne vit pas tout fait de la mme manire sous le.ciel gocentrique de l'ancienne astrologie et sous le ciel illimit de l'astronomie moderne.Il importe donc; pour connatre fond les hommes du pass, de savoir ce qu'ils savaient des ralits extrieures et comment ils s'en figuraient les rapports.Les romanciers et les moralistes d'autrefois ne nous l'ont pas appris ; il ne leur appartenait pas de nous l'apprendre.Mais il est ais de s'en informer en tudiant d'autres sources, et notamment l'ancienne littrature de vulgarisation scientifique.-Je ne dis pas l'ancienne littrature scientifique.Il ne s'agit pas ti, en effet, de l'histoire des sciences au moyen ge.Domaine immense, pas trs riche cependant, et, de plus, trs mal dfrich.Ce domaine immense n'est pas trs riche.Pendant les mille ans qui se sont couls entre l'Antiquit et la Renaissance l'effort des hommes d'tude qui s'intressrent l'explication des phnomnes a port principalement sur l'exhumation et le commentaire des oeuvres qui contenaient l'hritage des Anciens cet gard.Or il y avait, dans cet hritage, de l'or et du plomb: des germes d'ides fcondes et un vaste conglomrat d'observations prcises ou superficielles, noyes dans des spculations arbitraires, le tout ciment dans les cadres d'une dialectique rigide.Ds l'Antiquit, la Physique de Dmocrite, de Leucippe et des Atomistes, grosse de progrs indfinis et o la pense moderne reconnait ses vritables origines, avait t, pour ainsi dire, accable sous le poids de l'Encyclopdie aristotlique, si bien faite pour striliser l'avenir er Ra INTRODUCTION va en donnant l'illusion de la science acheve et en barrant les voies qui conduisent la connaissance profonde de Ja ralit.On voit aujourd'hui, avec vidence, pourquoi 'oeuvre d'Aristote marque un recul dcisif sur celle des premiers physiologues de la Grce! ; mais le moyen ge ne s'en douta pas: comment s'en serait-il dout ?Aris-._tote fut son oracle, son matre, son instituteur.Et cela seul aurait sufli pour paralyser fond son activit scientifique.-Sans doute, pendant ces mille ans, le patrimoine des acquisitions de l'humanit n'a pas laiss d'aug-menter un peu: il y a eu quelques penseurs qui, comme Ee #0 .Roger Bacon et ses amis, ont compris la ncessit de l'inves-_ tigation directe; quelques-uns ont mme essay de s'y 3 4 _ livrer; Arnaud de Villeneuve et Albert de Saxesesontlevs " au-dessus du commun de leurs contemporains ; enfin des ._ gnrations de praticiens n'ont pas pu passer sans rcolter par hasard ou autrement quelques notions profitables : c'est ainsi que la chimie du xv* sicle disposait de combi-_naisons plus nombreuses et de recettes meilleures que la chimie grco-arabe dont elle prtendait pourtant conti-| nuer servilement la tradition.Mais ces lueurs nouvelles ont t rares.En constater et en dater prcisment l'apparition, c'est un travail mritoire; mais ce n'est pas _ celui qui m'a tent.Re. _ Ce terrain est, d'ailleurs, trs mal dfrich.Les recherches n'y sauraient tre bien conduites, pour chaque ordre de connaissances, qne par des spcialistes ; et il ne EE s'en est gure rencontr jusqu' prsent qui aient eu la J patience de dpouiller mthodiquement le fatras des crits scientifiques ou pseudo-scientifiques en latin du #4.Voir, par exemple, Th.Gomperz, Les penseurs de la Grce (tr. A. Reymond), t.III (Paris, 1910), ch.xr et sui.VIIT LA CONNAISSANCE DE LA NATURE AU MOYEN AGE moyen ge afin d'y relever des indices de rflexion personnelle ou de trouvailles positives'.La nomenclature mme et l'histoire littraire de ces crits, par o il est clair qu'il aurait fallu commencer, n'existe encore ni pour l'alchimie ni pour l'astrologie?; on est peine plus avanc pour la botanique * et la mdecine *.Bref, dans l'tat actuel des choses, l'histoire des progrs scienfiques au moyen ge, qui, en tout tat de cause, ne saurait tre expose d'ensemble , n'est pas possible.Mais telle n'est pas encore la raison principale qui nous invite laisser de ct l'histoire proprement dite de la science, et ses sources.Cette histoire serait-elle acheve que l'utilit d'en connatre les curiosits resterait trs mdiocre pour notre objet.Car, d'une part, les spculations originales de quelques penseurs isols, en avance sur leur temps, et les dcouvertes techniques qui ne 1. Il n'y a gure, en France, que deux savants de profession qui se soient appliqus avec zle ces recherches rtrospectives : M. Berthelot dans la dernire gnration et P. Duhem dans la ntre.Les tudes de M. Berthelot ont port sur l'histoire de la Chimie.Celles de P. Duhem (tudes sur Lonard de Vinci ; ceuz qu'il a lus.Paris, 1906) ont trait l'histoire de la Physique.2. On peut juger de l'tat des tudes relatives l'Astrologie
Art · Humanities · Historical and Literary Studies · Philosophy
| Citations per year | 0.02 |
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| Citation span | 1981 - 1981 (1) |
| Highly cited | No |