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Histoire naturelle du Jorat et de ses environs

Et celle des trois lacs de Neufchatel, Morat et Bienne : précédées d'un essai sur le climat, les productions, le commerce, les animaux de la partie du Pays de Vaud ou de la Suisse Romande, qui entre d par G. de Razoumowsky.

Bibliographic Data

ID23549130
AuthorsGrigorii Razumovskii (corresponding author), Tippmann Collection
Year1789
Publication date1789-01-01
Open AccessNo
TypeBOOK
PublisherJ. Mourer (PUBLISHER)
DOI10.5962/bhl.title.37043
OpenAlexW4206319021
LanguageFR

Un peu plus de calme & de tranquil-!îité , de nouvelles coiiries que je n'avois encore pu faire, des èbiervatidiis & des découvertes échappées dans iih tems , où j'étois diftrait des foins qu'exige la compofition par des idées d'un genre bien différent, m'ont mis enfin à ce que je crois à même, d'ajouter à mon Ouvi-agè le degré de jierfedion qui lui manquoit & même d'en former un corps d'ou- virage tout à fait nouveau, & totalement différent poui: le iiombre des faits, l'ex- pôfition de ces faits , & les théories qiii en découlent , de celui que je préfentai à la Société des Sciences Fhyfiques.Je n'avois d'abord longé à oifrir aii Public , qu^uil enfemble d'ôbfervàtions uiiiquetnènt relatives à la Minéralogie 6c à la Cofmolôgie de cette contrée.Maiis Effais que je n'eulfe vu qu'avec la plus grande peine imprimés tels qu'ils étoient dans le Volume qu'elle va incelfammenc putîlier, & elle a bien Voulu y fubftitaer un Mémoire Minéralogique de à/..S^nrue.A cette époque, la Préface qu'on lit ici étoit compofée depuis long-tems, & je n'ai pas cru y devoir rien changer. VIIIAU LECTEUR je te Tavouerai cher Leâeur, cette dU verfité de méthodes dans un même ou- vrage , eût préienté une forte de bigarrure qui répugnoit à mon efprit & qui peut-être eût déplu au tien.Cependant en me conformant comme je viens de le dire au fyftême de Linné , je n'ai pas prétendu m'en tenir unique- ment à une nomenclature fèche & ftérile , qui feule eft d'une foibîe utiHté pour la fcience & fur-tout pour le Philofophe ; mon but j'en conviens ingénuement, a moins été de faire connoitre les animaux de ce Pays , de donner une notice fans intérêt de ceux qui étaient parvenus à ma connoiiïance, que d'intérelfer par les détails , d'a'guillonner la curiofité & l'adivité de ceux, qui dans le Pays que j'habite encore , mais que je vais quitter , pourroient en cultivant avec fuccès cette partie eipérer d'étendre nos connoiffances.C'ell: dans ce deffein qu'en tête de chaque Seêlion de ma première Partie ou au commencement de chaque claffe, même de quelques genres , j'ai placé un court çxjjQfç dçs caractères de ces clafles ou BENEVOLE.ix de ces genres , fouvent mêlé de quelques réflexions philofbphiques ; c'eft dans ce deiïein encore , qu'à la fynonimie de plufieurs efpèces fur lefquelles il exifte des doutes ou des erreurs, j'ai joint les difcuflions qui m'ont paru néceflaires ; & fi dans ces difcuffions j'ai combattu les opinions de quelques hommes juftement célèbres , je les prie de croire que le fiel de l'humeur n'a point conduit ma plume; je les prie de croire que l'amour de la vérité qui m'a guidé comme eux, ne fut jamais empoifonné par le delîr inconcevable de contredire & de blâmer les hommes fupérieurs , dont je reconnois avec plaifir la fupériorité.C'efl: à ce deffein enfin , qu'à la fuite de la fynonimie & des phrafes defcriptives des efpèces non fuflSfamment décrites ou peu connues , ou même entièrement nouvelles , nous avons placé des defcriptions auflî détaillées , auffi claires que nous l'avons pu.Après cet expofé juftificatif du plan de cet Ouvrage , il ne me relie plus , cherLedeur , qu'à toucher encore un mot des moyens employés à fon exécution , X AU LECTEUR & des reflfources que j'ai eu pour fa confedion.Quant aux premiers , ils font les mêmes que ceux propres à tout ouvrage du même genre, fait par un étranger, qui s'il a pu acquérir quelques lumières par fes propres foins , a fouvent dû s'en rapporter aux rapports d'autrui : l'obfervation , les informations & les recherches de pure érudition.Le foin que j'ai apporté,, tant dans les informations que j'ai été obligé de prendre que dans les recherches faites par moi-même , m'affurent que fi mon travail n'eft pas auffi complet que je le délîrerois , il fera du moins auffi exad qu'on peut le fouhaiter, peut-être même à bien des égards reftera- t-il peu de chofe à faire; la portion du Pays de Vaud dont j'ai à traiter formant une contrée dont l'étendue eft affez bornée, & le nombre des faits & des efpèces que cette enceinte renferme, étant fans doute circonfcrit dans les mêmes limites; déjà cher Ledeur, je t'offre ici plus de cinq cent efpèces; heureux fi ce petit nombre que j'ai pu raffembler , peut après moi en engager d'autres à l'augmenter !BÉNÉVOLE.XI Qiiant aux reflburces qui m'étoient offertes pour mon travail, incomplettes en tout genre , elles n'ont pu fans doutç donner lieu qu'à un ouvrage imparfait.Peu de Bibliothèques & des Bibliothèques peu nombreufes ( a ) ; un petit nombrç de Cabinets & de Colledions d'Hiftoire Naturelle peu fournies (^)j les homme?les plus inftruits fur les objets les plus importants à favoir, occupés ailleurs ou difperfés par les circonftances (c); la (n) LMcadémie & la Société Littéraire polfèdcnt à Laufanne des Bibliothèques ouvertes plusieurs fois la femaine au Public, & je leur dois en mon particulier l'hommage dç ma gratitude pour les fecours que j'en ai tiré. (Z») M. Defruines , ci-devant Colonel au Service de Hollande , poffède à Laufanne une çolledion intérelfante d'oifeaux & d'autres pbjets d'Hiftoire Naturelle.(c) Je dois ici à la vérité l'hommage dç dire combien la Ville de Laufanne, combien le Corps Littéiiire , à la formation duquel il a fi efficacement contribué, ont perdu dans la perfonne de M. Je Dodeur Verdeil, qui 3 cç qu'on m'affure ne revient plus en Suiîîe.XII AU LECTEUR plupart des livres que j'ai pu confulter je les poffede ou ai été obligé de me les procurer ; mais la fortune entière de l'homnie , joignant la plus grande richeflTe à la plus parfaite ftabilité de fes deftinées , ne fuflit plus aujourd'hui pour acheter tous les ouvrages , même les bons ouvrages qui paroiiï'ent ou qui ont paru.Ainlî , privés de ces avantages inappré- ciables que Ton ne trouve que dans les grandes Cités, les Villes Souveraines ou les vaftes fanduaires Académiques , nous avons été obligé de nous traîner en tâtonnant par nous-même , & prefque lans iecours , fur ce fol encore mobile en changeant , fur ces édifices encore non confolidés , qui vu le nombre des bons efprits dont ce Pays abonde , n'attendent à cet effet que la main du tems.Je ne ferai point ici à l'exemple de tant d'autres Auteurs , l'énumération pompeufe des Ouvrages que j'ai été obligé de confulter ou de citer; & li l'érudition peut importer à quelqu'un lorfqu'il s'agit de faits & d'obfervations , plus que de Hijloire nattirelte difFérens temps , & cependant tout ce qui con- cerne ce pays (& fur-tout fon hiftoire na- turelle) ett à peine connu.-On conçoit qu'une vallée riante & finueufe, qui confine à des monts couverts de verdure & de bois, à des rochers pelés & brùlans , à ces mon- tagnes de neiges & de glaces qui réfléchiiTent les aquilons & le froid , doit receler dans fon fein une variété de produdions bien intéref- fante , & ces productions Ibnt prefque igno- rées.-Nous allons eflàyer de les faire connoitre , & nous nous flattons que les hommes inftruitsdu Pays-de-Vaud voudront bien nous pardonner de leur avoir enlevé un foin , que fans doute ils euffent déjà pris eux-mêmes fî les fcicnces & les lettres étoient plus cultivées chez eux.EtentUie §. 2. Tout le pays que nous allons décrire & htuation ç{^renfermé environ entre les 46°21', & quedu Pays 46°f 8 à f9 minutes de latitude feptentriodont on nalc , & environ entre le 4°12' & les 4°4 0 S'i^,,-!-^"^m inutes de longitude orientale à compter CGC OllVra-/Il T • ^c 1 i* T'' ge.du méridien de Fans , de iorte que la ditie- rence entre ces deux points n'eft environ que de 29 minutes en latitude &; de 28 ou même moins en longitude.Si Ton ne confidéroit donc cette partie du Pays-de-Vaud que rela- tivement à fon étendue & fa fîtuation géo- graphique, on auroit fuis doute droit de con- clure que la température de fair, les influen- ces des faifons & leurs fuccefîîons , y doi- vent être à peu près par -tout les mêmes, & que par conféquent le climat doit y être pàr-todt doux & les productions celles des du Jorat &' de fes environs &'c. 5 pays tempérés.Mais Ci la nature n'a pas placé les diverfes portions de ce petit pays Tous des latitudes diverfes, elle en a varié les expufitions à l'infini , elle Ta environné de hautes montagnes , elle lui a donné des vallées plus ou moins profondes , des bois épais, de grandes maifes d'eaux, des collines élevées qui tantôt en défendent l'entrée aux frimats glacés du Nord , & tantôt les laillcnt circuler librement , qui tantôt interceptent les rayons brûlans du Midi , Se tantôt les concentrent & les réfléchiifent avec plus d'é- nergie.Aulïï de ces divers accidens naturels, de toutes ces circonftances locales, il réfulte nécelfairement que dans un efpace peu con- fidérable, il exifte cependant une variété de climats très-grande.Mais ceci demande de plus grands détails.§. 5. Le climat de ce pays & fur-tout du Du climat Jorat, dans les environs des lacs, dans les '^^«^'^r^ys* plaines riantes & abritées femées qà & là , le long des pentes & des coteaux qui regardent le midi , effc fort chaud ; la végétation y eft belle & hâtive i les produdions en plu- fieurs endroits celles des co-ntrées fortunées fituées fous les latitudes les plus propices.Aux environs de Laufanne & de Genève par exemple , où l'on eft garanti des vents du Nord par les parties élevées du Jorat & le Jura , &: où les rayons du foleil font réfléchis par les eaux du lac & les rochers de Savoye , la chaleur eft telle , que les chàtaigners , novers , maronniers d'Inde , même le peuplier A 2 ^Hijîoire naturelle dltalie ( a^&c.y viennent très-bien ; le plus ordinairement (b)^" le froment y épie & j fleurit au commencement de Juin & on le 3 coupe au milieu de Juillet.Le feigle monte , en tuyaux en Avril, épie à la fin du même mois ou au commencement de May, fleurit j à la fin de May, & on le coupe à la fin de 5 Juillet.Les avoines épient au milieu de 5 Juin , & on les coupe immédiatement après j les bleds à la fin de Juillet.La vigne comj mence à pouffer & à pleurer à la fin de ,3 Février i elle eft en pleine fleur au milieu de Juin, & on vendange ordinairement au commencement d'Odobre.Les prés ver- diiîènt à la fin de Février ou au commencement de Mars ; on en fauche l'herbe les premiers jours de Juin , & le regain à la mi- Août.Près de Laufanne même on obferve '8 Hlftolre naturelle doit s'attendre à de femblables retours de froids.§. 7. Les faifons les plus faines & les plus uniformes dans ce pays comme par-tout ail- leur* , font l'été & rhy ver.Le printems & l'automne font fouvent très-pluvieux, ik par fois la pluye y tombe avec une abondance telle qu'on n'en a aucune idée dans les pays de plaine.C'eft ainfi que nous avons vus dans les premiers jours de Juin 1787, après une pareille pluye de moins d'une heure de durée, un fentier où nous avions palfé peu de moments auparavant & qui communément eft à fec, rempli jufqu'à la hauteur de près d'un pied d'eau qui çouroit avec la rapidité d'im torrent , entraînant avec elle tout ce qui fe trou voit le long de fon cours j plufieurs ravins offroient le même fpedacle , & des plaines entières en étoient couvertes au point d'olfrir l'afpecl d'un grand lac & de dérober $ à la vue les routes & les chemins dont elles étoient coupées, Prodiio §_ 8_ D'après ce qui a été dit ci-deifus , on r°y^! " s'attend fans doute que le bois , cette utile Bois,& importante production de la nature , ne doit point manquçr au Pays de-Vaud j elle y abonde.On en trouve en général dans tout l'intérieur du pays & de diiFérentcs ef.peces i celui qu'il produit le plus communé-'.ment cependant , parce que c'eft celui auquel fon fol ingrat convient le mieux , eft le piii & le fapin Pinits fyhejhis ^pimis picea Limi.dont il y a des forêts très-confidérables , telles 5 que celles de Mcurand , Aifens , aux du Jorat ^de fes environs ^e. 9 environs de Sainte Catherine , entre l'abbaye de Montheron & Froideville, près de Mou- don, les bois d'Oron &c.&c.On y trouve auffi nombre

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