Le financement des infrastructures énergétiques en France au xix e siècle
Retour sur les investissements houillers (bassin du Pas-de-Calais, 1850-1914)
Bibliographic Data
| ID | 4130512 |
|---|---|
| Authors | Jean-Luc Mastin (0000-0001-7153-8500, Centre National de la Recherche Scientifique, corresponding author) |
| Year | 2018 |
| Volume | 420 |
| Issue | 2 |
| Pages | 315-356 |
| Publication date | 2018-02-19 |
| Open Access | No |
| Type | ARTICLE |
| Venue | Revue du Nord (JOURNAL) |
| Journal identifiers | ISSN: 0035-2624 • E-ISSN: 2271-7005 |
| Publisher | CAIRN (PUBLISHER) |
| DOI | 10.3917/rdn.420.0315 |
| OpenAlex | W2789738595 |
| Language | FR |
Appliquée ici au bassin houiller du Pas-de-Calais (le plus productif de France après 1877), une méthode permet de renouveler l'étude du financement des infrastructures énergétiques en France, en croisant trois approches : la quantification des investissements sur la longue durée ; l'analyse des réseaux d'investisseurs ; l'analyse micro-économique comparée de deux compagnies houillères incarnant deux modèles de financement différents. L'exploitation sérielle des dossiers de redevance (ou « états d'exploitation »), conservés aux Archives Nationales (série F 14 ), et des bilans des quatre plus grands charbonnages (Lens, Béthune, Bruay, Nœux), permet de chiffrer les « dépenses de premier établissement » (DPE) annuelles (flux) et cumulées (stocks), et de les mettre en rapport avec l'extraction. Elle révèle que les investissements des compagnies du Pas-de-Calais (notamment Lens, contrôlée par les « grandes familles » de Lille, Roubaix, Tourcoing) sont très supérieurs à ceux des compagnies du Nord (notamment Anzin, contrôlée par les capitaux parisiens). Et, parmi elles, Lens l'emporte sur Béthune, qui échappe, du moins à ses débuts, à la place lilloise. Les réseaux d'investisseurs de Lens sont remarquablement stables : ce sont les « grandes familles » du textile et du sucre de la région lilloise. En revanche, le réseau fondateur de Béthune (groupe Boittelle, banquiers de Cambrai) s'efface au profit de nouveaux réseaux, concurrents, venus de Lille et de Paris. Or, à ces deux places correspondent deux modèles de financement opposés : à Lens sont appliquées les méthodes du capitalisme familial du Nord, tandis qu'à Béthune, le financement est étroitement dépendant des marchés boursiers. Mais c'est Lens qui présente les meilleurs résultats financiers et boursiers, ce qui tend à montrer que les « grandes familles » de la région lilloise ont joué un rôle d'investisseur de long terme dans les infrastructures charbonnières en France
Art · Geography · Humanities · Political science · French Urban and Social Studies · Historical Economic and Social Studies · Historical Studies and Socio-cultural Analysis
| Highly cited | No |
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