Y a-t-il un cadavre dans la tombe
Paroles d’archéologues
Bibliographic Data
| ID | 4462576 |
|---|---|
| Authors | Lola Bonnabel (Institut national de recherches archéologiques préventives), Anne Richier (0000-0003-2266-3510, Institut national de recherches archéologiques préventives) |
| Year | 2013 |
| Volume | 60 |
| Issue | 60 |
| Pages | 74-91 |
| Publication date | 2013-06-19 |
| Peer Reviewed | Yes |
| Open Access | Yes |
| Type | ARTICLE |
| Venue | Techniques & culture (JOURNAL) |
| Journal identifiers | ISSN: 0248-6016 • E-ISSN: 1952-420X |
| Publisher | OpenEdition (PUBLISHER) |
| DOI | 10.4000/tc.6876 |
| OpenAlex | W293689108 |
| Language | FR |
| Citations received | 2 |
| References cited | 5 |
Les archéologues du funéraire fouillent et étudient des centaines voire des milliers de squelettes dans leur carrière. Pour autant, même si les parties organiques disparues font partie du discours de recomposition des dépôts initiaux, les cadavres peinent à apparaître dans l’imaginaire des professionnels. Ces derniers ont été interrogés, en partant d’un récit de vie, sur la présence, au moins intellectuelle, du cadavre et du ressenti face à lui, tout en suivant la chaîne opératoire de la discipline.À chacune des étapes de terrain (diagnostic, fouille, enregistrement, prélèvement), le cadavre est assez peu présent dans les esprits. Lors de la phase de détection et de reconnaissance des sites, appelée diagnostic, c’est le souci de respect qui est prégnant, à des fins scientifiques, éventuellement morales. Morceler, éparpiller (un individu, un site funéraire), extraire d’un tout qui ne sera pas forcément fouillé, pose problème à chacun et interroge la notion d’intégrité. Lors de la fouille, de ce long « corps à corps » entre squelette et fouilleur, peut naître un échange, un dialogue, qui contribue à redonner au squelette ses parties molles disparues. L’apparition du cadavre s’inscrirait donc pour certains dans le temps partagé, le temps passé sur la tombe, le temps passé sur l’espace funéraire. Mais dans la majorité des cas, l’image qui se crée renvoie plus au vivant qu’au cadavre. Les étapes postérieures au travail de terrain (lavage, étude, restitution, expérimentation) semblent plus propices à l’émergence du cadavre, mais le ressenti prend alors le pas sur la nécessaire distance scientifique. Avec le cadavre apparaissent dans les discours les termes de gêne, dégoût, traumatisme...Le cadavre est donc assez peu présent dans les esprits des archéologues travaillant sur les pratiques mortuaires. Plus qu’une archéologie de la mort, c’est une archéologie de la vie qui est triomphante, voire une archéologie de l’amour puisqu’une tombe est – aussi – le reflet de l’attachement des vivants
Art · Humanities · Death, Funerary Practices, and Mourning · Forensic Entomology and Diptera Studies · Paleopathology and ancient diseases
| Unique citing works | 2 |
|---|---|
| Citations per year | 0,15 |
| Citation span | 2013 - 2021 (9) |
| Citation velocity | historical |
| Highly cited | No |
| Citation types | Neutral: 1 |