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Participation juvénile aux violences politiques nigérianes

Bibliographic Data

ID6054418
AuthorsGuy Nicolas (Institut National des Langues et Civilisations Orientales, corresponding author)
Year1995
Volume18
Issue18
Publication date1995-07-15
Open AccessYes
TypeARTICLE
VenueCultures & conflits/Cultures et conflits (JOURNAL)
Journal identifiersISSN: 1157-996X • E-ISSN: 1777-5345
PublisherOpenEdition (PUBLISHER)
DOI10.4000/conflits.453
OpenAlexW2006227293
LanguageFR
References cited4

On constate aujourd'hui le développement d’une violence juvénile qui modifie sensiblement l’image même de l’enfance et de l’adolescence. A la figure de l’enfant victime absolue, dont les violences subies suscitent l’émotion universelle, se substitue ou se juxtapose celle de l’enfant bourreau. La première, illustrée par la photo de l’enfant « biafrais » famélique victime d’un génocide diffusée dans le monde entier à l’époque de la guerre civile, suscite périodiquement des solidarités compassionnelles, notamment contre les forces de l’ordre ou les criminels coupables d’infanticide. Mais elle est en partie ternie par d’autres images où l’enfant armé se livre à des violences tout aussi inadmissibles. Au Nigeria, les jeunes sont loin de constituer un corps cohérent à tous les niveaux. Ils se redistribuent en effet sur la base des différentes polarisations identitaires communautaristes centrifuges qui sollicitent tous les citoyens du pays, ce qui les conduit à s’affronter entre eux, et à se fondre dans la masse des citoyens ou de leurs communautés spécifiques. Dans la plupart des cas, les mobilisations communautaristes s'effectuent sous la forme de mouvements de foule spontanés, liés à des situations réactionnelles imprévues. Ces situations attirent en général les enfants et les adolescents, qui s’infiltrent parmi les protagonistes et prennent part aux confrontations. En d’autres cas, ce sont des organisations juvéniles qui prennent l’initiative de déclencher les confrontations, notamment avec les forces de l’ordre, suscitant ensuite des réactions de solidarité de la part des adultes. Parfois également, les agitateurs s'efforcent d’interposer des enfants entre eux et les forces de l’ordre. Beaucoup d’enfants jouent également un rôle marginal mais efficace dans les mouvements de rue. Ils jouent un rôle décisif, en liaison avec les activistes étudiants, dans le cas de manifestations de rues motivées par des décisions économiques ou politiques jugées intolérables. Ils sont au premier rang des pogroms hybrides à caractère xénophobe opposant des autochtones et des immigrés, à tous les niveaux de la constellation fédérale du pays, sur la base d’oppositions régionales, ethniques, confessionnelles, historico-communautaires. Les organisations activistes étudiantes jouent un rôle décisif dans les mouvements contestataires. Les organisations confessionnelles utilisent également fréquemment les enfants à des fins provocatrices

Art · Humanities · Political science · Multiculturalism, Politics, Migration, Gender

  • African Revolutionary

    Bernard C Borning, Alan Feinstein•The Western Political Quarterly•1974

  • Le Nigeria Contemporain

    William D Graf, William Graf et al.•The International Journal of…•1987

  • Recompositions sacrificielles au Nigeria contemporain

    Open Access•Guy Nicolas•European Journal of Sociology•1991

Highly citedNo

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