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Musicologie et Occupation

Science, musique et politique dans la France des « années noires » by Sara Iglesias

Bibliographic Data

ID6066508
AuthorsMarie-Hélène Benoit-Otis (corresponding author)
Year2016
Volume49
Issue98
Pages209-211
Publication date2016-01-01
Open AccessNo
TypeARTICLE
VenueHistoire sociale (JOURNAL)
Journal identifiersISSN: 0018-2257 • E-ISSN: 1918-6576
PublisherProject MUSE (PUBLISHER • US)
DOI10.1353/his.2016.0011
OpenAlexW2471283538
LanguageEN

Reviewed by: Musicologie et Occupation : Science, musique et politique dans la France des « années noires » by Sara Iglesias Marie-Hélène Benoit-Otis Iglesias, Sara– Musicologie et Occupation : Science, musique et politique dans la France des « années noires ». Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2014, 454 p. L’ouvrage de Sara Iglesias, Musicologie et Occupation : Science, musique et politique dans la France des « années noires », apporte une contribution majeure à l’étude de la vie musicale française sous l’Occupation. Ce champ de recherche encore nouveau, qui a donné lieu ces dernières années à plusieurs publications importantes (sous la plume d’auteurs comme Myriam Chimènes, Yannick Simon, Leslie Sprout et Karine Le Bail), n’avait pas encore produit d’étude extensive et systématique des intersections entre musicologie et politique en France sous le régime de Vichy. Avec cette monographie issue d’une exceptionnelle thèse de doctorat complétée en 2011 à la Humboldt Universität zu Berlin et à l’École des hautes études en sciences sociales de Paris, Sara Iglesias vient brillamment combler cette lacune en livrant un volume qui ne manquera pas de devenir un ouvrage de référence en raison non seulement des analyses aussi nouvelles que fascinantes qu’il rassemble, mais aussi de la méthodologie exemplaire qu’il adopte. Pour écrire sa « microhistoire de la musicologie française » (p. 30), l’auteure ne s’est en effet pas contentée d’étudier les textes, acteurs et institutions qui ont marqué la discipline pendant les quatre années de l’Occupation : elle a accompli cette démarche – déjà innovatrice en elle-même – dans le cadre d’une riche approche heuristique relevant à la fois de la musicologie, de l’histoire sociale et de l’herméneutique, « faisant parler » avec une égale éloquence des sources de natures très diverses (archives administratives, lettres et documents privés, articles de périodiques, publications musicologiques de la période, etc.). Et surtout, elle l’a fait en croisant systématiquement sources françaises et sources allemandes, stratégie extrêmement fructueuse et encore trop rare dans un champ de recherche marqué jusqu’à maintenant par un intérêt quasi exclusif pour les seules sources [End Page 209] françaises (à l’exception notable des travaux de Karine Le Bail et surtout de Manuela Schwartz, qui avaient déjà démontré la pertinence de documenter l’Occupation à partir des archives de l’Occupant lui-même). Iglesias inscrit cette démarche, qu’elle est la première à appliquer à une aussi grande échelle, dans un temps long – de la Première Guerre mondiale aux années d’après-guerre – qui permet de faire ressortir aussi bien les ruptures que la « fausse continuité » (p. 368) qui marquent cette période troublée de l’histoire de la musicologie en France. Il en ressort une image particulièrement complète et équilibrée de la musicologie française des « années noires », présentée en quatre grandes parties réunissant en tout onze chapitres. La première, « La musicologie et ses publications : Entre autonomie et hétéronomie » (quatre chapitres, p. 37-110), livre une analyse intrinsèque de la musicologie française, de ses écrits et de ses discours entre 1940 et 1944; la deuxième, « La musique au service de la nation » (trois chapitres, p. 111-224), étudie les liens entre la musicologie française et le régime de Vichy; la troisième, « Présences allemandes » (trois chapitres, p. 225-338), aborde l’impact des politiques d’occupation allemandes sur les activités et les publications des musicologues français; et la quatrième, « Épilogue » (p. 339-366), explore les suites de l’Occupation à travers l’épuration (très clémente) des musicologues français, en un seul chapitre éloquemment intitulé « Chasser les ombres ». Au terme de ces quatre sections, la conclusion résume très efficacement les enjeux de ces « Politiques de l’apolitique » (p. 367-375) dont l’explicitation constitue le cœur de l’ensemble de l’ouvrage. Aux antipodes de toute « logique vaine d’accusation ou d’apologie » (p. 14

Art · Humanities · Cultural Identity and Heritage · French Historical and Cultural Studies · Historical Studies and Socio-cultural Analysis

Highly citedNo

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