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Histoire du taxi à Montréal. Des taxis jaunes à UberX by Jean-Philippe Warren

Bibliographic Data

ID6066615
AuthorsHarold Bérubé (corresponding author)
Year2021
Volume54
Issue112
Pages675-677
Publication date2021-01-01
Open AccessNo
TypeARTICLE
VenueHistoire sociale (JOURNAL)
Journal identifiersISSN: 0018-2257 • E-ISSN: 1918-6576
PublisherProject MUSE (PUBLISHER • US)
DOI10.1353/his.2021.0067
OpenAlexW4205520900
LanguageFR

Reviewed by: Histoire du taxi à Montréal. Des taxis jaunes à UberX by Jean-Philippe Warren Harold Bérubé Warren, Jean-Philippe – Histoire du taxi à Montréal. Des taxis jaunes à UberX. Montréal, Boréal, 2020, 432 p. Auteur aussi prolifique que polyvalent — ses trois derniers ouvrages traitent, après tout, des Autochtones et du colonialisme (avec Denys Delâge), de la contre-culture au Québec (avec Andrée Fortin) et de la vie d’Honoré Beaugrand —, Jean-Philippe Warren nous propose ici une histoire du taxi à Montréal, de ses origines à nos jours. Comme il le souligne dès le départ, c’est la première monographie consacrée à ce sujet et elle s’inscrit dans une historiographie tout de même assez circonscrite à l’échelle nord-américaine. Cela a de quoi surprendre. Y a-t-il plus omniprésent, dans les rues de toute grande ville moderne, que ces véhicules généralement bien identifiés qui jouent un rôle central dans l’offre de transport en milieu urbain ? De plus, comme objet de recherche, l’univers du taxi permet de toucher à une grande variété de sujets, et c’est un potentiel que Warren exploite bien dans cet ouvrage. Au fil de ses 400 pages, le lecteur sera en mesure d’y suivre au moins cinq trames distinctes : ce qu’on pourrait appeler l’histoire urbaine du taxi et de sa contribution au fonctionnement de la ville comme écosystème ; l’histoire institutionnelle de ce secteur de l’économie, avec ses regroupements, ses associations et ses structures changeantes ; son histoire politique et économique, avec ses problèmes récurrents et les efforts qui sont faits (et défaits) pour leur trouver une solution ; l’histoire du taxi comme métier, avec un examen détaillé des outils et des stratégies à la disposition des chauffeurs d’une époque à l’autre ; enfin, une histoire sociale et culturelle des chauffeurs, portant à la fois sur la composition et les caractéristiques de ce groupe, mais aussi sur leur manière d’appréhender et d’exercer leur métier. Les dix chapitres de l’ouvrage couvrent un peu plus d’un siècle et chacun met l’accent sur différents aspects de l’histoire complexe de l’industrie du taxi. Dans une section, Warren examine par exemple l’utilisation et le fonctionnement du taximètre — l’appareil qui distingue et donne son nom au taxi —, alors que dans une autre il propose une réflexion presque anthropologique sur la sous-culture qui prend forme au sein de la communauté des chauffeurs, sans parler des pages consacrées aux efforts déployés par les acteurs politiques, surtout aux paliers municipal et provincial, pour mieux comprendre l’univers du taxi et l’encadrer à travers différents règlements et diverses lois. Cette grande variété de sujets repose sur une variété aussi grande de sources. L’auteur met ainsi à contribution les journaux, la législation [End Page 675] relative à l’industrie, les enquêtes des différentes commissions mises sur pied pour l’ausculter et trouver des pistes de solution aux problèmes qui l’accablent, divers témoignages laissés derrière par des chauffeurs (incluant une pièce de théâtre), une vingtaine d’entrevues menées avec des chauffeuses et chauffeurs, ainsi que des études datant de différentes époques et de villes distinctes permettant de bien situer le cas montréalais à l’échelle du Canada, et plus largement, à l’échelle nordaméricaine. Le portrait de l’histoire du taxi à Montréal qui se dégage de cet ensemble est parfois un peu déprimant, mais toujours extrêmement intéressant. L’ouvrage se penche d’abord sur l’introduction visiblement très attendue par les journalistes du taxi à Montréal en 1910, introduction que l’on conçoit comme un signe de modernité et de progrès pour la métropole. La première grande entreprise de taxi montréalaise, la Yellow Cab Company, s’impose rapidement à une époque où ce moyen de transport est d’abord associé aux classes aisées. Malgré la présence de chauffeurs indépendants

Art · Humanities · Diverse Cultural and Historical Studies · French Urban and Social Studies · Historical Studies and Socio-cultural Analysis

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