Le moi dans le bouddhisme japonais
Bibliographic Data
| ID | 6142364 |
|---|---|
| Authors | Frédéric Girard (corresponding author) |
| Year | 1994 |
| Volume | 6 |
| Issue | 1 |
| Pages | 97-124 |
| Publication date | 1994-01-01 |
| Peer Reviewed | Yes |
| Open Access | Yes |
| Type | ARTICLE |
| Venue | Ebisu (JOURNAL) |
| Journal identifiers | ISSN: 1340-3656 • E-ISSN: 2189-1893 |
| Publisher | PERSEE Program (PUBLISHER) |
| DOI | 10.3406/ebisu.1994.1588 |
| OpenAlex | W2047269447 |
| Language | FR |
Le but du présent article est de montrer ne quels termes se pose le problème du moi dans la pensée japonaise. Il n'existe pas à proprement parler de notion abstraite et neutre de moi ni de terme servant à la désigner dans la langue japonaise. On a fait appel, quand on a eu à rendre ce concept, à des termes qui sont, en substance, issue de la tradition bouddhique — ga et jiga dans l'ensemble des écoles bouddhiques, et jiko plus spécifiquement dans les écoles Zen — . Toutefois, ces notions du moi dans le bouddhisme japonais ont un import et des connotations sans commune mesure avec celle du moi dans notre tradition philosophique. A travers une enquête procédant par coups de sonde parmi des textes représentatifs du bouddhisme japonais, on a cherché à mettre en évidence la touche propre de celui-ci en ce cjui concerne la notion du moi. Il l'analyse en plusieurs strates : l'ego limité, qu'il soit individuel ou social ; le non-moi, qui "évacue" le premier dans ce qu'il aurait d'égocentrique ou de réifié ; enfin la conscience profonde qui, tout en restant en elle-même, est capable de faire jouer au seconde degré une persona tournée vers l'extérieur. Bien qu'on réduise assez souvent cette position au deuxième stade de l'analyse, celui négatif du non-moi, c'est le troisième, celui du "vrai moi", qui en constitue le terme, car c'est bien, en effet, la quête d'un soi parachevé, qui est au centre des préoccupations de la pensée bouddhique japonaise, et que, par exemple, un philosophe comme Nishida Kitarô (1870-1945) a mise au centre de sa réflexion qui se situe au confluent de cette pensée et de celle de l'Occident. Cette manière de considérer le moi s'accorde bien à une mentalité qui considère avant tout les choses moins "en soi" qu'en fonction de la situation et de la réalité présentes, au plan du phénoménal. Au lieu d'envisager le moi comme le point de départ absolu de ce qui constitue la personne, cette conception du moi débouche sur un "soi" de caractère transpersonnel. Ni hypostasié ni nié, il est en mesure de se réaliser dans le mouvant de la réalité
Humanities · Philosophy · Philosophy, Sociology, Political Theory · Psychoanalysis and Psychopathology Research
| Citation velocity | historical |
|---|---|
| Highly cited | No |