Exploration de l’association du Noaillien et du Rayssien en Périgord
Étude archéo-stratigraphique et typo-technologique des couches 2 et 3 du gisement des Jambes à Périgueux (Dordogne)
Bibliographic Data
| ID | 6444396 |
|---|---|
| Authors | Anaïs Vignoles (0000-0001-5027-2037, corresponding author) |
| Year | 2025 |
| Volume | 34 |
| Pages | 250-275 |
| Publication date | 2025-01-01 |
| Open Access | Yes |
| Type | ARTICLE |
| Venue | Paléo (JOURNAL) |
| Journal identifiers | ISSN: 1145-3370 • E-ISSN: 2101-0420 |
| Publisher | OpenEdition (PUBLISHER) |
| DOI | 10.4000/1516u |
| OpenAlex | W4415698509 |
| Language | FR |
En France, le Gravettien moyen est caractérisé par deux unités archéologiques lithiques dont les relations chronologiques restent difficiles à appréhender : (1) le Noaillien, défini par la présence de burins de Noailles au sein des séries archéologiques qui lui sont rattachées, et (2) le Rayssien, défini par une méthode de débitage lamellaire dévolue à la production d’éléments d’armatures de chasse : les lamelles de la Picardie. La répartition géographique de ces deux entités se recoupe dans le nord du Bassin aquitain, et depuis leurs découvertes respectives, les hypothèses se sont succédées pour expliquer leur co-occurrence au sein des mêmes ensembles archéologiques dans cette région. Toutefois, peu de sites se prêtent à une analyse diachronique fiable du Gravettien moyen en raison de l’ancienneté des fouilles ou de l’action de processus post-dépositionnels ayant pu affecter l’intégrité des ensembles archéologiques. La séquence la plus fiable de la région reste celle de l’abri Pataud, qui permet de poser l’hypothèse d’une succession – tout du moins partielle – du Noaillien puis du Rayssien. Dans cet article, nous revenons sur un cas de figure classique d’inversion stratigraphique par rapport à la séquence de l’abri Pataud : il s’agit du gisement archéologique des Jambes à Périgueux, fouillé dans les années 1960 par Guy Célérier, dans lequel ce dernier décrit la présence de burins de Noailles dans la couche 2 (supérieure) du site, tandis que les burins du Raysse sont présents à la fois dans la couche 2 (supérieure) et la couche 3 (inférieure). Cette proposition repose néanmoins sur une publication partielle de cette fouille, et plusieurs auteurs ont également soulevé la possible action de processus de versant ayant pu compromettre la validité de cette inversion stratigraphique.Afin de clarifier ce cas de figure, nous avons entrepris la révision archéo-stratigraphique et typo-technologique des couches 2 et 3 du gisement des Jambes. Cette analyse a démontré qu’il est difficile de distinguer différents ensembles archéo-stratigraphiques au sein du gisement, ce qui nous conduit à proposer la présence d’une unique nappe de vestiges probablement affectée de processus caractéristiques des versants. Elle a en outre permis de préciser la place de ce site au sein du Gravettien moyen en apportant une description plus précise des comportements typo-technologiques associés à ses industries lithiques. Ainsi, la présence du Rayssien est clairement attestée, tandis que l’expression du Noaillien y est plus discrète étant donné la quasi-absence de burins de Noailles. Toutefois, l’analyse des modalités de débitages lamino-lamellaires permet de tracer des liens avec d’autres séries à burins de Noailles dans la moitié ouest de la France.L’apport de ces nouvelles données constitue un nouveau pas vers une meilleure connaissance des industries lithiques du Noaillien et du Rayssien en Périgord, et permet de rediscuter des hypothèses de leur possible contemporanéité partielle. Il s’agit par ailleurs d’un excellent exemple de reprise de données anciennes, dont la description bibliographique initiale était incomplète et ne permettait que difficilement d’évaluer la qualité des conclusions archéologiques proposées, compromettant ainsi leur réutilisation dans le cadre d’analyses de plus grande ampleur
| Highly cited | No |
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