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Faire face à l’abondance

Livres De Cuisine Et Prescription Des Habitudes Alimentaires Dans Le Monde Britannique, v. 1790-1837

Bibliographic Data

ID6449644
AuthorsTroy Bickham (0000-0001-6746-6604, corresponding author)
TranslatorsOphélie Siméon (0000-0002-7574-9409)
Year2025
Volume70
Pages25-42
Publication date2025-01-01
Peer ReviewedYes
Open AccessYes
TypeARTICLE
VenueRevue d’histoire du XIXe siècle (JOURNAL)
Journal identifiersISSN: 1265-1354 • E-ISSN: 1777-5329
PublisherOpenEdition (PUBLISHER)
DOI10.4000/14c2e
OpenAlexW4412347058
LanguageFR

Cet article examine comment, dans la Grande-Bretagne des XVIIIe et XIXe siècles, des réformateurs issus des classes aisées ont instrumentalisé la question de l’alimentation pour tenter d’établir des formes d’hégémonie culturelle. Bien que la pénurie et la malnutrition subsistent dans le pays au cours de cette période, les travailleurs pauvres et les classes populaires disposent d'un plus grand choix et d'une plus grande liberté en matière alimentation. Des produits autrefois luxueux tels que le thé et le sucre deviennent des aliments de consommation courante. Dans ce contexte, cet article étudie la manière dont les moralistes issus des classes aisées utilisent la culture imprimée pour promouvoir des modes d'alimentation conformes à des pratiques sociales jugées respectables et très largement idéalisées. Ces pratiques célèbrent la famille nucléaire, établissent un lien entre habitudes alimentaires et identité nationale et chargent les femmes (en particulier les mères) de faire appliquer ces idéaux conformistes. En s'appuyant principalement sur une série de sources imprimées à destination du grand public, et notamment sur les livres de cuisine, cet article montre en quoi un réseau d'hommes et de femmes, pour la plupart de condition moyenne, a redéfini les normes sociales en prescrivant de nouveaux modes de consommation alimentaire. Par exemple, l'universalisme et le caractère communautaire liés à la préparation et à la consommation des aliments en ont fait le moyen privilégié d’une redéfinition des mythes fondateurs nationaux, contribuant ainsi à occulter certaines pages sombres de l’histoire. Le boycott du sucre produit par les esclaves, mouvement qui débute en Grande-Bretagne dans les années 1790 et dure près d’un demi-siècle, illustre parfaitement ce phénomène. Traditionnellement célébrés comme une avancée pour les droits des consommateurs et comme un moment décisif pour l’engagement politique des femmes vis-à-vis de la politique impériale, le boycott est également porteur d’injonctions très strictes concernant la bonne conduite des femmes en société. En ce sens, ces boycotts incarnent plus généralement un idéal domestique conformiste. Cet article entend donc réfuter l’idée selon laquelle le choix et l’abondance alimentaire associés à la Grande-Bretagne du XIXe siècle auraient été socialement libérateurs

Art · Humanities · Culinary Culture and Tourism · Historical Studies and Socio-cultural Analysis

Citation velocityhistorical
Highly citedNo

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