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Border Flows

A Century of the Canadian-American Water Relationship ed. by Lynne Heasley and Daniel Macfarlane

Bibliographic Data

ID7793374
AuthorsBenjamin Furst (0000-0002-5766-2297, corresponding author)
Year2018
Volume51
Issue103
Pages176-178
Publication date2018-01-01
Open AccessNo
TypeARTICLE
VenueHistoire sociale (JOURNAL)
Journal identifiersISSN: 0018-2257 • E-ISSN: 1918-6576
PublisherProject MUSE (PUBLISHER • US)
DOI10.1353/his.2018.0013
OpenAlexW2883069267
LanguageEN

Reviewed by: Border Flows: A Century of the Canadian-American Water Relationship ed. by Lynne Heasley and Daniel Macfarlane Benjamin Furst Heasley, Lynne et Daniel Macfarlane (dir.) — Border Flows: A Century of the Canadian-American Water Relationship. Calgary, University of Calgary Press, 2016, 368 p. « La nature ne connaît pas de frontières. » Cette phrase érigée en proverbe par les militants écologistes et les organismes de conservation part d'un constat : celui de la porosité des frontières politiques et de la complexité des écosystèmes qu'elles traversent. Au croisement de l'histoire environnementale et de l'écologie politique, l'ouvrage dirigé par Lynne Heasley et Daniel Macfarlane s'intéresse aux plus « fluides » de ces espaces, les hydrosystèmes, et à la plus longue de ces frontières, celle entre le Canada et les États-Unis. Huit provinces et territoires canadiens sont ainsi connectés à treize États américains sur plus de 5 000 kilomètres par de nombreux lacs, rivières et bassins versants... et océans. Depuis la fin du XIXe siècle, les évolutions politiques, économiques et environnementales ont ainsi obligé les deux pays à développer des stratégies de gestion de ces espaces de contact particuliers. L'introduction des éditeurs met le sujet en contexte ; elle insiste notamment sur les nombreuses dualités historiographiques qu'il convient de dépasser : l'opposition pénurie/abondance (Ouest/Est, aride/humide) constitue les deux paradigmes de l'histoire de l'eau en Amérique du Nord, mais le contexte frontalier encourage à d'autres narrations tenant compte des spécificités locales et de la complexité des relations homme-milieu. Ouverte par Dave Dempsey, la première partie de l'ouvrage, sans doute la plus technique, permet de poser les enjeux de ces environnements partagés. Les trois contributions invitent à considérer les frontières et l'eau comme des processus qui dépendent de contextes sociaux et naturels particuliers, et non comme des entités réifiées, immuables dans le temps et dans l'espace. La région des Grands Lacs, étudiée par Noel D. Hall et Peter Starr, constitue un cas d'école. Exemple [End Page 176] parfait de gestion d'eaux partagées, elle est la première à faire l'objet de politiques communes (Boundary Water Treaty, 1909). Malgré cette précocité, la collaboration américano-canadienne est un processus dont les modalités juridiques demeurent en constante évolution, dépendant notamment des sciences environnementales. Elle tend, ces dernières années, vers une gestion intégrée tenant compte du milieu et des populations. De fait, comme le relèvent Emma S. Norman et Alice Cohen, les limites administratives et politiques ont conduit à ignorer d'autres découpages de l'espace. Ainsi, sur la côte pacifique, les frontières internationales se superposent aux bassins versants et aux territoires des Salish de la côte (Coast Salish territory), chacune de ces divisions revêtant une dimension politique. Il est donc nécessaire, selon les auteures, de s'affranchir du seul modèle westphalien de la frontière pour tenir compte d'autres limites (alternative boundaries) (p. 82) dans la gouvernance des eaux. Dans les régions arctiques, les enjeux sont similaires mais suivent une chronologie différente : c'est ce que montre Andrea Charron, qui analyse les politiques successives de gestion du passage du Nord-Ouest. Dans cet espace que les États-Unis considèrent comme un passage international alors que le Canada y revendique sa souveraineté, les préoccupations environnementales précèdent l'intérêt économique qui prévaut aujourd'hui. Ce dernier, particulièrement prégnant en raison du changement climatique, s'accompagne néanmoins d'une gestion de plus en plus collective de cet espace stratégique. Car de fait, partager des espaces implique également d'en partager les ressources. La deuxième partie de l'ouvrage, introduite par Matthew Evenden, est consacrée aux enjeux et effets frontaliers et transfrontaliers des grands travaux d'aménagement hydrauliques. Elle met notamment l'accent sur la multiplicité des intérêts qui les motivent et qui dépassent les simples objectifs économiques. Daniel

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