L'enfant chez Euripide
Affectivité Et Dramaturgie
Bibliographic Data
| ID | 7948510 |
|---|---|
| Authors | Michel Menu (0000-0002-5118-5311, corresponding author) |
| Year | 1992 |
| Volume | 38 |
| Issue | 1 |
| Pages | 239-258 |
| Publication date | 1992-01-01 |
| Peer Reviewed | Yes |
| Open Access | Yes |
| Type | ARTICLE |
| Venue | Pallas (JOURNAL) |
| Journal identifiers | ISSN: 0031-0387 • E-ISSN: 2272-7639 |
| Publisher | PERSEE Program (PUBLISHER) |
| DOI | 10.3406/palla.1992.1251 |
| OpenAlex | W2419391751 |
| Language | EN |
| Citations received | 3 |
| References cited | 1 |
Depuis l'ouvrage de H. Devrient paru en 1904, le thème de l'enfance s'inscrit régulièrement parmi les préoccupations des chercheurs. Il est établi qu'Euripide multiplie les figurations d'enfants. Pour qui tente de différencier avec précision leur âge, l'étude du vocabulaire est d'un faible secours. En revanche, il convient d'apprécier le rôle de l'enfant comme celui d'un figurant et non d'un personnage à part entière, qui plus est, d'un figurant muet, à quelques exceptions près d'interventions chantées. Dès lors l'enfant peut-il être réduit à une utilité dramatique et servir de prétexte au développement d'une rhétorique affective ? Le poète vise-t-il à la seule efficacité du pathétique sur l'âme du spectateur grâce à l'acuité de la crise tragique ? L'enfant, apparemment dépourvu de psychologie, est à la fois instrument et objet de la vengeance des adultes (Médée, Hé cube). Il est au centre du chantage exercé par le fort sur le faible (Andromaque). La faiblesse de l'être ainsi bafoué est de surcroît associée à la faiblesse du vieillard et de la femme. On remarquera notamment le rite de la supplication et l'importance que prend la corrélation entre les rôles d'enfants et les rôles de vieillards - chœur ou protagoniste - (Héraclides, Héraclès, Troyennes). Quant à la rhétorique affective (métaphores, beauté du corps, espoirs d'avenir évanouis...), elle remet partiellement en cause le départ traditionnel entre l'épopée et la tragédie, dont les fonctions respectives consistent à raconter et à montrer, car le discours relatif à l'enfant, de facture souvent générale, attachant un intérêt limité à l'enfant pour lui- même, touche plus le spectateur que ce qu'il perçoit des effets dramaturgiques liés à la présence de l'enfant sur la scène. L'homme grec est néanmoins riche de sa double nature d'auditeur et de spectacteur (cf. Ch. Segal). De ce fait la dramaturgie compense aisément l'absence apparente de psychologie notée dans le discours. Elle souligne notamment le jeu tragique du contact physique et de la séparation. La richesse et le renouvellement des situations dramatiques ou des mouvements scéniques contrebalancent le risque de dégradation du discours affectif en topoi. Mais le spectacle constitue-t- il une fin en soi ? Sa signification profonde est d'un autre ordre : le salut ou la mort de l'enfant, le triomphe de la barbarie ou de la civilisation ? Le substrat historique des mythes tragiques n'est jamais absent : l'épisode relaté par Thucydide des enfants massacrés à Mycalessos le rappelle cruellement
Art · Humanities · Ancient Egypt and Archaeology · Archaeology and Historical Studies · Biblical Studies and Interpretation · Philosophy
| Unique citing works | 3 |
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| Citations per year | 0,14 |
| Citation span | 2005 - 2020 (16) |
| Citation velocity | historical |
| Highly cited | No |
| Citation types | Neutral: 3 |