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Offrir un corps alphabétique au dieu Jagannath. Essor d’un mouvement réformateur tribal en contexte pluri-religieux

Bibliographic Data

ID20042472
AuthorsCécile Guillaume-Pey (Center for South Asian Studies, corresponding author)
Year2021
Pages195-230
Publication date2021-01-01
Peer ReviewedYes
Open AccessYes
TypeCHAPTER
VenueLes Hindous, les Autres et l’Ailleurs (SOURCE_BOOK)
PublisherÉditions de l’École des hautes études en sciences sociales (PUBLISHER)
DOI10.4000/15588
OpenAlexW4310141986
ISBN9782713232930
LanguageFR

En Inde, le terme « tribu » désigne des groupes sociaux marginalisés d’un point de vue religieux, politique, économique et linguistique. À l’époque coloniale, la catégorie « tribu » s’est en partie construite en opposition à celle de « caste » en fonction de critères religieux. Dans les recensements, lesdits « tribaux », par opposition aux castes, hindoues, ont ainsi été qualifiés d’ « animistes ». Si ces groupes se sont dotés depuis d’un terme générique pour s’auto-désigner – celui d’adivasi signifiant « premiers habitants » – ils ont également créé de nouveaux termes pour nommer leurs pratiques religieuses, qui sont loin d’être homogènes et qui font l’objet de perpétuelles réinventions. En dépit de l’influence des missionnaires chrétiens et des pressions exercées par les nationalistes hindous - qui leur dénient le statut d’autochtone et voient en eux des hindous dévoyés -, les Adivasi ont inventé de nombreuses expressions rituelles. Ces formes de ritualité qui constituent pour des groupes marginalisés des alternatives aux grandes religions avec lesquelles ils sont en contact sont abordées ici à travers l’étude d’un mouvement religieux né chez les Sora, un groupe tribal du centre-est de l’Inde. En Odisha, à la fin des années 1930, un instituteur sora fonde le mouvement de Matharvanam, dont les adeptes rendent un culte à un alphabet considéré comme l’incarnation du dieu Jagannath, symbole du pouvoir royal en Odisha durant l’époque médiévale. Les Sora se réapproprient ainsi une divinité majeure du panthéon régional qu’ils estiment que les brahmanes et les rajas leur ont jadis volé. Si les adeptes de Matharvanam se tiennent à l’écart des temples hindous et fondent leurs propres lieux de culte, ils alignent cependant leurs pratiques religieuses sur celles des hautes castes. L’élaboration d’une nouvelle identité religieuse s’effectue dans un dialogue permanent avec la religion dominante, par rapport à laquelle les Sora qui vénèrent Jagannath sous une forme alphabétique cherchent à se définir tout en s’en démarquant. L’article éclaire ainsi la manière dont ces dévots d’une écriture divine redéfinissent les frontières entre soi et l’autre dans un contexte pluri-religieux

Humanities · African Studies and Ethnography · African Studies and Geopolitics · Philosophy · Religion and Sociopolitical Dynamics in Nigeria

Citation velocityhistorical
Highly citedNo

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