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De l’ethnicisation de la nationalité à l’indigénat transnational

Migration, citoyenneté, paix de Trianon

Bibliographic Data

ID21383270
AuthorsGábor Egry (0000-0001-5584-8090, American Institute of Physics, corresponding author)
TranslatorsIldikó Józan
Year2020
Volume52
Issue2
Pages341-363
Publication date2020-01-01
Open AccessNo
TypeARTICLE
VenueRevue d’Allemagne et des pays de langue allemande (JOURNAL)
Journal identifiersISSN: 0035-0974 • E-ISSN: 2605-7913
PublisherOpenEdition (PUBLISHER)
DOI10.4000/allemagne.2433
OpenAlexW3126129199
LanguageFR
Citations received1
References cited2

En Autriche-Hongrie, la citoyenneté ou nationalité était réglée différemment dans chacune des moitiés de la double monarchie, tout en suivant le même principe d’égalité nominale entre les citoyens. Dans la partie autrichienne ou cisleithanienne, la nationalité obéissait à une logique territoriale d’État ; dans l’autre partie, la Transleithanie, elle obéissait à une logique d’assimilation à la nationalité hongroise. Les traités de paix contraignirent les nouveaux États à octroyer la nationalité à ceux qui y avaient le droit de domicile ou indigénat (pertinenza, illetőség, Heimatrecht) à une date-butoir précise. Mais avec le droit d’option, ils promurent aussi l’ethnicisation des citoyennetés puisque chacun pouvait demander et obtenir la citoyenneté du pays où « la majorité de la population [était] composée de personne parlant [sa] langue et ayant [sa] race ». L’option était aussi censée faciliter les migrations entre les États successeurs de la double monarchie, après la première vague spontanée de réfugiés à la fin de 1918.J’analyse ici les liens entre migrations, indigénat et citoyenneté. Alors que les États étaient censés donner la préférence à leurs co-ethniques, leur pratique fut souvent bureaucratique et le processus d’acquisition de la nationalité obéit à une logique étatique plus qu’ethniciste. De leur côté, les individus utilisèrent les trous de la législation et les incertitudes de l’institution de l’indigénat sous l’Empire pour se dégager une marge de manœuvre, souvent en contradiction avec la logique ethniciste des nouvelles règles de naturalisation. Pour conclure, les changements dans la citoyenneté après la Grande Guerre amenèrent un développement inattendu : l’institution de l’indigénat qui, sous l’Empire, donnait à l’individu un statut juridique purement local, devint transnationale, conservant l’ancien espace impérial intact à travers les nouvelles frontières. Passé le délai de l’option, des dizaines de milliers de personnes restèrent membres de la communauté nationale d’autres États sans pouvoir acquérir la citoyenneté de celui où elles vivaient ; les nouveaux États continuèrent à les identifier selon leur indigénat plutôt que leur ethnicité

Art · Humanities · Political science · Cultural Identity and Heritage · European Political History Analysis · Political and Social Issues

  • Nationality and Citizenship

    Open Access•Junior Misi MUNGALA, Misi Mungala•Studia Universitatis Babeș-Bolyai…•2023

  • The ‘Minority Problem’ and National Classification in the French and Czechoslovak Borderlands

    Open Access•Tara Zahra•Contemporary European History•2008

  • The World between Us

    Gábor Egry•East Central Europe•2017

Citations per year0.33
Citation span2023 - 2023 (1)
Highly citedNo

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