« Même lorsqu’elle recule, la rivière avance. » Algérie, le Hirak à l’épreuve de la pandémie de Covid-19
Bibliographic Data
| ID | 21843151 |
|---|---|
| Authors | Atmane Aggoun (corresponding author) |
| Year | 2026 |
| Volume | 35 |
| Publication date | 2026-01-01 |
| Peer Reviewed | Yes |
| Open Access | Yes |
| Type | ARTICLE |
| Venue | L Année du Maghreb (JOURNAL) |
| Journal identifiers | ISSN: 1952-8108 • E-ISSN: 2109-9405 |
| Publisher | OpenEdition (PUBLISHER) |
| DOI | 10.4000/16fhm |
| OpenAlex | W7165149480 |
| Language | FR |
| References cited | 20 |
Le Hirak (de l’arabe ḥirāk signifiant « mouvement ») débute en Algérie en février 2019. Des manifestations hebdomadaires réclament le départ du président Abdelaziz Bouteflika, en poste depuis vingt ans, fortement diminué et dont la candidature à un cinquième mandat a tout de même été annoncée. La pression de la rue le pousse finalement à la démission, le 2 avril suivant, mais les manifestations ne cessent pas pour autant. Elles exigent un changement politique radical. Ainsi des millions d’Algérien·nes se mobilisent durant une année, pacifiquement, pour réclamer la fin du régime autoritaire et l’édification d’un État de droit démocratique et social. La pandémie de Covid-19 oblige cependant les protestataires à suspendre leur mouvement à partir de mars 2020. S’agit-il en l’occurrence d’un point final pour le Hirak ?La littérature consacrée aux mouvements de ce genre en sciences sociales est vaste. Dans le cas algérien, les travaux se sont concentrés sur le déclenchement du Hirak et la restitution de sa dynamique. Le désengagement des protagonistes est généralement présenté comme une troisième et dernière séquence. Toutefois, cet article propose une autre interprétation. En effet, la suspension d’un mouvement social signifie-t-elle obligatoirement sa fin ? C’est ce point aveugle dans l’analyse du Hirak que je m’efforce de mettre en évidence dans le contexte de la pandémie à Béjaïa.La mobilisation y prend en effet la forme d’un confinement citoyen. La création des comités locaux contre la pandémie et le travail d’entraide des individus, menés sous le registre de la mobilisation pacifique, marquent une nouvelle phase d’engagement. Elle prolonge celui-ci, tout en entretenant le capital militant des acteurs qui continuent à exister politiquement. Comment les modes d’action initiés lors du Hirak évoluent-ils alors à l’aune de la pandémie ? La réponse à cette question débute par une présentation des mutations du contexte politique algérien depuis 2019, comme des conditions de production des données de notre enquête. Une fois cet environnement précisé, j’expose l’efficience des notions de « capital militant » et de « suspension de mouvement » pour comprendre la poursuite de la mobilisation sous d’autres formes. Ces éléments de continuité et de transformation de l’engagement ont été observés et sont analysés à l’échelle de deux comités de lutte contre la pandémie à Béjaïa.Le premier comité est composé essentiellement d’étudiant·es dont les liens ont souvent précédé leur entrée à l’université. Il se définit comme autonome et produit un travail militant aux marges des organisations classiques et en opposition aux autorités locales. Son but est de sensibiliser les citoyen·nes aux mesures de prévention et de lutte contre la Covid-19. Le second comité est formé de membres du secteur privé, de cadres de partis politiques, de syndicalistes, voire de notables de la ville (dont plusieurs entrepreneurs et investisseurs). Ils collaborent avec les instances officielles de lutte contre la pandémie, tout en maintenant une position critique. Ainsi, malgré leurs différences fondamentales, ces deux comités se rejoignent en partie sur des objectifs sanitaires et politiques. Ils organisent des campagnes et des séances d’information, des distributions de matériel de protection, en apportant la preuve que de telles actions collectives sont de nature à surmonter les dissensions individuelles ou les obstacles institutionnels. Malgré leur approche différente, ils œuvrent pour la même cause. Je soutiens ainsi l’hypothèse que la suspension du Hirak pendant la pandémie n’empêche pas sa poursuite sous d’autres formes. Par leur présence active sur le terrain, les membres des deux comités locaux ont adapté leurs répertoires d’actions. Les mots d’ordre en faveur de manifestations pacifiques (silmiyya) ont seulement laissé place à une priorité sanitaire (sihiyya), via les opérations de sensibilisation et de solidarité menées par les militants des deux comités
Restitution · Social mobilization · African Studies and Geopolitics · Multiculturalism, Politics, Migration, Gender · North African History and Literature
Le travail militant
Political Islam in Tunisia
Le hirak sur la place Saïd Mekbel à Bejaïa (Algérie). Ethnographie des gaâdates (rencontres) politiques
The Hirak movement
Du couscous et des meetings contre l’émigration clandestine ». Mobiliser sans protester au Sénégal
La formule « ʿiṣāba » dans le Hirak algérien
When unemployment meets environment. The case of the anti-fracking coalition in Ouargla
Le temps long du hirak
Les causalités de limprobable et du probable
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De la démobilisation au réinvestissement « local ». Mouvements sociaux locaux et territoires au Chili
Le Hirak algérien ou l'émergence d'une rhétorique de rupture
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Le capital militant. Essai de définition
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