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Grec γῆ εὐρώεσσα, russe syra zemlja , vieil islandais saurr , «la terre humide»

Bibliographic Data

ID22300694
AuthorsClaire Le Feuvre (0000-0001-9722-7372, corresponding author)
Year2007
Volume102
Issue1
Pages101-129
Publication date2007-12-31
Open AccessNo
TypeARTICLE
VenueBulletin de la Société de Linguistique de Paris (JOURNAL)
Journal identifiersISSN: 0037-9069 • E-ISSN: 0037-9069
PublisherPeeters Publishers (PUBLISHER • BE)
DOI10.2143/bsl.102.1.2028200
OpenAlexW2313693349
LanguageEN
Citations received1

L'adjectif grec eυπωeiς « humide, moisi », qui s'applique dans l'epopee aux Enfers, n'est pas, comme on l'admet generalement, un derive de eυρως « moisissure ». Au contraire, eυρως est un derive inverse de eυρωeiς, lequel resulte d'un allongement metrique de *eυρoeiς. Il s'agit d'un derive d'un neutre *(h)eυρoν « humidite, moisissure », issu de la thematisation d'un ancien neutre acrostatique en *-uer- / -uen- sur la racine *seh 2 - « souiller », atteste directement par le hittite sēhur « secretion corporelle impure, urine », avec effet de la lex Eichner: le grec repose sur *sēh 2 ur-o- (cf. νeυρoν « tendon, nerf» *suh 2 r-o-. Le germanique et le slave attestent egalement un ancien substantif *saura- < *seh 2 uro-« humidite » (v.isl. saurr, sl. surovu « cru, cruel »), qui correspond a la forme du grec a ceci pres qu'elle repose sur la thematisation du theme faible *seh 2 ur-o- (avec extension analogique de -r- a tout le paradigme) alors que le grec continue le theme fort *sēh 2 ur-o-. Ces termes germaniques et balto-slaves, jusqu 'ici sans etymologie satisfaisante, sortent ainsi de leur isolement. Cette etymologie est confortee par une isoglosse phraseologique: tous ces termes entrent dans un vieux syntagme « la terre humide » (v.isl. saurr, sl. syra zemlja, gr. γη eυρωeσσα chez Archiloque) qui est vraisemblablement herite de l'indo-europeen. Le sens ancien est conserve dans la formule epique russe syra zemlja « la terre humide », tandis que le grec presente pour sa part une evolution semantique specifique en reservant la formule a la terre en tant que lieu ou l'on enterre les morts, d'ou par extension au monde des morts dans l'usage epique. Cette correspondance formelle et phraseologique confirme qu'il faut renoncer a l'equation proposee par certains entre le slave syra zemlja et l'avestique areduuī sura anahita « l'humide, la puissante, l'immaculee », titulature complete d'Anāhitā, deesse des eaux, equation qui repose de toute facon sur une fausse etymologie (l'avestique sŪra- «puissant» n'est pas apparente au slave syrŪ « humide », mais correspond au sanskrit śŪra- « fort », grec κυρioς « puissant » < *kuh 2 ro-)

Art · Humanities · Ancient and Medieval Archaeology Studies · Linguistics and Cultural Studies · Linguistics and language evolution · Philosophy

  • Eichner’s law in Latin, Greek and beyond

    Vincent Martzloff, Barbora Machajdíková•Journal of Latin Linguistics•2023

Citations per year0.33
Citation span2023 - 2023 (1)
Highly citedNo

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