Nouvelles perspectives dans l'histoire de la formation professionnelle initiale et continue
Bibliographic Data
| ID | 2966404 |
|---|---|
| Authors | Guy Brucy (corresponding author), Guy Brucy Guy Brucy |
| Year | 2010 |
| Volume | 232 |
| Issue | 1 |
| Pages | 3-7 |
| Publication date | 2010-01-01 |
| Peer Reviewed | Yes |
| Open Access | No |
| Type | ARTICLE |
| Venue | Le Mouvement social (JOURNAL) |
| Journal identifiers | ISSN: 0027-2671 • E-ISSN: 1961-8646 |
| Publisher | Project MUSE (PUBLISHER • US) |
| DOI | 10.1353/lms.2010.0002 |
| OpenAlex | W2107277751 |
| Language | FR |
| Citations received | 1 |
| References cited | 6 |
Nouvelles perspectives dans l'histoire de la formation professionnelle initiale et continue Guy Brucy Les deux articles présentés ici s'inscrivent dans un ensemble de travaux qui, en abordant de nouvelles thématiques et en s'appuyant sur de nouvelles sources, contribuent à l'approfondissement de l'histoire de l'enseignement technique et professionnel ainsi qu'à celle de la formation continue des adultes. Le dispositif de compromis de la formation professionnelle La taxe d'apprentissage est une composante majeure du dispositif de formation professionnelle progressivement élaboré en France au début du XXe siècle. Sa problématique s'inscrit dans celle des rapports entre État et employeurs, pouvoir central et pouvoirs locaux. De quoi s'agit-il exactement ? La loi Astier du 25 juillet 1919 organise les cours professionnels, mais ne dit rien de leur financement. C'est la loi de finances du 13 juillet 1925 qui institue une taxe dont le produit est affecté au développement des établissements d'enseignement technique, des cours professionnels et des laboratoires scientifiques. Versée par les employeurs, cette taxe peut faire l'objet d'exonérations partielles ou totales pour ceux des assujettis qui engagent des frais pour la formation professionnelle de leurs apprentis ou qui subventionnent des écoles et des organismes de formation. Touchant aux ressources financières indispensables à la survie des écoles et des cours professionnels, elle allait susciter de vives oppositions. Conformément au « large esprit de décentralisation » 1 qui avait présidé à l'organisation des Comités départementaux de l'enseignement technique (CDET), c'est à ces derniers qu'est dévolu le pouvoir d'examiner la validité des demandes d'exonération et d'en fixer le montant. Dès lors cette activité allait occuper une bonne part de leurs travaux et en faire les lieux d'affrontement direct entre adversaires et défenseurs de la taxe. L'idée d'une participation financière des employeurs aux dépenses de formation est ancienne. Elle émane d'hommes politiques mais aussi des secteurs du monde patronal – industries mécaniques et électriques, travaux publics, chimie, assurances, commerce international – demandeurs d'une main-d'œuvre qualifiée maîtrisant un minimum de savoirs théoriques. Convaincus qu'un système de formation efficace [End Page 3] doit « s'adapter d'une façon adéquate à chaque industrie » 2, ces employeurs plaident pour un dispositif animé par « des hommes de métier [...] connaissant parfaitement les besoins et les ressources de la région » 3. Si le rôle de la puissance publique doit, selon eux, se limiter à subventionner les organismes de formation, et à en coordonner les actions, l'organisation des cours et la définition de leurs contenus doivent rester au pouvoir des chambres de commerce 4 et des organisations patronales. Étaient ainsi posés les fondements d'un possible compromis entre l'État et les fractions les plus entreprenantes du patronat pour élaborer un dispositif dans lequel la formation de l'élite des salariés serait assurée en écoles, publiques ou privées, nationales ou municipales; tandis que celle de la masse des ouvriers et des employés s'effectuerait par les cours professionnels 5. En étudiant la situation lyonnaise, Marianne Thivend montre comment a pu se construire ce compromis arbitré par le pouvoir municipal. Ce dernier a réussi, au cours des années 1930, à impliquer l'État dans le développement du dispositif lyonnais d'enseignement technique et de formation professionnelle par deux voies : les subventions allouées aux institutions privées; la nationalisation des établissements patronaux et municipaux dont l'école de La Martinière constitue l'exemple emblématique. Politique astucieuse qui permit ainsi de jouer sur plusieurs tableaux : la contribution de l'État profitait à la formation de l'élite réclamée par les entreprises de la construction mécanique et électrique; tandis que la ville finançait les cours professionnels destinés à la masse des ouvriers. M. Thivend souligne à juste titre les influences déterminantes de la Chambre de commerce qui accomplit un véritable « travail de persuasion » en faveur des exonérations, de personnalités politiques comme Édouard Herriot et de fonctionnaires de l'enseignement technique qui
Art · Humanities · Political science · Education, sociology, and vocational training · Historical Education and Society · Historical Education Studies Worldwide
| Unique citing works | 1 |
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| Citations per year | 0,07 |
| Citation span | 2011 - 2011 (1) |
| Citation velocity | historical |
| Highly cited | No |