La philosophie dans les sciences
Bibliographic Data
| ID | 4145692 |
|---|---|
| Authors | Dominique Lecourt (corresponding author) |
| Year | 2005 |
| Volume | 126 |
| Issue | 2 |
| Pages | 451-454 |
| Publication date | 2005-06-27 |
| Peer Reviewed | Yes |
| Open Access | Yes |
| Type | ARTICLE |
| Venue | Revue de Synthèse (JOURNAL) |
| Journal identifiers | ISSN: 0035-1776 • E-ISSN: 1955-2343 |
| Publisher | Walter de Gruyter GmbH (PUBLISHER • DE) |
| DOI | 10.1007/bf02965684 |
| OpenAlex | W1526179315 |
| Language | FR |
La science suscite dans nos sociétés des sentiments dont l'ambivalence n'a cessé de s'accentuer depuis un demi-siècle.Nul aujourd'hui ne défend plus guère l'idée qu'elle pourrait par elle-même résoudre tous les problèmes qui se posent à l'humanité.On en a fini avec la véritable idolâtrie qui avait conduit quelques grands esprits du XIX e siècle finissant à annoncer qu'elle était appelée à se substituer à la religion pour le plus grand bien de l'humanité.Il n'empêche que le projet d'une « conception scientifique du monde » reste très vivant.L'idée en particulier qu'il existe une cohérence de l'ensemble de tous les savoirs scientifiques, qui permettrait à terme de parvenir à une maîtrise rationnelle des relations humaines, garde un grand pouvoir de conviction.Les progrès des sciences biologiques depuis cinquante ans, le jaillissement puis l'expansion des biotechnologies, les succès des nouvelles techniques d'information et de communication suscitent l'admiration de nos contemporains.Mais, dans le même temps, le dénigrement des sciences, qui avait déjà connu un moment fort au début du XX e siècle lorsque Oswald Spengler, écrivant Le Déclin de l'Occident, dénonçait la folie de « l'homme faustien », connaît un regain spectaculaire : c'est de peur panique qu'il faut parler face aux progrès mêmes qu'on célèbre par ailleurs comme des prouesses.La menace nucléaire continue de faire l'objet de discours alarmistes.OGM et clonage aidant, le généticien n'est pas loin de prendre figure de malin génie acharné à fausser toutes les valeurs vitales et à falsifier tous les repères éthiques.La médecine même, naguère régulièrement invoquée lorsqu'il s'agissait de défendre la valeur « progressiste » de la science, devient suspecte.Les industries pharmaceutiques sont réputées la précipiter sur la pente d'une déshumanisation qui fait l'objet d'une déploration rituelle.De l'allongement de la vie humaine -le rêve de Francis Bacon et de René Descartes -on en vient à souligner plus volontiers aujourd'hui les incidences économiques et démographiques néfastes que le surcroît de bonheur qu'il apporterait à qui saurait en bénéficier.Force est de constater cependant que ce vaste débat social autour de la science ne trouve guère d'écho dans l'enseignement scientifique.Les étudiants peuvent ainsi avoir le sentiment d'un profond hiatus entre la science qu'ils apprennent et la société où ils seront appelés à mettre en oeuvre les compétences qu'ils auront acquises au terme d'études extrêmement lourdes.En tout cas, l'enseignement des sciences, tel qu'il est aujourd'hui conçu, ne leur apporte pas les instruments intellectuels nécessaires pour répondre aux questions qui ne manqueront pas de leur être posées
Humanities · Classical Philosophy and Thought · Historical and Literary Studies · Philosophy · Philosophy, Science, and History
| Citation velocity | historical |
|---|---|
| Highly cited | No |