Genre, Islam et pluralisme juridique au Soudan français (1900-1925)
Bibliographic Data
| ID | 4951434 |
|---|---|
| Authors | Marie Rodet (0000-0002-1129-3203, corresponding author) |
| Year | 2011 |
| Volume | 98 |
| Issue | 370 |
| Pages | 173-183 |
| Publication date | 2011-01-01 |
| Open Access | No |
| Type | ARTICLE |
| Venue | Outre-mers (JOURNAL) |
| Journal identifiers | ISSN: 1631-0438 • E-ISSN: 2275-4954 |
| Publisher | PERSEE Program (PUBLISHER) |
| DOI | 10.3406/outre.2011.4544 |
| OpenAlex | W2035672005 |
| Language | FR |
| Citations received | 2 |
Marie RODET : Femmes et Droit colonial au Soudan Français (1900- 1945). La loi fut un instrument essentiel du pouvoir colonial en Afrique. Le Droit colonial fut ainsi toujours au centre de l'organisation coloniale française : il déterminait dans chaque colonie le système administratif et judiciaire ; il précisait le régime des personnes et la place des institutions et des coutumes locales. Cette architecture juridique devait à la fois maintenir la domination coloniale sur les « sujets », respecter les coutumes locales et permettre l'émancipation de l'individu selon l'idéal universaliste révolutionnaire. C'est dans ce cadre que s'inscrit le débat juridique sur la question de la condition féminine en Afrique occidentale française. Cette question fut dès les années 1920 vivement discutée au sein de l'administration coloniale, en particulier sous la pression de L'Eglise catholique qui militait pour la mise en place d'une législation coloniale sur le « mariage indigène ». Les décisions de l'administration coloniale à ce sujet furent en réalité marquées, jusqu'à la fin des années 1930 et la publication du Décret Mandel, par un tiraillement intrinsèque entre « mission civilisatrice » et devoir de respect des coutumes. Mais au-delà de ce tiraillement, il est intéressant de se demander dans quelle mesure l'interaction entre le pouvoir colonial local et ses administré(e)s influença la politique coloniale et la mise (ou la non mise) en place d'une législation spécifique sur la condition féminine. C'est ainsi que dans le cadre de ce projet, je souhaiterais étudier les contacts entre les femmes africaines et l'administration coloniale, à travers notamment l'examen des affaires de dots, divorces, abandons de domicile conjugal et adultères traités par les tribunaux indigènes ainsi que les affaires présentées directement à l'administration coloniale sous forme de réclamations, entre 1900 et 1945. Ces affaires sont, d'une part, une source importante d'informations sur les conflits hommes/femmes et les rapports de genre au Soudan Français à l'époque coloniale. Elles montrent, d'autre part, que les femmes n'hésitèrent pas à s'adresser directement à l'administration coloniale pour contester le pouvoir patriarcal traditionnel et qu'elles forcèrent ainsi l'administration coloniale à prendre position sur ces questions. L'étude de ces affaires permet donc d'analyser les rapports entre femmes africaines, coutume et législation coloniale. Pour mener à bien ce projet, j'envisage de consulter les archives concernant la justice dans le fonds ministériel du Centre des Archives d'Outre-Mer, ainsi que les séries M (justice) détenus aux Archives Nationales du Sénégal et du Mali. Je souhaite certes mettre l'accent sur « les femmes », mais il ne s'agit en aucun cas d'analyser « les femmes » comme un groupe constitué et précisément défini. Il est en effet important de prendre en compte les différentes variables qui ont pu affecter leurs contacts avec l'administration (âge, lieu de résidence, statut social etc.). Mon ambition n'est donc pas de dissocier les femmes de l'histoire globale. Une analyse précise des archives judiciaires montre en réalité que les hommes comme les femmes s'adressèrent à l'administration coloniale et développèrent différentes stratégies pour faire valoir leurs droits. En analysant les interactions développées entre administration coloniale/femmes/hommes, ce projet a pour ambition de réintégrer les femmes dans l'histoire coloniale et de mieux comprendre ainsi comment elles participèrent du fait colonial
Art · Colonialism · Ethnology · Humanities · Political science · African history and culture studies · History · Law · Multiculturalism, Politics, Migration, Gender · North African History and Literature
| Citations per year | 0.18 |
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| Citation span | 2015 - 2015 (1) |
| Highly cited | No |