Du motif à la fonction, et vice versa
Bibliographic Data
| ID | 5101185 |
|---|---|
| Authors | Cesare Segre, Amarie Petitjean (0000-0001-5202-2517, CY Cergy Paris Université, corresponding author) |
| Year | 1988 |
| Volume | 47 |
| Issue | 1 |
| Pages | 9-22 |
| Publication date | 1988-01-01 |
| Open Access | No |
| Type | ARTICLE |
| Venue | Communications (JOURNAL) |
| Journal identifiers | ISSN: 0588-8018 • E-ISSN: 2102-5924 |
| Publisher | PERSEE Program (PUBLISHER) |
| DOI | 10.3406/comm.1988.1703 |
| OpenAlex | W2046392588 |
| Language | FR |
En 1974, trois ans après la parution de Vendredi ou la vie sauvage, réécriture par Michel Tournier de son roman pour adultes, Vendredi ou les Limbes du Pacifique, Anne Hébert fait entendre sur les ondes de France Culture une pièce radiophonique qui, elle aussi, est une robinsonnade prise dans une chaîne de réécritures : L'île de la Demoiselle, reprenant une anecdote du XVIème siècle, rapportée entre autres par Marguerite de Navarre (Lestringant, 2005 ;Vaillancourt, 2008 ;Petitjean, 2016).Les projets auctoriaux ont des similitudes, en particulier parce que les deux auteurs remontent d'un souvenir de lecture fondateur au fait divers d'origine relatant un abandon sur une île.Les deux oeuvres n'auront cependant pas la même portée lectorale.Si Vendredi fait rapidement de Michel Tournier un incontournable de la scène éditoriale française, L'île de la demoiselle semble anecdotique dans la production d'Anne Hébert, figure également incontournable de la francophonie et à présent l'auteure québécoise la plus étudiée dans le monde.Cette pièce est moins connue que ses oeuvres poétiques et romanesques qui, dès cette époque, lui ont déjà valu plusieurs prix littéraires au Canada et qui lui vaudront la reconnaissance parisienne qu'on lui connaît à partir de 1982, avec l'obtention du prix Fémina pour Les Fous de Bassan.Robinsonnade du Grand Nord et au féminin, contre robinsonnade tropicale et au masculin : le renversement est manifeste et invite à une réception en parallèle qui n'a jamais été faite par la critique, mais qui nous renseigne sur les trajets différents d'oeuvres saisies dans une chaîne de réécritures dont certaines ont leur place en littérature de jeunesse.Dans quelle mesure peut-on parler de renversement de la robinsonnade avec L'île de la Demoiselle ?La pièce d'Anne Hébert traite t-elle de la même manière que le roman de Michel Tournier les motifs du genre ?Comment revisitent-ils chacun leurs sources et quelle place leur reconnaître dans l'enchaînement des réécritures qui leur succèdent, en particulier dans le secteur jeunesse ?Pour l'envisager, nous commencerons par une comparaison des motifs propres à la robinsonnade, puis des figures de renversement qui caractérisent une lecture en parallèle des deux oeuvres, avant d'examiner la place du jeune lecteur dans les réécritures de l'histoire de Marguerite, qu'Anne Hébert, contrairement à Michel Tournier, réserve à d'autres auteurs. 1) Les motifs1 de la robinsonnadeL'histoire de Marguerite de Nontron, abandonnée avec sa gouvernante et son amant, en 1540, sur une île au large de La Nouvelle-France, par le commandant La Roque de Roberval, son tuteur jaloux, n'est pas une réécriture de Robinson Crusoé, mais se fait reconnaître comme une robinsonnade par la présence de certains motifs que l'on retrouve également dans les deux versions du Vendredi de Michel Tournier
| Highly cited | No |
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