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Post-colonialisme et modernité chez Louis Hémon

Nicole Deschamps et le mythe de Maria Chapdelaine

Bibliographic Data

ID8925908
AuthorsGilles Lapointe (corresponding author)
Year2019
Volume55
Issue2
Pages159-174
Publication date2019-07-08
Open AccessNo
TypeARTICLE
VenueÉtudes françaises (JOURNAL)
Journal identifiersISSN: 0014-2085 • E-ISSN: 1492-1405
PublisherConsortium Erudit (PUBLISHER • CA)
DOI10.7202/1061911ar
OpenAlexW2965707127
LanguageFR

Les recherches de Nicole Deschamps sur Louis Hémon ont largement contribué, dès la fin les années 1960, au regain d’intérêt de la critique pour l’écrivain et son oeuvre. Depuis la publication dans Études françaises , en février 1967, de la lettre que Louis Hémon adressa à son père, en passant par Le mythe de Maria Chapdelaine , essai cosigné avec Raymonde Héroux et Normand Villeneuve paru en 1980 aux Presses de l’Université de Montréal, et la publication, cette même année, chez Boréal Express, des Lettres à sa famille de Louis Hémon, les recherches de Nicole Deschamps n’ont en effet cessé d’éclairer de l’intérieur le destin de celui qu’elle désigne comme « le fils rebelle ». Dans le contexte de la relecture du « portrait du colonisé québécois » dont le roman Maria Chapdelaine devint un enjeu dans les années 1970, Nicole Deschamps a engagé un important travail d’analyse de l’oeuvre de Hémon. Abordant les phénomènes d’aliénation culturelle, de mimétisme, de dépossession et de précarité culturelle, l’auteure décrit le roman de Hémon comme un texte « terrorisé par le discours du pouvoir ». Les travaux de Nicole Deschamps et ceux du groupe de jeunes chercheurs qu’elle réunit au cours de la décennie suivante trouvent à s’inscrire à l’intérieur de l’ouverture pluridisciplinaire plus large des postcolonial studies qui émergent à la fin des années 1970 et qui trouvent leur fondement dans l’anthropologie culturelle et les sciences sociales. Remettant en question l’usage qui a été fait du récit de Louis Hémon, la chercheuse, dont la réflexion s’inspire des Mythologies de Barthes, des travaux de Frantz Fanon et d’Albert Memmi ainsi que de la revue Parti pris , met en évidence le colonialisme culturel qui marque l’histoire de l’interprétation et de la diffusion de Maria Chapdelaine . La découverte d’un important fonds Louis Hémon à Quimper et le relevé précis que Nicole Deschamps établira des différentes fortunes littéraires du roman à l’étranger l’amèneront à considérer Maria Chapdelaine « comme un phénomène probablement unique d’anthropologie culturelle » et à l’aborder comme « un symptôme universel de la condition de colonisé ». Cette étude s’engage donc sur les traces du travail de la chercheuse et en interroge les avancées critiques et théoriques. Anticipant plusieurs travaux qui tenteront de définir une poétique postcoloniale, Nicole Deschamps livre, avec Le mythe de Maria Chapdelaine , la première étude d’envergure portant sur l’un des canons de la littérature québécoise, à une époque où les postcolonial studies restent un champ d’étude encore largement ignoré par la critique universitaire française et québécoise

Art · Humanities · Canadian Identity and History · Diverse Cultural and Historical Studies · Historical Studies and Socio-cultural Analysis · Philosophy

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