Evening’s Empire
A History of the Night in Early Modern Europe , par Craig Koslofsky
Bibliographic Data
| ID | 9633195 |
|---|---|
| Authors | Luc Racaut (Newcastle University, corresponding author) |
| Year | 2013 |
| Volume | 48 |
| Issue | 3 |
| Pages | 492-494 |
| Publication date | 2013-12-01 |
| Open Access | Yes |
| Type | ARTICLE |
| Venue | Journal of History (JOURNAL) |
| Journal identifiers | ISSN: 0008-4107 • E-ISSN: 2292-8502 |
| Publisher | University of Toronto Press Inc. (UTPress) (PUBLISHER) |
| DOI | 10.3138/cjh.48.3.492 |
| OpenAlex | W2560312171 |
| Language | EN |
Evening's Empire: A History of the Night in Early Modern Europe, par Craig Koslofsky. Cambridge, UK, Cambridge University Press, 2011. xvi, 431 pp. $ 24,87 EU (broche). C'est une veritable peregrination dans l'univers nocturne de la premiere modernite que nous propose ce livre edifiant. En effet, si l'historiographie en histoire sociale est riche pour la periode moderne, peu de livre propose une histoire transversale se concentrant sur un seul phenomene comme ici la nuit. C'est peut etre une evidence, mais il est frappant de constater combien l'invention de l'eclairage public vers les annees 1660 a pu influer le cours de la societe occidentale. Si la periode qui precede cette revolution joue du chiaroscurro des pieces a demi eclairees par la chandelle, elle reste neanmoins marquee par les tenebres et les terreurs qui en decoulent. Ainsi Les Lumieres, avant d'etre un phenomene intellectuel, est d'abord prosaiquement un eclairage du monde social qui se > (pour reprendre un neologisme de l'auteur) progressivement a partir de la fin du dix-septieme siecle. La transformation de la nuit et des rythmes de sommeil de plusieurs couches socioculturelles est admirablement exposee dans cet ouvrage a commencer par l'aristocratie qui fait de l'eclairage artificiel un outil politique, notamment a la cour du > La cour de Louis XIV joue en effet des tenebres et de la lumiere comme au theatre, afin de glorifier un roi pour qui les tenebres n'existent qu'afin d'etre dissipees, un enonce politique dont les chandeliers du chateau de Versailles temoignent encore. L'auteur reprend de faqon critique les theses de Norbert Elias et de Jurgen Habermas pour montrer surtout qu'il n'y a pas de teleologie de la modernite. Si la sociabilite polie devient un des traits distinctifs de la societe occidentale c'est avant tout parce que les rues des grandes villes deviennent plus sures a mesure qu'elles se herissent de lampadaires, permettant a toute une classe sociale de sortir et de frequenter les cafes sans risques. Craig Koslofsky recourt a une analogie forte : celle de la > de la nuit. Celle-ci implique la violence faite a la sociabilite des campagnes qui resistent au nouveau formalisme des villes et subsistent dans l'ombre. Ainsi s'ajoute aux inegalites entre les villes et les campagnes, celle de la lumiere artificielle et de la nuit noire, des Lumieres et de la superstition liee a la peur de l'obscurite. Les pages les plus eloquentes du livre demontrent comment des croyances (sorcellerie, fantomes ou magie) reculent progressivement a mesure que l'Europe s'ouvre a l'eclairage public
Ancient history · Art · Astronomy · Economic history · Empire · Evening · Physics · History · Night-time city culture
| Highly cited | No |
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